Shaked serait intervenue dans la libération anticipée d’Olmert
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Shaked serait intervenue dans la libération anticipée d’Olmert

La ministre de la Justice aurait outrepassé son autorité en demandant à Shai Nitzan de suspendre un appel prévu contre la libération anticipée de de l'ancien Premier ministre

Le ministre de la Justice, Ayelet Shaked, arrive à la réunion hebdomadaire du gouvernement au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 17 décembre 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)
Le ministre de la Justice, Ayelet Shaked, arrive à la réunion hebdomadaire du gouvernement au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 17 décembre 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a écrit au procureur Shai Nitzan dans un message en juin dernier qu’il ne devait pas contester la décision de réduire la peine de prison de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, selon un article publié dimanche dans les médias israéliens.

Selon la loi israélienne, le ministre de la Justice n’a pas le pouvoir d’intervenir dans les affaires ayant trait aux libérations conditionnelles anticipées.

L’accusation était opposée à la libération anticipée d’Olmert en raison de la gravité de ses délits et d’une enquête en cours pour savoir s’il avait divulgué des informations classifiées dans les mémoires qu’il écrivait à l’époque. Cependant, selon un article dans Haaretz, Nitzan a changé d’opinion après l’intervention de Shaked.

La commission des libérations conditionnelles a décidé en juin 2017 qu’Olmert devrait être libéré de prison pour bonne conduite, après avoir purgé 16 mois d’une peine de 27 mois.

Le bureau du procureur de l’État a ensuite publié une déclaration disant qu’il n’y avait aucune raison de présenter une requête au tribunal contre la décision du conseil.

En réponse à une demande de commentaire de Haaretz, le ministère de la Justice a déclaré: « Ehud Olmert a purgé sa peine. L’approche du ministre à l’égard de tout contrevenant qui a eu une bonne conduite en prison et qui ne constitue pas un danger pour le public est de réduire d’un tiers la peine.

Nitzan a refusé de confirmer ou de démentir l’article, qu’il a qualifié de « ragots ».

« L’accusation examine chaque cas individuellement à la lumière de sa situation particulière et une décision est prise sur la base de considérations pertinentes et professionnelles », a-t-il déclaré à Haaretz.

Le procureur d’Etat Shai Nitzan assiste à une réunion du Comité des affaires intérieures à la Knesset à Jérusalem, le 21 novembre 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)

Olmert a été libéré de prison en juillet 2017. Sa demande de grâce présidentielle alors qu’il était encore derrière les barreaux a été rejetée, malgré le soutien de Shaked, qui a écrit une lettre au président Reuven Rivlin citant la contribution de l’ancien Premier ministre à la sécurité d’Israël alors qu’il était Premier ministre de 2006 à 2009.

Cependant, le président a accepté d’écourter la peine de 27 mois d’Olmert pendant son incarcération et des restrictions de libération conditionnelle imposées après sa libération anticipée.

En mars, Olmert a donné une interview télévisée dans laquelle il déplorait sa « persécution folle » de la part des autorités judiciaires. Nitzan a répondu que les bureaux du procureur général et de la police étaient animés par une « éthique professionnelle de l’application de la loi et protégeaient l’intégrité de l’Etat » et qualifiait les commentaires d’Olmert de « non fondés ».

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert assiste à une fête au kibboutz Ramat Yochanan dans le nord d’Israël le 31 mars 2018 (Hadas Parush / Flash90)

Jeudi, Olmert aurait retiré sa demande à Rivlin de supprimer son casier judiciaire, affirmant qu’il se rendait compte que cela ne lui serait pas accordé. Olmert avait fait appel au président en avril avant les célébrations pour marquer les 70 ans d’indépendance d’Israël, ce qui lui aurait permis de retourner à la vie politique.

Olmert était l’un des huit anciens fonctionnaires et hommes d’affaires condamnés en mars 2014 dans l’affaire de corruption immobilière de Holyland, que les responsables ont qualifiée de l’un des plus importants cas de corruption dans l’histoire d’Israël.

Il a été condamné en 2014 à six ans de prison pour deux chefs d’accusation distincts de corruption au début des années 2000, alors qu’il était maire de la capitale. Cette peine a été réduite à 18 mois après que la Cour suprême a annulé l’une de ses condamnations en appel.

Olmert a également été condamné à huit mois supplémentaires de prison pour l’affaire dite de Talansky. Dans cette affaire, un tribunal a confirmé une condamnation en 2015 pour avoir accepté des enveloppes d’argent de l’homme d’affaires américain Morris Talansky en échange de faveurs politiques pendant son mandat de dix ans en tant que maire de Jérusalem de 1993 à 2003.

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