Seuls 10 des 13 députés de la Liste arabe unie appuient Gantz, Balad y renonçant
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Seuls 10 des 13 députés de la Liste arabe unie appuient Gantz, Balad y renonçant

Le président Rivlin a accepté la clarification faite par les partis à majorité arabe, Netanyahu devrait être premier à être désigné pour rassembler une coalition

Les leaders de la Liste arabe unie Ayman Odeh, deuxième à gauche,  Ahmad Tibi, deuxième à droite, Mtanes Shehadeh, à gauche et  Mansour Abbas se rencontrent à la Knesset avant leur rencontre avec Reuven Rivlin, le 22 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les leaders de la Liste arabe unie Ayman Odeh, deuxième à gauche, Ahmad Tibi, deuxième à droite, Mtanes Shehadeh, à gauche et Mansour Abbas se rencontrent à la Knesset avant leur rencontre avec Reuven Rivlin, le 22 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les partis issus de l’alliance à majorité arabe, la Liste arabe unie, ont fait savoir lundi au président Reuven Rivlin que la recommandation de Benny Gantz au poste de Premier ministre n’émanait que de trois de ses quatre factions et de 10 parlementaires sur 13.

Le président a indiqué avoir accepté cette clarification, qui laisse apparemment au Premier ministre Benjamin Netanyahu une courte avance sur Gantz dans la course à la première personnalité qui sera chargée de constituer une coalition à la suite du scrutin de mardi.

S’écartant de manière spectaculaire de sa politique de longue date, la Liste arabe unie a soutenu Benny Gantz au poste de Premier ministre lors d’un entretien avec Rivlin dimanche, clamant que cette initiative était nécessaire pour faire partir Netanyahu. Elle a toutefois exclu de rejoindre une coalition.

C’est la première fois que les partis arabes – séparément ou ensemble – recommandent un candidat sioniste depuis 1992, année où ils avaient soutenu le dirigeant travailliste Yitzhak Rabin qui avait fait campagne autour de la paix avec les Palestiniens.

Mais contrairement aux formations Hadash, Taal et Raam, le parti nationaliste Balad, quatrième de la Liste arabe unie, avait fait savoir dès le départ qu’il s’opposerait à une recommandation de Gantz, ancien chef d’état-major qui commandait l’armée lors de la guerre de Gaza, en 2014. Les représentants de Balad ne se sont pas rendus à la réunion avec Rivlin.

« Je voudrais annoncer que les trois membres de la Knesset appartenant au parti Balad m’ont demandé, en tant que président de faction, de déclarer que la recommandation faite par la Liste arabe unie du député Benny Gantz ne les inclut pas et émane donc de dix députés et non de 13 », a écrit Ahmad Tibi, de la formation Taal, dans un courrier qui aurait été envoyé dimanche à Rivlin et publié lundi matin.

Le président de Balad, Mtanes Shihadeh, a indiqué à la chaîne publique Kan, lundi, que le parti avait dit il y a des mois qu’il ne soutiendrait ni Gantz ni Kakhol lavan.

« Nous sommes quatre partis partenaires, pas un seul », a-t-il ajouté en évoquant la Liste arabe unie. « Personne ne peut forcer l’autre à adopter un comportement ou à dire certaines choses, en particulier dans des affaires d’idéologie ou de principe. C’est une liberté sans laquelle nous ne pouvons fondamentalement pas vivre. Bien sûr, si Gantz présente un gouvernement, et que la Liste arabe unie décide de le soutenir, ce ne sera pas le cas de Balad ».

Le président Reuven Rivlin rencontre les membres de la Liste arabe unie Ayman Odeh, 3ème à droite, Ahmad Tibi, 2ème à gauche, et Mansour Abbas, à droite, pendant les consultations portant sur la personnalité qui sera chargée de former le futur gouvernement à la résidence du président de Jérusalem, le 22 septembre 2019 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Dans un communiqué publié dimanche, Balad a fait savoir qu’il rejetait « le général Benny Gantz » en raison de son « idéologie sioniste, de ses positionnements de droite qui ne sont pas si différents de ceux du Likud et de son histoire militaire sanglante et agressive ».

En diminuant le nombre de ses recommandations, la Liste arabe unie réduirait le bloc soutenant Gantz à 54 sièges – soit un de moins que Netanyahu. Ce qui nuirait aux chances de l’ancien chef d’état-major d’être le premier à tenter de rassembler une coalition, en dépit du fait que Kakhol lavan s’est imposé comme la formation la plus importante du pays à l’issue des élections avec 33 sièges, soit deux de plus que le Likud de Netanyahu.

Selon des informations qui n’ont pas été confirmées, ni Gantz ni Netanyahu ne se réjouissent à la perspective d’être la première personnalité chargée de mettre en place une coalition, les deux responsables politiques préférant succéder à celui qui échouera à rassembler une majorité.

« Il serait préférable d’être chargé de former un gouvernement quand les autres formations seront plus flexibles que maintenant, où chacun campe sur ses positions », aurait expliqué une source de Kakhol lavan, dimanche soir.

En plus de Balad, le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman a également refusé de recommander un candidat dans la mesure où ni Netanyahu ni Gantz ne se sont engagés à constituer un gouvernement d’unité laïc l’un avec l’autre.

La participation arabe lors des élections de mardi a enregistré une hausse de 20 % – passant de moins de 50 % lors du dernier scrutin à environ 60 % – après que la campagne du Likud de Netanyahu a pris pour cible les électeurs arabes avec une rhétorique incendiaire, accusant les bureaux de vote arabes de fraude électorale et avertissant que Gantz formerait une coalition avec l’appui des partis arabes.

Montage/de gauche à droite : le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz,, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, et le Premier ministre et chef du Likud, Benjamin Netanyahu. (Crédit : Yonatan Sindel, Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Nous et les nôtres avons prouvé que les incitations ont un prix », a déclaré le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, après avoir rencontré Rivlin, dimanche. « Nous voulons mettre un terme à l’ère Netanyahu. Nos électeurs ont fait la moitié du chemin, et nous le terminons. Il s’agissait peut-être de la décision la plus difficile de ma vie, mais nous respectons ainsi la volonté des nôtres », a-t-il ajouté.

« Nous avons assisté à l’élection la plus dure depuis 1948 en termes d’incitations contre les citoyens arabes israéliens », a estimé Odeh en rencontrant Rivlin. « Nous nous sommes transformés en un groupe sans légitimité dans la politique israélienne. Si nous sommes poussés vers la sortie, nous prendrons alors la place qui est la nôtre. Pour nous, le plus important est de faire quitter le pouvoir à Benjamin Netanyahu ».

« Et nous recommandons ainsi Benny Gantz pour la formation du prochain gouvernement », a poursuivi Odeh.

Le président a le pouvoir de désigner l’un des 120 parlementaires élus comme futur Premier ministre potentiel de l’Etat juif. Le député choisi doit alors tenter de rassembler une coalition qui gagnera le soutien d’une majorité de membres de la Knesset.

Une fois le candidat désigné par le chef de l’État, celui-ci dispose de 28 jours pour présenter une coalition à la Knesset et remporter un vote de confiance. Le président israélien est autorisé à prolonger cette période de 14 jours.

Rivlin a promis de faire « tout ce qui est en son pouvoir » pour empêcher le pays de connaître un troisième scrutin en un an – ce qui serait sans précédent dans l’histoire d’Israël.

L’AFP a contribué à cet article.

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