Syrie : manifestations en territoire kurde contre les violences sexistes
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Syrie : manifestations en territoire kurde contre les violences sexistes

Les manifestantes ont brandi des portraits de combattantes lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

Des femmes ont manifesté à Qamichli, ville dominée par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie en guerre, lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre 2018. (Crédit : Delil souleiman / AFP)
Des femmes ont manifesté à Qamichli, ville dominée par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie en guerre, lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre 2018. (Crédit : Delil souleiman / AFP)

Plusieurs centaines de femmes ont manifesté dimanche à Qamichli, ville dominée par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie en guerre, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, a constaté un correspondant de l’AFP.

Au son des tambours et des youyous, le cortège a parcouru les rues, les participantes exhibant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « le mariage des filles est un crime », ou brandissant des photos montrant le visage d’une femme à l’œil tuméfié, la bouche couverte par une main.

Les manifestantes de tout âge ont brandi des portraits de combattantes des Unités de protection de la femme (YPJ), force combattante kurde exclusivement féminine.

« On doit participer en masse à cette journée », lance Hanifa Mohamed, 47 ans, vêtue d’un pull vert et portant un hijab sombre encadrant son visage souriant. « Les femmes doivent s’organiser et parvenir aux échelons décisionnels. Elles doivent déterminer leur avenir », ajoute-t-elle.

Manifestation à Qamichli, ville dominée par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie en guerre, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre 2018. (Crédit : Delil souleiman / AFP)

A la faveur de la guerre qui déchire la Syrie depuis 2011, les Kurdes ont grignoté une autonomie de facto dans les territoires sous leur contrôle dans le nord et le nord-est du pays. Les institutions locales mises en place par cette minorité sont en général co-dirigées par un homme et une femme.

Et dans un pays où règne une société conservatrice qui considère que la femme n’a pas toujours les mêmes droits que les hommes, les Kurdes se targuent d’encourager l’égalité des sexes, même au combat, alors que les forces de la communauté ont joué un rôle clé dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Manifestation à Qamichli, ville dominée par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie en guerre, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre 2018. (Crédit : Delil souleiman / AFP)

Lors du rassemblement de dimanche, certaines manifestantes ont marqué leur hostilité à la Turquie voisine, le grand ennemi des Kurdes. Ankara voit d’un mauvais œil l’autonomie de facto des Kurdes de Syrie, craignant qu’elle n’inspire sa propre minorité kurde.

L’évènement était aussi organisé en hommage aux femmes d’Afrine, enclave kurde dans le nord-ouest syrien conquise en mars par l’armée turque et ses supplétifs syriens, ces derniers contrôlant aujourd’hui le secteur.

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