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Shaked : ne pas assurer le déplacement de l’ambassade est une “formidable opportunité manquée“

La ministre de la Justice a indiqué qu'Israël n'avait pas su profiter de l'ouverture initiale de l'administration à des “pensées innovantes“ en termes de diplomatie régionale

Ayelet Shaked, ministre de la Justice, pendant la réunion de la commission de nomination judiciaire au ministère, à Jérusalem, le 22 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Ayelet Shaked, ministre de la Justice, pendant la réunion de la commission de nomination judiciaire au ministère, à Jérusalem, le 22 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a indiqué samedi qu’elle estimait que l’échec de la relocalisation de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem durant les 100 premiers jours de la présidence de Donald Trump était une opportunité manquée.

« Je pense qu’il y a ici une formidable opportunité historique qui a été manquée… C’est une grande perte », a expliqué Shaked au cours d’une interview accordée à la Deuxième chaîne israélienne pendant l’émission « Rencontre avec la presse ».

Même si Shaked a noté que ce déménagement, promis par Trump au cours de sa campagne, pouvait encore avoir lieu, elle a expliqué que le président américain avait peut-être cédé aux pressions de ne pas déplacer l’ambassade.

La ministre du parti nationaliste HaBayit HaYeduhi déplore qu’Israël ait échoué à profiter de l’ouverture à une approche différente du conflit de l’administration Trump – une attitude qui, pense-t-elle, ne prévaut plus au sein de la Maison Blanche.

Le consulat américain de Jérusalem, situé dans le quartier de Talpiot,à Jérusalem, en décembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)
Le consulat américain de Jérusalem, situé dans le quartier de Talpiot,à Jérusalem, en décembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)

« Lorsqu’il a pris ses fonctions, lui et son administration étaient ouverts à de nombreuses autres opportunités. Leur manière d’approcher le sujet n’était pas encore définie par des années passées au sein du département d’Etat, a-t-elle estimé. Soit nous n’avons pas su en profiter, ou quelqu’un les a influencés… C’est un grand échec. »

« Je pensais qu’il y avait une formidable opportunité historique ici de se montrer innovant, de sortir de cette voie d’un état palestinien tel qu’on en a discuté jusqu’à maintenant, de changer de direction, mais ce n’est pas arrivé. »

Alors qu’on lui demandait si elle était en train de critiquer le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la ministre a répondu plusieurs fois que ce n’était pas le cas.

Shaked a ensuite déclaré qu’elle pensait que ce serait une « cause perdue » pour l’administration Trump de pousser actuellement à la réalisation d’un accord de paix.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

« Je pense qu’une [telle idée] est sans espoir », a-t-elle indiqué. « C’est dommage pour eux de perdre leur temps, de venir au Moyen Orient et de tenter de trouver un accord alors que les différends entre les Palestiniens et les Israéliens sont tellement importants. »

Jeudi, Trump avait refusé de confirmer s’il annoncerait qu’il transférerait l’ambassade de Tel Aviv à Jérusalem, mais il a laissé entendre qu’il pourrait clarifier la question au cours de sa prochaine visite dans la région.

Au même moment, le représentant républicain de Floride Ron DeSantis, qui a effectué cette année un voyage pour trouver d’éventuels sites pouvant accueillir l’ambassade, a affirmé que Trump ferait part du déménagement de cette dernière lors de sa visite, fin mai, en Israël.

Interrogé par Reuters au sujet de ce déplacement, Trump est resté discret. « Réinterrogez-moi dans un mois », a-t-il répondu à l’agence de presse.

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