Strasbourg adopte une partie de la définition de l’IHRA de l’antisémitisme
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Strasbourg adopte une partie de la définition de l’IHRA de l’antisémitisme

La définition de l'IHRA a "certaines vertus" mais aussi ses "limites", a fait valoir Jeanne Barseghian

Jeanne Barseghian lors de sa campagne électorale pour la mairie de Strasbourg en 2019. (Crédit : Capture d’écran France 3 Grand Est / YouTube)
Jeanne Barseghian lors de sa campagne électorale pour la mairie de Strasbourg en 2019. (Crédit : Capture d’écran France 3 Grand Est / YouTube)

La mairie verte de Strasbourg, critiquée pour ne pas avoir adopté il y a deux mois la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), a voté dans la nuit de lundi à mardi au terme de débats houleux une motion n’intégrant qu’une partie de cette définition.

Extrêmement critiques envers ce texte, les groupes LREM et LR ainsi que celui de l’ancienne ministre de la Culture et ex-maire de Strasbourg, la PS Catherine Trautmann, ont eux aussi fait adopter deux motions intégrant cette fois la définition complète, récoltant chacun 15 voix.

Le texte proposé par la maire EELV Jeanne Barseghian, qui réaffirme que Strasbourg est « pleinement engagée contre l’antisémitisme et toute forme de discrimination », a été adoptée environ deux mois après le refus le 22 mars par la majorité de la maire EELV Jeanne Barseghian d’adopter cette définition de l’IHRA.

Cette décision, qui avait suscité colère et incompréhension au sein de la communauté juive, était intervenue lors du même conseil municipal durant lequel le principe d’une subvention de 2,5 millions d’euros pour le chantier d’une mosquée portée par une association d’origine turque, Millî Görüs, avait été voté.

Catherine Trautman, 2014. (Crédit photo : Wikipedia / CC BY-SA 3.0)

Le télescopage des deux sujets avait plongé la mairie écologiste dans une crise d’ampleur nationale.

Adoptée par 46 voix (sur 65 sièges) au terme d’échanges très tendus, la motion sur l’antisémitisme a été présentée par la majorité de Mme Barseghian qui a dit « profondément » regretter « l’émoi » causé par la polémique.

« Nous rejetons et luttons contre l’antisémitisme sous toutes ses formes », proclame notamment le texte qui propose onze actions concrètes pour lutter contre l’antisémitisme (soutien aux actions mémorielles, valorisation du patrimoine juif…)

Mais au grand dam des opposants, il ne reprend pas dans son intégralité la définition de l’IHRA, n’en retenant que « les termes suivants : l’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte ».

Le texte de la mairie écologiste écarte notamment le passage indiquant que « le refus du droit à l’autodétermination des Juifs, en affirmant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste », est une forme d’antisémitisme.

La motion insiste sur le fait que « la liberté d’expression et la critique de la politique de tout gouvernement », y compris Israël, sont « des droits inaliénables ».

Elle condamne toutefois « fermement tout préjugé, toute discrimination et toute violence antisémite fondés sur un lien réel ou supposé avec Israël, y compris ceux qui ont pris la forme d’une expression nouvelle par la négation de l’existence même de l’État d’Israël ».

La définition de l’IHRA a « certaines vertus » mais aussi ses « limites », a fait valoir Mme Barseghian.

Durant les débats houleux qui ont majoritairement tourné autour de cette définition, la majorité de Mme Barseghian et ses opposants ont été incapables de s’entendre, ces derniers soumettant au vote leurs propres textes.

« Le Conseil municipal de Strasbourg, à travers l’adoption de deux motions (…) a adopté la définition » élaborée par l’IHRA, s’est félicité dans un communiqué Mme Trautmann, qui regrette que la majorité « n’ait pas voulu voter pour la définition de l’IHRA ».

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