Tamar Zandberg est la nouvelle chef du Meretz après une victoire écrasante
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Tamar Zandberg est la nouvelle chef du Meretz après une victoire écrasante

La députée a promis une "force de gauche puissante", suggérant que le parti pourrait rejoindre un gouvernement avec la formation d'Yisrael Beytenu

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La députée du Meretz Tamar Zandberg a voté dans un bureau de vote à Tel Aviv le 22 mars 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
La députée du Meretz Tamar Zandberg a voté dans un bureau de vote à Tel Aviv le 22 mars 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

La députée du Meretz Tamar Zandberg est devenue la nouvelle présidente du parti, jeudi soir, après avoir remporté avec une importante majorité les toutes premières primaires organisées au sein de la formation. Elle s’est imposée largement face à Avi Buskila, ancien dirigeant du mouvement anti-implantations La Paix Maintenant.

Zandberg a réuni 71 % des votes contre 28 % pour Buskila. Au total, 16 954 sur 31 680 membres de la formation ont voté, ce qui représente un taux de participation de 53,6 %. Sa victoire ne faisait toutefois guère de doutes.

Devant une foule de partisans qui se sont réunis au siège du Meretz de Tel Aviv, Zandberg, 41 ans, qui est députée du Meretz depuis 2013 et qui est militante depuis de nombreuses années, a indiqué qu’elle avait l’intention d’emmener la gauche israélienne vers des jours meilleurs.

« Nous serons là pour le public immense qui n’a pas abandonné la démocratie, la justice et l’égalité en Israël », a-t-elle dit.

« A tous ceux qui comprennent que l’occupation est une menace existentielle pour l’Etat d’Israël, à tous ces Israéliens, je le dis : Ne croyez pas que vous soyez une minorité. Vous êtes la majorité dans la société israélienne. »

La nouvelle présidente du parti Meretz, la députée Tamar Zandberg, a prononcé un discours de victoire au siège du parti à Tel Aviv, le 22 mars 2018 (Crédit : Autorisation)

Zandberg est devenue la seule députée du parti se présentant à la course aux primaires quand, en un seul jour, le mois dernier, la présidente Zehava Galon a renoncé à se faire réélire et le député Ilan Gilon a abandonné sa candidature pour des raisons de santé.

Zandberg et Buskila se sont présentés sur des idées visant à faire sortir le parti de gauche de son rôle d’opposition marginale.

L’objectif que Zandberg a répété durant toute la campagne est de remporter 10 sièges à la Knesset lors des prochaines élections nationales, prévues le 19 novembre, ce que le parti n’a pas réussi à faire au cours des 15 dernières années. Elle a promis de changer la perception du Meretz en tant que perpétuel parti d’opposition – la dernière fois qu’il a pris place au gouvernement remonte à 17 ans, sous le mandat du Premier ministre travailliste Ehud Barak. Elle a même suggéré sa volonté de rejoindre une coalition avec Avigdor Liberman, pourtant son ennemi juré, qui est à la tête de la formation de droite Yisrael Beytenu.

« Le Meretz est prêt à avancer au centre de l’arène politique. Nous dirigerons une force puissante de gauche sur chaque scène, à la Knesset, aux rassemblements, dans les rues, sur les réseaux sociaux », a-t-elle dit sous les applaudissements des militants.

« Partout, nous prendrons part à la révolution dont Israël a tellement et désespérément besoin. Nous briserons le moule de la politique israélienne qui nous a mis dans l’impasse et nous a fait savoir que le public israélien n’était pas à nos côtés. »

L’ancienne professeure de psychologie a commencé sa carrière politique comme aide parlementaire du député du Meretz Ran Cohen. Elle a été élue en 2008 en tant que représentante du parti au Conseil de Tel Aviv où elle a présidé la commission des Affaires des femmes et travaillé à élargir les services municipaux à destination des Israéliens laïcs.

Lors des élections précédentes, elle était entrée à la Knesset alors qu’elle était quatrième sur la liste du parti. En tant que leader, elle sera dorénavant automatiquement placée en tête de liste tandis que les autres députés aspirants devront concourir lors de primaires séparées pour déterminer les candidats.

Avi Buskila à l’extérieur d’un bureau de vote à Tel Aviv le 22 mars 2018 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Zandberg a remercié Buskila pour avoir été un « opposant courtois » et a promis « qu’à partir de ce soir, nous ne sommes qu’un seul parti ».

Zandberg a consacré une grande part de son discours à remercier Galon pour sa contribution au parti en tant que dirigeante pendant six ans et en tant que députée depuis presque deux décennies.

Galon, 62 ans, a démissionné de la Knesset au mois d’octobre pour se concentrer sur la réforme du processus électoral interne de la formation. Elle a été la cheffe du Meretz depuis 2012 et membre de la Knesset depuis 1999.

S’adressant à l’assistance, Galon a salué Zandberg, disant que sa victoire était « une victoire pour tout le Meretz et pour toute la gauche ».

Galon a également salué le processus électoral et le format des primaires récemment adopté, qui a permis à tous les membres du parti de jeter leur bulletin dans l’urne pour choisir leur leader.

« Les primaires ouvertes ont largement fait leur preuve et elles ont fourni au Meretz le tournant dont il avait besoin avant les prochaines élections. Israël a besoin d’un Meretz fort et puissant et je pense que vous en avez la capacité », a-t-elle dit de Zandberg.

La leader du parti Meretz, la députée Zehava Galon, s’adresse à des milliers de militants de gauche lors d’un rassemblement sur la place Rabin, à Tel-Aviv, le 27 mai 2017 (Crédit : Gili Yaari / Flash90)

Les primaires du Meretz étaient auparavant un processus à deux étapes lors duquel les membres du parti élisaient des délégués pour la plus importante commission de la formation, qui sélectionnait alors la liste des candidats à la Knesset. Mais les appels s’étaient multipliés ces dernières années en faveur du passage à un système de primaires plus transparent qui autorise également les non-membres à s’exprimer.

Galon avait prôné à la base des primaires ouvertes qui auraient autorisé n’importe quel citoyen israélien à choisir le leader du Meretz indépendamment de leurs affiliations tandis que Galon avait résisté aux efforts visant à changer le système de vote. Finalement, c’est un accord de compromis qui avait été présenté par Zandberg qui l’a emporté, permettant à tout le monde de s’inscrire en tant que membre du Meretz jusqu’à un mois avant les primaires pour pouvoir voter.

Le directeur-général du Meretz, le député Mossi Raz, a expliqué que le buzz généré autour des primaires a prouvé que le parti monte en puissance.

« Je suis heureux et ému que les membres du Meretz soient venus en masse pour voter à travers tout le pays et du nord au sud, et qu’ils aient prouvé que le Meretz ne fait que croître en tant que leader de la gauche israélienne », a-t-il dit après l’annonce des résultats.

Les partisans espèrent que cette initiative élargira la portée d’une gauche politique diminuée et en marge et attirera potentiellement les votes du parti travailliste de centre-gauche qui a perdu une partie de son électorat ces derniers mois.

Avi Gabbay lors d’une réunion avec des partisans à Kadima le 13 mars 2018 (Crédit : Gili Yaari / FLASH90)

Depuis son élection à la tête du parti travailliste, au mois de juillet dernier, Avi Gabbay a tenté de déplacer le curseur de sa formation vers la droite, tentant apparemment de renforcer sa place, et il a tenu un certain nombre de propos qui se démarquent des positionnements historiques de son parti.

Au mois de décembre, il avait indiqué que préserver un Jérusalem « uni » et sous souveraineté israélienne était plus important que de conclure un accord de paix avec les Palestiniens, après avoir insinué que la gauche « a oublié ce que signifie être juif », même s’il était ultérieurement revenu sur ces propos.

Et au mois d’octobre, il avait indiqué qu’il n’évacuerait pas les implantations cisjordaniennes dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens, qualifiant quelques jours plus tard l’entreprise d’implantation de « beau visage dévoué du sionisme ».

Les sondages les plus récents montrent l’Union sioniste plongeant de ses 24 sièges actuels à seulement 12, avec le Meretz passant de cinq à sept – une tendance que le parti espère confirmer grâce à sa nouvelle dirigeante.

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