Sur les lieux de l’attaque, les Tel Aviviens promettent de ne pas céder à la terreur
Rechercher
« Ça a frappé près de la maison », déclare un immigrant américain. « Tel Aviv se sent immunisée contre ces choses-là »

Sur les lieux de l’attaque, les Tel Aviviens promettent de ne pas céder à la terreur

Avec un sentiment de sécurité brisé et une ville beaucoup plus silencieuse que d’habitude, des centaines de personnes se sont rendues sur le lieu de la fusillade mortelle pour exprimer leur solidarité

Des Israéliens allument des bougies au bar Simta sur la rue Dizengoff, dans le centre de Tel Aviv, le 2 janvier 2016 (Crédit : Melanie Lidman / Times of Israel)
Des Israéliens allument des bougies au bar Simta sur la rue Dizengoff, dans le centre de Tel Aviv, le 2 janvier 2016 (Crédit : Melanie Lidman / Times of Israel)

Les flammes de centaines de bougies vacillent devant le bar Simta de Tel Aviv samedi après-midi, la scène de la fusillade mortelle qui a eu lieu 24 heures plus tôt, faisant deux morts et six blessés.

Avec un ciel nuageux et une pluie légère, le terroriste toujours en fuite, une foule de voisins et de curieux s’est rassemblée pour commémorer les deux victimes et discuter de leur sentiment brisé de la sécurité.

Alors que le pays a affronté des attaques terroristes quasi quotidiennes pendant les trois derniers mois, la fusillade à bout portant a été un choc pour beaucoup.

« Cela ressemble à l’une de ces terribles fusillades aux Etats-Unis », a déclaré Tal Liebrecht, 36 ans, qui a quitté Los Angeles pour Tel Aviv il y a cinq mois, alors qu’un passant prend des photos des trous de balles sur un arrêt de bus devant le bar. Liebrecht, qui habite à quelques pâtés de maison, est venu au bar Simta il y a quelques semaines pour voir un match de football.

« Ça a frappé près de la maison, a-t-il déclaré. Tel Aviv se sent un peu immunisée contre ces choses-là. »

Mor Aloni, 28 ans, qui travaille dans les ressources humaines et habite à quelques centaines de mètres, reprend en chœur : « C’était tellement bizarre ce qui est arrivé vendredi après-midi. Il y avait tellement de bruit et tant d’ambulances, et d’un coup, le silence total. Ils ont tout fermé. Tous les bars avaient des panneaux disant qu’ils étaient fermés par respect pour ce qui était arrivé. Normalement je peux entendre les gens assis toute la nuit dans les bars près de chez moi, mais la nuit dernière je n’ai rien entendu. »

Son amie Anat Mor, 25 ans, qui a fait son alyah de Norvège l’année dernière, est restée coincée dans le centre commercial Dizengoff pendant deux heures pendant que la police inondait la zone. Elle est ensuite passée par le lieu de la fusillade en allant chez Aloni.

« Nous sommes restées dans l’appartement toute la nuit, nous ne savions pas quoi faire, a-t-elle expliqué. Mais maintenant nous voulions sortir, nous voulions voir où c’était, nous ne savions pas qu’il y aurait des bougies. Nous sommes justes venues pour nous sentir connectées. »

Samedi après-midi, des parties du centre de Tel Aviv semblaient désertes, bien qu’il ne soit pas clair que cela soit du à l’attaque terroriste ou au temps froid. Les cafés et les bars semblaient à moitié pleins, alors que les clients se blottissaient près des radiateurs extérieurs et qu’une fine pluie tombait sur les rues vides.

« Au début, nous avons pensé que c’était un acte criminel, parce que c’était un bar, mais nous avons appris petit à petit que les motivations étaient nationalistes », a déclaré Linda Menashe, 62 ans, officier de police à la retraite, qui a vécu 45 ans sur la rue Dizengoff et était à quelques centaines de mètres quand la fusillade a eu lieu. « Je me sens moins en sécurité parce qu’ils ne l’ont pas attrapé, mais personnellement, je continue à sortir ».

« Personnellement, je me sens en sécurité dans mon pays. Nous avons un pays incroyable, et rien ne peut le tuer, pas Daesh [l’acronyme arabe de l’Etat islamique], et pas le terrorisme », a ajouté Menashe.

Habitant la ville depuis longtemps, Moshé Kasbian, 59 ans, qui a vécu près de Dizengoff toute sa vie, a déclaré que contrairement à Jérusalem, peu de personnes portent leur propre arme à Tel Aviv, ce qui explique pourquoi le tireur a pu s’enfuir sans qu’on lui tire dessus.

« Cela doit cesser, a-t-il déclaré. Ce n’est pas possible que quelqu’un sorte fêter son anniversaire et que d’un coup quelqu’un arrive et lui tire dessus. »

« C’est la première fois pour moi que cela arrive près de moi », a déclaré Ilana Foyer, qui a fait son alyah d’Australie il y a deux ans et habite à deux pâtés de maison. « Des choses sont arrivées avant à Tel Aviv, comme les roquettes l’été dernier, mais cela semble différent », a dit Foyer, qui est venue avec un groupe d’amis.

Cependant, Foyer dit qu’elle se sent en sécurité à Tel Aviv, et que la ville était retournée à la normale. « Beaucoup d’endroits étaient fermés hier soir, a-t-elle ajouté. Mais ce soir je fête mon trentième anniversaire, et nous sortons tous. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...