Trafic de drogue: détention des suspects d’El Al prolongée sans dépôt de plainte
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Trafic de drogue: détention des suspects d’El Al prolongée sans dépôt de plainte

La police pense que le réseau s'est servi des avions de la compagnie pour importer de la cocaïne en Israël ; un suspect serait devenu témoin de l'accusation

Des avions d'El Al sur le tarmac de l'aéroport international Ben Gurion, en avril 2013. Illustration. (Crédit : Flash90)
Des avions d'El Al sur le tarmac de l'aéroport international Ben Gurion, en avril 2013. Illustration. (Crédit : Flash90)

Un adjoint au procureur d’état a accordé à la police un délai exceptionnel pour prolonger la détention de cinq personnes suspectées d’avoir fait entrer d’importantes quantités de cocaïne en Israël à bord d’avion de la compagnie El Al, sans porter plainte. Les suspects peuvent être détenus jusqu’à 30 jours sans mise en accusation, a fait savoir la chaîne publique Kan dimanche.

Le juge Guy Avnon a signalé lors de l’audience de renvoi que la détention des suspects pouvait être prolongée parce qu’il y avait un doute raisonnable sur la base des preuves présentées.

Un haut-responsable de la sécurité chez El Al et un ancien responsable du Shin Bet ont été arrêtés le mois dernier. Ils sont soupçonnés d’avoir fait partie d’un réseau de contrebande de drogue et d’avoir importé en Israël d’importantes quantités de cocaïne grâce à des avions du transporteur national.

La police a arrêté quatre personnes au total pour leur implication dans ce réseau de trafic de drogue international, qui, selon un procureur de police, est une « affaire d’envergure ».

La semaine dernière, nous avons appris que 11 personnes au total ont été arrêtées, et que la police avait recruté un individu pour devenir témoin de l’accusation dans cette affaire.

Illustrative of cocaine (photo credit: CC BY-SA Valerie Everett, Flickr)
Cocaïne. Illustration. (Crédit : Valerie Everett/CC BY-SA/Flickr)

Le site Ynet a rapporté qu’un entrepôt a été découvert dans le centre du pays. Il aurait servi à stocker la marchandise du réseau de contrebande et à fabriquer des armes.

Le réseau a fait entrer illégalement des centaines de kilos de cocaïne et brassé des centaines de millions de shekels, a rapporté le site Ynet.

Le premier suspect a été identifié comme étant Rami Yogev, un haut-responsable d’El Al, qui supervise la coordination entre la compagnie et les services de sécurité du Shin Bet. Il est également chargé de la sécurité à l’étranger.

La police estime que Yogev s’est servi de ses accès aux avions El Al pour faciliter le trafic de drogue.

Selon Ynet, les drogues étaient placées à bord des avions via la passerelle qui relie l’avion au terminal, et Yogev s’assurait que l’opération soit menée à son terme sans passer par les caméras de sécurité.

ILLUSTRATION : une passerelle reliant l’avion au terminal à l’aéroport de Denver, le 7 septembre 2006. (Crédit : AP/Jack Dempsey)

Les membres du réseau sont suspectés de faire partie d’un « réseau de crime organisé » qui a mené à terme un scénario à plusieurs reprise de manière méthodique tout en évitant de se faire découvrir.

Les détails de l’affaire ont été révélés après qu’un juge de la cour de Rishon Lezion a rejeté, lors d’une audience de renvoi, une demande de la police de placer les détails de l’affaire sous embargo. A ce moment, quatre suspects étaient en détention.

L’ancien du Shin Bet est Beno Shalom, qui a été chef de la sécurité au bureau du Premier ministre.

La police n’a pas précisé quelle était l’implication de Shalom dans l’opération de contrebande.

Yogev, Shalom et deux autres personnes ont été arrêtées lundi après que des drogues ont été découvertes dans le bagage à main de l’un des suspects, qui venait d’atterrir d’un vol en provenance de Johannesburg.

« C’est une affaire de taille et d’envergure », a déclaré Nadav Rappoport, procureur de police, au juge Guy Avnon, durant l’audience de lundi. « Les suspects ont introduit d’importantes quantités de drogues en Israël en utilisant des méthodes complexes. »

Rappoport a déclaré que l’enquête n’en était qu’à ses débuts et a souligné à Avnon que les suspicions de la police contre Yogev étaient « plus sévères » que celles qui pèsent sur les autres suspects.

Dans sa décision, Avnon a déclaré qu’il y avait « un doute raisonnable qui relie [Yogev] aux infractions », étant donné son rôle et sa position, et a rejeté la demande de la police de garder les détails de l’affaire sous embargo.

Dans un communiqué adressé à Ynet, El Al a répondu aux allégations en disant que la compagnie « considère ces suspicions très sérieusement et aide les autorités dans l’enquête ».

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