Tollé après la ségrégation présumée d’enfants éthiopiens dans une crèche
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Tollé après la ségrégation présumée d’enfants éthiopiens dans une crèche

Le ministère de l'Education et des députés ont condamné l'incident observé à Kiryat Gat ; les membres du conseil municipal ont été convoqués par le ministère

Sefy Bililin et sa fille de trois ans Pri'el. (Facebook)
Sefy Bililin et sa fille de trois ans Pri'el. (Facebook)

Une crèche de Kiryat Gat a suscité un tollé général après avoir pratiqué la ségrégation raciale, reléguant les enfants noirs dans une seconde pièce dotée d’une entrée séparée.

Dans une publication Facebook devenue virale, la résidente locale Sefy Bililin expliquait qu’elle avait amené sa fille de trois ans Pri-el pour son premier jour de crèche dimanche et qu’elle avait été choquée de se voir diriger vers une salle de classe exclusivement remplie de jeunes israéliens éthiopiens.

« Je n’ai pas pu dormir depuis dimanche en pensant à la direction que va prendre cette génération », a-t-elle écrit, décrivant comment elle était arrivée à la crèche pour se voir entendre que sa fille n’était pas sur la liste d’inscription. Elle a ensuite été dirigée vers une crèche secondaire dans le bâtiment, accessible uniquement par une porte séparée et qui renfermait exclusivement des enfants éthiopiens.

Ce sont des enfants qui « n’ont jamais rien fait de mal de leur vie », a déploré Sefy Bililin. « À cause de leur couleur de peau, ils ne peuvent pas se mélanger avec d’autres enfants ».

Des Israéliens prenant part à une manifestation à Tel Aviv le 3 mai 2015 protestant contre la prétendue brutalité policière et la discrimination institutionnalisée contre la communauté éthiopienne (Crédit : AFP / JACK GUEZ)

« Ma fille vaut autant que n’importe qui d’autre », a-t-elle ajouté, expliquant comment elle avait retiré sa fille de la crèche et était allée se plaindre à la mairie. « Elle est née ici et elle est aussi bien que quiconque ».

L’élue de Kakhol lavan Pnina Tamano-Shata a fermement condamné la crèche, écrivant sur Facebook que les « enfants [de la communauté éthiopienne] ne sont pas différents des autres enfants d’Israël ».

La députée d’opposition a écrit qu’elle avait reçu un message du ministère de l’Education dans lequel il lui assurait qu’il allait enquêter sur l’affaire et qu’il résoudrait ce problème « immédiatement ».

La députée du parti Kakhol lavan, Pnina Tamano-Shata, prend la parole lors d’un débat en commission de la Knesset sur un projet de loi visant à supprimer la limitation du nombre des ministres qui peuvent être nommés par un gouvernement, 21 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

« N’essayez pas de ségréguer nos enfants, a-t-elle écrit, s’adressant au maire de Kiryat Gat, Aviram Dahari. Nous ne laisserons pas passer cela sous silence. Nos enfants vont grandir avec la confiance absolue que vous et vos employés ne vont pas les séparer et leur faire du mal à cause de la couleur de leur peau ».

Dans un communiqué publié sur le site d’information Walla, la municipalité a déclaré que les enfants étaient dirigés vers des crèches par un système informatique qui sélectionnait les enfants « en fonction de leur zone géographique, des demandes parentales, de écoles publiques ou religieuses ». La mairie a rejeté toute allégation indiquant que d’autres critères auraient été utilisés.

« Le manque d’intégration des élèves immigrants éthiopiens avec la population générale donne un mauvais exemple et ne correspond pas aux valeurs du ministère de l’Education », a déclaré le ministère dans un communiqué.

Après la plainte, le ministère a assuré qu’il avait « convoqué des représentants du conseil municipal pour une réunion urgente sur le sujet et a envoyé une lettre à la municipalité expliquant sa position sur cette question importante ».

Cet été, les Israéliens d’origine éthiopienne ont participé à des manifestations contre les violences policières à travers tout le pays après qu’un officier qui n’était pas en service a abattu le jeune Solomon Tekah, âgé de 19 ans, à Haïfa, le 30 juin dernier.

Des représentants de la communauté ont déclaré que les réformes du gouvernement visant à traiter le racisme et la brutalité policière contre les Israéliens éthiopiens n’ont pas encore été mises en place, plus de trois ans après des manifestations similaires.

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