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Sheikh Jarrah : Heurts après l’ouverture du « bureau » d’Itamar Ben Gvir

Deux personnes ont été arrêtées ; le porte-parole du Hamas a estimé qu'Israël "joue avec le feu" ; le député d'extrême-droite s'est installé devant une maison palestinienne

Des Israéliens se battent avec des Palestiniens alors que le député d'extrême-droite Itamar Ben Gvir arrive pour ouvrir son "bureau parlementaire" dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, le 13 février 2022. (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90)
Des Israéliens se battent avec des Palestiniens alors que le député d'extrême-droite Itamar Ben Gvir arrive pour ouvrir son "bureau parlementaire" dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, le 13 février 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Israéliens et Palestiniens se sont mutuellement lancés des chaises lors de heurts survenus dans le quartier sensible de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, dimanche matin, après l’ouverture par un député d’extrême-droite d’un bureau parlementaire improvisé sur les lieux.

Itamar Ben Gvir, membre du parti Sionisme religieux de la ligne dure, avait annoncé samedi qu’il établirait un bureau – une table installée sous un auvent – à Sheikh Jarrah après un incident au cours duquel une habitation juive avait été visée par une bombe artisanale.

Ben Gvir a expliqué qu’il voulait protester contre « l’incapacité », selon lui, de la police à protéger les résidents juifs de ce quartier majoritairement palestinien.

Dimanche matin, des Juifs israéliens de droite, avec Ben-Gvir parmi eux, se sont rassemblés devant une maison où habite actuellement une famille palestinienne, la famille Salem.

Les onze résidents de cette maison devraient être expulsés au mois de mars par le nouveau propriétaire du bien immobilier, Yonathan Yosef, membre du conseil municipal d’extrême-droite de Jérusalem.

La famille Salem s’était installée à Sheikh-Jarrah en tant que réfugiée originaire de Qaluniya, près de Jérusalem, suite à la guerre de 1948 et à la fondation de l’État juif. Elle avait emménagé dans une habitation qui appartenait à des Juifs avant 1948. Après la capture par Israël de Jérusalem-Est, en 1967, le pays avait adopté une législation autorisant les Israéliens à réclamer les biens dont était responsable le « Gardien jordanien des biens de l’ennemi » – avec, parmi eux, la maison qui accueillait la famille Salem.

Le député Itamar Ben Gvir arrive pour ouvrir son bureau dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, le 13 février 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon des images filmées sur les lieux, dimanche, une altercation entre Israéliens et Palestiniens a rapidement dégénéré en émeutes.

La police israélienne a fait savoir que les agents avaient arrêté deux participants à ces affrontements, sans préciser si ces derniers étaient Israéliens ou Palestiniens.

Sheikh Jarrah – une partie du quartier était connue historiquement sous le nom en hébreu de Shimon Hatzadik ou de Nahalat Shimon – est devenu l’un des quartiers de Jérusalem où les tensions sont les plus fortes. Les Palestiniens vivent aux côtés d’un petit groupe de nationalistes juifs de droite qui se sont installés après des affaires d’expulsion complexes. Ces expulsions avaient été un facteur majeur dans les tensions qui avaient entraîné un conflit de courte durée entre Israël et les terroristes de la bande de Gaza, au mois de mai dernier, et des affrontements sporadiques ont eu lieu depuis dans le secteur.

Vendredi, un cocktail Molotov a été lancé par des attaquants non-identifiés sur une maison juive dont les résidents étaient absents. Un pompier a été légèrement blessé par des inhalations de fumée toxiques.

Des activistes de droite se sont rendus samedi à la maison prise pour cible par la bombe artisanale pour la « protéger », ont-ils déclaré, affirmant qu’elle avait été visée de manière répétée par des attaques et reprochant à la police d’être dans l’incapacité de protéger la famille qui y réside actuellement. Des émeutiers palestiniens sont alors arrivés et leur ont jeté des pierres. Des affrontements ont éclaté entre les deux parties, entraînant deux blessés. Six personnes ont été arrêtées.

Par ailleurs, un Juif a été modérément blessé par un Arabe qui se trouvait au volant de sa voiture, vers minuit. L’homme, qui a affirmé avoir renversé sa victime parce qu’il ne pouvait plus voir clairement la route après avoir été aspergé de gaz lacrymogène par des manifestants juifs, a été arrêté.

Pour sa part, Mohammad Hamadeh, porte-parole du groupe terroriste palestinien du Hamas, a affirmé que les tensions croissantes à Sheikh Jarrah risquaient « d’exploser au visage d’Israël ».

« Les attaques perpétrées par des groupes de colons avec Ben Gvir à leur tête contre notre peuple, au milieu de la nuit, s’apparentent à des agressions flagrantes. C’est jouer avec le feu à Jérusalem et c’est toute la Palestine qui peut s’enflammer demain pour défendre Jérusalem », a menacé Hamadeh dans un communiqué.

La chaîne de télévision pro-Hezbollah al-Mayadeen a rapporté que le Hamas avait eu des « discussions » avec des médiateurs égyptiens sur les tensions en cours à Sheikh Jarrah. « Ce qui se passe à Sheikh Jarrah est une grave escalade qui ne peut pas rester sans réponse », a déclaré le Hamas à l’Égypte, cité par al-Mayadeen.

« Préoccupée par les développements en cours à Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, avec de violents affrontements qui ont fait plusieurs blessés et des arrestations. Les incidents de violence des colons, les provocations irresponsables et autres actes d’escalade dans cette zone sensible ne font qu’alimenter de nouvelles tensions et doivent cesser », a écrit sur Twitter la mission de l’Union européenne (UE) auprès des Palestiniens.

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