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Smotrich, le leader d’extrême-droite, demande l’interdiction des partis arabes

Le député évoque "des milliers d'émeutiers armés" attaquant les Juifs et affirme que les éléments nationalistes arabes dans la société sont "la plus grande menace sécuritaire"

Le leader du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, s'exprime lors d'une conférence annuelle à l'Institut national du Contre-terrorisme, à Herzliya, le 12 septembre 2022. (Autorisation)
Le leader du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, s'exprime lors d'une conférence annuelle à l'Institut national du Contre-terrorisme, à Herzliya, le 12 septembre 2022. (Autorisation)

Le leader du parti ultra-nationaliste HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich, a appelé lundi à l’interdiction des partis politiques arabes et attisé les craintes de « massacres » par des « milliers d’émeutiers arabes » en cas de guerre à la conférence organisée par l’Institute for Counter Terrorism de l’Université Reichman à Herzliya.

Smotrich a affirmé que la plus grande menace pour la sécurité de l’État d’Israël est « la menace intérieure que représentent les éléments nationalistes parmi les Arabes israéliens, » ajoutant que la menace de massacres commis dans le pays par les citoyens arabes était « un scénario aujourd’hui plus réaliste que jamais ».

Des propos qui ont été condamnés par les membres de la Liste arabe unie, l’alliance de partis à majorité arabe. La parlementaire Aida Touma-Sliman a ainsi estimé que Smotrich était « un suprématiste juif raciste » et le législateur Ahmad Tibi a déclaré que les paroles prononcées par le leader d’extrême-droite s’apparentaient « à un scénario dystopique » pour l’État d’Israël.

Pendant son discours à l’institut, le chef du parti d’extrême-droite a décrit comment « des centaines de milliers d’armes illégales seront pointées à l’heure de vérité contre les citoyens israéliens ». Il a aussi évoqué des images de « milliers d’émeutiers arabes, équipés des meilleures armes, descendant sur les villes d’Israël et perpétrant des massacres gigantesques alors même que l’ensemble du dispositif de sécurité israélien est engagé ou tendu à l’extrême sur de multiples fronts de guerre ».

Smotrich a affirmé qu’une première étape pour faire face à une telle « menace » serait d’interdire les partis politiques arabes qui, selon lui, soutiennent la lutte armée contre Israël et devraient donc être interdits.

Le député Bezalel Smotrich se dispute avec le vice-président de la Knesset Ahmad Tibi pendant un débat et un vote à la Knesset, le 1er juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Dans le prochain gouvernement que nous établirons, si Dieu le veut, après les élections, nous changerons les mécanismes permettant d’interdire les partis politiques et nous les enlèverons des mains de la Haute cour de justice, de telle manière qu’il ne sera pas permis aux magistrats de la Haute cour d’ignorer les formulations de la loi et les intentions de la législature », a continué Smotrich.

Il a affirmé que les formations arabes soutenaient la lutte armée contre l’État d’Israël et qu’ils contrevenaient en cela aux dispositions de la Loi fondamentale : la Knesset, accusant en particulier le leader de la faction Raam, Mansour Abbas, membre de la coalition, de violer le droit.

« Les efforts de dissimulation livrés par Mansour Abbas, cette vieille méthode bien connue de camouflage du nationalisme islamiste radical, extrémiste telle qu’elle est employée par le Mouvement islamique, cherchent à détruire l’État d’Israël et à le remplacer par un grand califat », a dit Smotrich.

Condamnant les paroles de Smotrich, Tibi, de la Liste arabe unie, a déclaré que si l’ancien ministre devait revenir au pouvoir aux côtés de son partenaire politique, le député ultra-nationaliste Itamar Ben Gvir, les Arabes perdraient leur représentation politique.

« Ce ne serait que le début. Ce qui n’était autrefois qu’un scénario dystopique va probablement devenir bientôt une réalité dans l’État d’Israël », a commenté Tibi, dont la faction est dans la ligne de mire de Smotrich.

La députée Aida Touma-Sliman de la Liste arabe unie s’exprime lors du lancement de la campagne hébréophone de son parti à Tel Aviv, le 20 août 2019. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Touma-Sliman a, elle aussi, dénoncé les paroles de l’ancien ministre, affirmant néanmoins qu’elle et les membres de son parti continueraient à travailler au service de leur électorat.

« Le réel danger pour la démocratie, ce sont des suprématistes juifs racistes comme Smotrich et les siens, qui ont été condamnés pour des violences et pour des incitations au terrorisme », a-t-elle continué.

« Nous, à la Liste arabe unie, continuerons à servir avec fierté les citoyens palestiniens d’Israël et tous les vrais démocrates qui se dressent contre l’occupation et qui croient en la paix et à l’égalité pour tous ».

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