Téhéran s’en prendra à Israël en cas d’attaque US, menace un religieux iranien
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Téhéran s’en prendra à Israël en cas d’attaque US, menace un religieux iranien

"Toute agression contre l'Iran aura un coût non seulement pour l'Amérique mais aussi pour le régime sioniste", a averti l'Ayatollah Ahmad Khatami

Ahmad Khatami . (Autorisation: Mostafameraji/Wikimedia Commons)
Ahmad Khatami . (Autorisation: Mostafameraji/Wikimedia Commons)

Un éminent religieux iranien a averti mercredi que Téhéran prendrait pour cible Israël si les Etats-Unis devaient nuire à la République islamique, donnant suite une guerre des mots incessante suite aux sanctions qui ont été réimposées par Washington.

« Le prix à payer pour une éventuelle guerre des Etats-Unis contre l’Iran sera lourd, en fin de compte, pour les Américains et toute agression contre l’Iran aura un coût non seulement pour l’Amérique mais aussi pour son allié, le régime sioniste », a déclaré l’Ayatollah Ahmad Khatami, selon l’agence de presse iranienne Tasnim.

Au mois de juin, le vice-commandant des gardiens de la révolution islamique, de la ligne dure, s’était vanté de ce que les forces appuyées par l’Iran en Syrie et au Liban n’attendaient qu’un ordre pour éradiquer le « régime maléfique » d’Israël.

« Nous créons des forces au Liban parce que nous voulons combattre notre ennemi depuis là-bas de toute notre puissance », avait-il dit. « Le Hezbollah a aujourd’hui une puissance énorme sur le terrain, une puissance telle qu’il peut briser le régime sioniste tout seul. Le régime sioniste n’a pas de profondeur stratégique défensive ».

Le vice-commandant des Gardiens de la révolution islamique Hossein Salami (Capture d’écran : YouTube)

Dans un discours prononcé pour la Journée anti-Israël al-Quds, traduit par le MEMRI (Middle East Media Research Institute), Hossein Salami avait indiqué que « la vie du régime sioniste n’a jamais été autant en danger que ce n’est le cas maintenant ».

Les Etats-Unis ont vendu pour des centaines de milliards de dollars d’armes aux adversaires régionaux de l’Iran et ils ont demandé que l’Iran réduise son programme de missiles balistiques. Ils réimposent également des sanctions économiques drastiques pour tenter de renégocier l’accord sur le nucléaire de 2015.

Au mois de mai, les Etats-Unis avaient annoncé qu’ils abandonnaient l’accord sur le nucléaire passé avec l’Iran en 2015 et qu’ils allaient réimposer des sanctions liées au nucléaire, menaçant les multinationales de lourdes pénalités si elles continuaient à travailler en Iran.

Tentant de sauver l’accord, l’UE et les parties européennes ayant souscrit au pacte – le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne – avaient présenté une série de « garanties » économiques à l’Iran, le mois dernier, qui ont été jugées « insuffisantes » par Téhéran.

Khatami a également rejeté la proposition du président américain Donald Trump de s’entretenir avec Téhéran, clamant que son administration n’était pas ouverte aux concessions.

« Les Américains disent : « Vous devez accepter ce que nous disons dans les pourparlers’, » a-t-il accusé, selon des propos qui ont été rapportés par l’agence de presse iranienne Mizan et traduits par Reuters. « Ce n’est donc pas de la négociation mais une dictature. La République islamique et la nation iranienne se dresseront contre la dictature ».

Trump a offert une possibilité de discussion sur « un accord plus global » mais l’Iran a rechigné à négocier sous la pression des sanctions, s’intéressant davantage aux liens de plus en plus étroits que la République islamique entretient avec deux autres cibles de sanctions américaines, la Turquie et la Russie.

Les sanctions qui sont entrées en vigueur au début du mois d’août visent les transactions financières réglées en dollar américain, le secteur de l’automobile ainsi que l’achat d’avions commerciaux et de métal, et notamment d’or. Des sanctions plus fortes encore contre le secteur pétrolier et la banque centrale du pays seront réimposées au mois de novembre.

L’AFP et Judah Ari Gross ont contribué à cet article.

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