Six maires d’implantations rencontrent l’envoyé américain autour du plan de paix
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Six maires d’implantations rencontrent l’envoyé américain autour du plan de paix

Ces responsables des municipalités de Cisjordanie sont opposés à la condamnation par le Conseil de Yesha du plan Trump, remercient Friedman et Washington d'avoir accepté l'annexion

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

L'ambassadeur américain en Israël, David Friedman (4e en partant de la droite), visite l'implantation d'Efrat avec des dirigeants d'implantations, le 20 février 2020. (Autorisation)
L'ambassadeur américain en Israël, David Friedman (4e en partant de la droite), visite l'implantation d'Efrat avec des dirigeants d'implantations, le 20 février 2020. (Autorisation)

Un groupe de maires d’implantations a rencontré jeudi l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, et a remercié l’envoyé pour le plan de paix de son administration, se distanciant d’une majorité de leurs collègues qui se sont prononcés contre la proposition qui envisage la création d’un état palestinien.

« Tous les maires ont exprimé un vif désir de voir la vision mise en œuvre et cette réunion a été l’occasion de fournir des commentaires constructifs dans ce sens », a commenté le maire d’Efrat, Oded Revivi, après avoir accueilli la réunion dans son implantation de Cisjordanie au sud-est de Jérusalem.

Oded Revivi a été rejoint par cinq autres maires d’implantations de Cisjordanie : ceux d’Ariel, Elkana, Karnei Shomron, Alfei Menashe et d’Oranit.

Dans une déclaration commune, les six présidents du Conseil de Cisjordanie ont affirmé que le plan du président américain Donald Trump « sauvegarde la sécurité d’Israël, garantit qu’Israël pourra appliquer sa souveraineté à toutes les communautés juives de Judée et de Samarie et de la vallée du Jourdain et fournit à la région un chemin réaliste vers la paix ».

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman serre la main du président du Conseil local de Karnei Shomron, Igal Lahav, dans l’implantation d’Efrat en Cisjordanie, le 20 février 2020. (Crédit : Nir Bartal)

Notamment, aucune mention n’a été faite concernant l’octroi par le plan d’un état palestinien souverain, bien que non contigu, sur environ 70 % de ce qui reste de la Cisjordanie. Le maire d’Ariel, Eli Shaviro, avait indiqué au Times of Israel le mois dernier qu’il était prêt à vivre avec une telle conséquence, étant donné les garanties en matière de sécurité pour Jérusalem fournies par le plan.

On ignore si cette position est partagée par les cinq autres maires présents jeudi.

Le maire d’Ariel a même démissionné de l’organisme qui chapeaute le Conseil de Yesha, composé de 24 maires d’implantations, en raison du rejet rapide du plan Trump par le groupe.

Le maire de Karnei Shomron, Igal Lahav, a fait savoir que la question d’un état palestinien dans le cadre du plan n’est pas ce sur quoi lui et ses collègues se concentrent actuellement, étant donné qu’il ne « croit pas qu’il y ait un partenaire de l’autre côté ».

Il a ajouté qu’ « il est préférable de se concentrer sur les parties du plan qui sont bonnes pour nous et c’est la souveraineté [sur les implantations de Cisjordanie] ».

Igal Lahav a pris au sérieux la façon dont les hauts responsables des implantations ont réagi au plan Trump.

Le président du Conseil de Yesha, David Elhayani, a déclaré aux journalistes que l’architecte principal du plan américain, Jared Kushner, a « planté un couteau dans le dos d’Israël » lorsqu’il a mis en garde Jérusalem contre une annexion immédiate et non coordonnée de la Cisjordanie. Le président du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, a publiquement appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à « remettre [les États-Unis] à leur place ».

« Le plan est-il parfait ? Non. Mais est-ce que [ces critiques] l’ont lu avant de le fustiger ? Non plus », a commenté M. Lahav, exprimant sa profonde déception face au comportement de ses collègues.

Des Israéliens manifestent en faveur de la souveraineté israélienne dans la vallée du Jourdain et la Judée-Samarie, à Jérusalem, le 13 février 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« J’avais recommandé qu’ils prennent tous deux semaines de vacances après la publication du plan », a-t-il dit en plaisantant, espérant que si les membres les plus intransigeants étaient hors de la ville, ils ne rejetteraient pas publiquement ce qui a été largement reconnu comme la proposition de la Maison Blanche la plus favorable au règlement du conflit dans l’histoire des États-Unis.

Alors qu’Igal Lahav a ajouté que les parties travaillaient à faire avancer la cartographie de la Cisjordanie nécessaire pour que Washington puisse aller de l’avant avec sa reconnaissance de la souveraineté israélienne sur toutes les implantations et la vallée du Jourdain, le maire de Karnei Shomron a indiqué que l’équipe de cartographie n’était pas encore arrivée dans sa ville. Il a spéculé que le processus ne serait terminé que bien après l’élection du 2 mars.

La séance de jeudi était la première fois qu’un ambassadeur américain tenait une réunion de travail avec des maires israéliens en Cisjordanie, a ajouté le bureau d’Oded Revivi.

Dans un autre élan apparent vers ses collègues plus faucons, il a ajouté : « Nous croyons que lorsque vous écoutez, cela vous donne l’occasion d’être entendu. Nous sommes impatients de nous engager davantage avec davantage de dirigeants régionaux pour mettre en œuvre la Vision pour la paix ».

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