Teva rejette la demande de Netanyahu qui souhaitait que les usines de Jérusalem ne ferment pas
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Teva rejette la demande de Netanyahu qui souhaitait que les usines de Jérusalem ne ferment pas

Le PDG du géant pharmaceutique s'engage à maintenir son siège en Israël et à aider les ouvriers licenciés à trouver de nouveaux emplois

Les employés de Teva et leurs proches manifestent devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem suite au projet de Teva de licencier 1 700 employés, le 19 décembre 2017 (Hadas Parush / Flash90)
Les employés de Teva et leurs proches manifestent devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem suite au projet de Teva de licencier 1 700 employés, le 19 décembre 2017 (Hadas Parush / Flash90)

La société israélienne Teva Pharmaceutical Industries Ltd. a rejeté la demande du gouvernement de ne pas fermer les usines de Jérusalem, tout en promettant que l’entreprise conservera son siège mondial dans l’Etat hébreu et travaillera en étroite collaboration avec une équipe israélienne afin d’aider les ouvriers licenciés à trouver un nouvel emploi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre des Finances Moshe Kahlon et le ministre de l’Economie Eli Cohen ont rencontré mardi après-midi Kare Schultz, PDG de Teva, afin de discuter du plan de licenciement prévu. Une des principales demandes des dirigeants israéliens était de garder les usines de production de Jérusalem ouvertes.

Teva, l’un des plus grands fabricants de médicaments génériques au monde et l’un des plus gros employeurs du pays, était encore jusqu’à peu un symbole du succès industriel d’Israël. Les actions de la société étaient vues comme un élément de base dans les plans d’épargne des Israéliens, ce qui leur valaient le surnom « d’actions du peuple ».

La semaine dernière, l’entreprise, endettée, a annoncé un plan de restructuration prévoyant le licenciement de 14 000 travailleurs de Teva dans le monde au cours des deux prochaines années – soit plus d’un quart de l’effectif mondial de Teva, qui compte plus de 55 000 personnes – dont 1 750 en Israël.

« En tant que PDG d’une entreprise largement détenue par des investisseurs mondiaux, nous devons nous assurer que toutes les décisions que nous prenons sont financièrement et économiquement valables », a déclaré Schultz dans un communiqué publié par le fabricant de médicaments après l’entretien.

« Ces mesures sont douloureuses, mais absolument vitales. Elles seront mises en œuvre dans tous nos secteurs à travers le monde – aux États-Unis, en Europe, sur les marchés à forte croissance et, inévitablement, en Israël – d’une manière juste et respectueuse. »

Kåre Schultz, nouveau directeur et président de Teva (photo publiée avec son autorisation)

« Malheureusement, Teva ne peut consentir à la demande du Premier ministre et des ministres qui est d’éviter la fermeture de l’usine de Jérusalem. La société entamera ainsi une fermeture progressive de l’usine d’ici la fin de 2019. Teva coopérera pleinement avec l’équipe créée par le Premier ministre qui aura pour mission d’aider les ouvriers qui quitteront l’entreprise pour trouver un autre emploi, une formation ou un soutien », a déclaré M. Schultz.

« Pour que Teva reste une société israélienne et continue à prospérer en Israël, et pour continuer notre contribution significative à l’économie israélienne, nous devons avant tout sauver notre entreprise. J’ai pris sur moi-même afin de maintenir le siège mondial – et notamment mon propre bureau – de Teva en Israël. A l’avenir, je suis déterminé à maintenir une forte présence du secteur Recherche&Développement ainsi qu’à préserver la majeure partie de notre production existante en Israël », a-t-il ajouté.

La réalité commerciale de Teva « nécessite une action immédiate et significative » afin d’assurer l’avenir de l’entreprise, selon le communiqué. « Sans prendre de mesures drastiques dans les semaines et les mois à venir, l’entreprise serait de plus en plus vulnérable à une éventuelle prise de contrôle. »

Les ouvriers de Teva manifestent à l’extérieur du bâtiment de TEVA Pharmaceutical Industries à Jérusalem, le 17 décembre 2017, contre le projet de l’entreprise de licencier des centaines d’employés (Noam Revkin Fenton / Flash90)

Les employés de Teva Pharmaceutical Industries ont bloqué ce mardi l’entrée de Har Hotzvim, l’une des principales zones industrielles de la capitale, à cause du risque de fermeture des deux usines de Jérusalem.

Des manifestations ont eu lieu presque tous les jours depuis que Teva a présenté ses plans de restructuration, qui comprennent les licenciements et la fermeture des usines dans la capitale. Dimanche, le secteur public en Israël a organisé une grève de quatre heures en solidarité avec les employés de l’entreprise.

Teva est confrontée à des dettes depuis qu’elle a acquis pour 40 milliards de dollars la branche générique de son concurrent Allergan l’an dernier. Cet achat s’est accompagné d’une baisse des prix pour les médicaments génériques, notamment aux États-Unis, qui représente un marché important.

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