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Tensions à Al-Aqsa : Un député Raam menace de ne plus soutenir la coalition

Menaçant de déstabiliser encore la coalition, Mazen Ghanaim jure de voter conformément à sa conscience à moins que le gouvernement ne commence à "protéger al-Aqsa"

Le député Mazen Ghanaim, au centre, discute avec le député Ahmad Tibi en séance plénière de la Knesset, le 5 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Mazen Ghanaim, au centre, discute avec le député Ahmad Tibi en séance plénière de la Knesset, le 5 janvier 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député de Raam Mazen Ghanaim a fait savoir qu’il ne se sentirait plus redevable à l’égard de la coalition au pouvoir du Premier ministre Naftali Bennett si les tensions entourant le mont du Temple devaient continuer à Jérusalem, a déclaré ce dernier au Times of Israel, mercredi.

Le conflit sur le mont du Temple a exacerbé les tensions au sein de l’alliance à la tête du pays, qui a perdu sa majorité au début du mois et qui occupe dorénavant le même nombre de sièges au parlement que l’opposition – 60 contre 60. Le retrait du soutien de Ghanaim pourrait porter un coup significatif et peut-être fatal au gouvernement en difficulté.

« Si le gouvernement continue à ne pas protéger al-Aqsa, alors, bien sûr, je sortirai de la coalition », a commenté Ghanaim. « Il est indubitable que ce qui est en train de se passer actuellement à al-Aqsa représente une ligne rouge. Pour moi et pour tous les Arabes ».

Il n’a pas précisé s’il quitterait officiellement la coalition, comme l’a fait la députée Idit Silman du parti Yamina, ou s’il choisirait de soutenir de manière sélective la coalition lors des votes.

« Je serai un parlementaire dans tous les sens du terme et je voterai conformément à ce que me dictera ma conscience », a continué Ghanaim qui a rejeté l’idée qu’il démissionnerait de la Knesset.

Ghanaim a noté qu’il n’avait pas encore fait part de son positionnement à son parti, ce qui a été confirmé par un autre député de Raam, Walid Taha, auprès du Times of Israel.

« Mais mon parti sait très bien que pour nous, Al-Aqsa est quelque chose qu’il nous est impossible d’ignorer », a poursuivi Ghanaim.

Des Palestiniens – l’un d’entre eux brandit un drapeau du Hamas – affrontent la police israélienne à la mosquée al-Aqsa, sur le mont du Temple de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le mont du Temple, connu par les musulmans sous le nom de Haram al-Sharif ou complexe al-Aqsa, est le site le plus saint du judaïsme et le troisième sanctuaire le plus sacré de l’Islam. Il y a eu, ces dernières semaines, des émeutes et des affrontements répétés sur le mont – des tensions encore amplifiées cette année par les célébrations parallèles du ramadan et de Pessah.

Ghanaim a évoqué « les photos vraiment dures » de la police dans le lieu saint, avec des agents « frappant des enfants, des femmes, des hommes, des personnes âgées », a-t-il déploré. Les autorités israéliennes ont déclaré à de multiples reprises que les forces de l’ordre n’avaient fait que disperser des émeutiers qui perturbaient l’ordre public et qui empêchaient les visiteurs d’accéder au complexe.

Le parti islamiste Raam de Ghanaim a fait savoir, il y a quelques jours, qu’il cessait temporairement de soutenir la coalition en signe de protestation suite à la crise sur le mont du Temple. Mansour Abbas, le leader de la formation, a néanmoins laissé la porte ouverte à un retour rapide si les tensions devaient se calmer et si le gouvernement devait également accepter de répondre à un certain nombre de demandes soumises par le parti.

Parmi les conditions préalables à sa réintégration dans la coalition, un engagement signé de la main du Premier ministre Naftali Bennett réaffirmant le statu quo controversé mis en place sur le mont du Temple et qui précise que si les musulmans peuvent prier sur le site, les non-musulmans ne peuvent que le visiter.

« Nous sommes entrés dans ce gouvernement et nous avons payé le prix fort pour le maintenir », a dit Ghanaim. « S’il protège la mosquée al-Aqsa, ce gouvernement continuera à exister ».

En plus des tensions sur le mont du Temple, Ghanaim a confié être déçu par le manque d’avancée sur une solution apportée aux problèmes de citoyenneté pour les Palestiniens de la part du ministère de l’Intérieur.

« J’espère et je crois qu’on peut trouver une solution » mais jusqu’à présent, « nous n’avons pas obtenu de réponse » de la part de la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked.

« Je serai heureux de m’entretenir avec elle », a-t-il ajouté.

Ancien maire de la ville de Sakhnin, dans le nord d’Israël, Ghanaim devrait se représenter à ce poste lors des élections municipales, l’année prochaine, et ses jours à la Knesset pourraient d’ores et déjà être comptés.

Au début du mois, Ghanaim avait dit au Times of Israel que « ce n’est pas facile d’être un membre arabe de la Knesset en Israël. Il y a beaucoup de choses difficiles à avaler. Vos partenaires de coalition veulent des choses difficiles, et il faut bien les avaler ».

Actuellement en congé, la Knesset devrait reprendre le travail, pour la session d’été, le 8 mai.

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