Selon une étude israélienne, le lait des mères vaccinées protégerait les bébés
Rechercher

Selon une étude israélienne, le lait des mères vaccinées protégerait les bébés

6 semaines après la 1e injection, les mères produisent du lait contenant des anticorps, ce qui protégerait les bébés du virus pendant l'allaitement, sans effet indésirable constaté

Un père portant un masque facial pour se protéger contre le coronavirus, amène sa fille nouvelle-née à sa mère pour qu’elle l'allaite, à Liège, en Belgique, le vendredi 26 juin 2020. (AP Photo / Francisco Seco)
Un père portant un masque facial pour se protéger contre le coronavirus, amène sa fille nouvelle-née à sa mère pour qu’elle l'allaite, à Liège, en Belgique, le vendredi 26 juin 2020. (AP Photo / Francisco Seco)

Les bébés de mères allaitantes récemment vaccinées produisent du lait contenant des anticorps pendant au moins six semaines, selon une nouvelle recherche israélienne.

Les médecins de l’hôpital Shamir près de Tel Aviv ont prélevé des échantillons de lait de 84 mères avant leur vaccination contre la COVID-19. Puis, deux semaines après leur première injection, ils ont commencé à prélever un échantillon hebdomadaire pendant six semaines et ont trouvé des anticorps qui n’y étaient pas auparavant.

« L’étude est très encourageante, car elle montre que le lait produit contient beaucoup d’anticorps, présents pendant plusieurs semaines », a déclaré le Dr Siva Perl, la chercheur en charge de l’étude, au Times of Israël.

Des études antérieures ont déjà démontré la présence d’anticorps dans le lait maternel, mais celle-ci, récemment évaluée par des pairs et publiée dans JAMA: The Journal of the American Medical Association, attire l’attention car elle prouve la présence de ces anticorps sur une longue période.

L’immunisation de la mère à l’enfant ne dure que le temps de l’allaitement, et s’estompe dès qu’il s’arrête.

L’étude s’est arrêtée au bout de six semaines, mais Perl a déclaré qu’elle pensait que les anticorps pourraient être produits bien au-delà de cette période. Elle-même allaite encore son enfant, qui a presque trois ans, dans l’espoir de le protéger.

Une femme enceinte reçoit un vaccin COVID-19 dans un centre Clalit à Or Yehuda, le 25 février 2021. L’infirmière portait une perruque colorée à l’occasion de la fête de Pourim. (Crédit : Flash90)

La recherche de Perl est remarquable, tant pour le nombre de sujets qu’elle prend en compte que pour la longévité des anticorps observés. Elle porte sur un nombre de femmes huit fois supérieur à celui d’une étude israélienne antérieure qui a démontré la présence d’anticorps, et près de cinq fois supérieur à celui d’une étude, financée par la Fondation Bill et Melinda Gates à l’hôpital de l’Université de Rochester, et pour laquelle cinq fois moins d’échantillons ont été prélevés, mais qui avait obtenu des résultats tout aussi optimistes.

Selon Perl, son étude est source d’optimisme, notamment à l’aune d’une étude différente sur le lait maternel par des chercheurs américains. Bien que l’on n’ait pas la certitude que le lait maternel contenant des anticorps anti-COVID confère une immunité aux bébés, une étude récente évaluée par des pairs aux États-Unis a révélé que le lait contenant des anticorps pouvait neutraliser le coronavirus dans des tubes à essai.

Les chercheurs américains ont rapporté, après avoir recueilli 18 échantillons de mères qui s’étaient rétablies du virus, que « 62 % des échantillons de lait étaient capables de neutraliser l’infectiosité du SRAS-CoV-2 in vitro, alors que les échantillons de lait prélevés avant la pandémie de COVID-19 n’en sont pas capables. »

Dr. Sivan Perl, de l’hôpital Shamir. (Autorisation : Dr Sivan Perl)

Perl a commenté : « Nous avons démontré qu’il y a beaucoup d’anticorps qui restent dans le lait maternel, et ils ont démontré que le lait maternel avec anticorps neutralisait le virus in vitro, ce qui pourrait bien suggérer que le lait maternel donne une immunité aux bébés. »

Pour son étude, en collaboration avec l’Université Ben Gurion du Néguev, des échantillons de lait ont été prélevés avant l’administration du vaccin, puis une fois par semaine pendant six semaines, à partir de la deuxième semaine après la première dose.

« Nous avons trouvé des niveaux élevés d’anticorps dans le lait maternel, l’immunoglobuline G et l’immunoglobuline A, qui ont des mécanismes de protection différents », a-t-elle rapporté.

L’étude a montré qu’ils étaient présents en quantité significative tout au long des six semaines de l’étude.

Perl a expliqué qu’elle avait en fait commencé à étudier les mères vaccinées avec un objectif de recherche beaucoup moins ambitieux : déterminer si les vaccins contre le coronavirus administrés en Israël, provenant de Pfizer, avaient des effets néfastes sur les mères allaitantes comme elle.

« J’ai commencé l’étude parce que j’allaitais moi-même et qu’il y avait au départ une telle peur des vaccins de la part des personnes qui allaitaient que je voulais offrir une analyse scientifique », a-t-elle déclaré. « En un sens, l’enseignement le plus important de cette étude est que parmi les 84 bébés allaités par des mères vaccinées, aucun effet indésirable n’a été constaté. C’est important compte tenu du fait qu’il y avait beaucoup de peur et de suspicion de la part des mères qui allaitent. »

Une recherche israélienne distincte publiée le mois dernier a suggéré que les bébés nés de mères déjà vaccinées pourraient être immunisés. Une équipe de l’hôpital Hadassah de Jérusalem a prélevé le sang des cordons ombilicaux de 40 nouveau-nés, qui est identique au sang du bébé, et a constaté que tous contenaient une forte quantité d’anticorps – tout comme leurs mères qui avaient été vaccinées avec les injections Pfizer-BioNTech.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...