Trois pays, un juif, un catholique et un musulman fêtent le Talmud à l’ONU
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Trois pays, un juif, un catholique et un musulman fêtent le Talmud à l’ONU

Les principaux représentants italiens, albanais et israélien de ce projet consacré à un texte qui ne parle que d'hommes... sont des femmes

De gauche à droite : le rabbin Gadi Piperno, Clelia Piperno et l'ambassadrice italienne aux Nations Unies Mariangela Zappia lors d'un événement célébrant la traduction en cours du Talmud en Italien, le 28 septembre 2018 (Autorisation : Mustando Communications)
De gauche à droite : le rabbin Gadi Piperno, Clelia Piperno et l'ambassadrice italienne aux Nations Unies Mariangela Zappia lors d'un événement célébrant la traduction en cours du Talmud en Italien, le 28 septembre 2018 (Autorisation : Mustando Communications)

NEW YORK (JTA) — D’un certain point de vue, une cérémonie organisée dans une salle de conférence des Nations unies, pour saluer un projet de traduction du Talmud commencé il y a cinq ans, est finalement assez ordinaire.

Un événement banal qui reste toutefois inhabituel. La cérémonie célébre un travail de plusieurs années qui vise à traduire pour la première fois le Talmud en italien. Elle a été organisée conjointement par l’Italie, l’Albanie et Israël en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

En d’autres termes : un pays à majorité catholique, un pays à majorité musulmane et un pays à majorité juive se sont rassemblés au sein du forum le plus éminent du monde pour célébrer un effort gouvernemental de traduction d’un texte religieux juif.

Il y a cinq siècles, le Talmud était brûlé en place publique à Rome. Il y a 80 ans, le gouvernement italien s’alliait aux nazis. Aujourd’hui, ce pays dépense des millions de dollars pour être sûr que les Italiens pourront lire le Talmud dans leur langue maternelle.

Autre signe de changement, les trois représentants diplomatiques présents à l’événement et la directrice du projet sont des femmes, alors que toutes les citations du Talmud ont été prononcées par des hommes.

L’Albanie, où l’italien est largement parlé, entretient de bons rapports avec Israël et s’enorgueillit d’avoir secouru des Juifs pendant la Shoah.

Besiana Kadare (via Twitter)

« Des projets comme la traduction du Talmud babylonien ouvrent une nouvelle voie dans le dialogue interculturel et interconfessionnel. Ce projet amène l’espoir et la compréhension entre les gens, avec les bons outils pour combattre les préjugés, les pensées stéréotypées et la discrimination », a déclaré l’ambassadrice albanaise aux Nations unies Besiana Kadare lors de cet événement.

« Nous pensons renforcer ainsi nos traditions sociales, la paix, la stabilité – et nous luttons également contre les tendances extrémistes violentes ».

Le projet, commencé en 2011 par le gouvernement italien, coûte 12,7 millions de dollars (11 millions d’euros) et réunit une équipe de 90 chercheurs et traducteurs.

Le premier volume du Talmud a été terminé en 2016. Deux autres ont été finis depuis. Le projet utilise un logiciel appelé Traduco qui suggère des traductions précises en italien depuis l’araméen original.

Cette photo non-datée fournie par Sotheby’s à New York montre la toute première impression du Talmud à Venise, en 1520 (Crédit : Sotheby’s via AP)

Le Talmud babylonien, un livre de débats, d’interprétations, d’histoires et de philosophie, est composé de 2 711 doubles pages divisées en 37 traités. Jusqu’à aujourd’hui, le projet italien a permis de traduire environ 60 % du Talmud.

« La technologie est un instrument qui peut mettre un terme aux divisions entre les cultures et les peuples », a déclaré Clelia Piperno, directrice du projet. « Notre travail permet une compréhension culturelle plus large des modèles inhérents au texte ancien ».

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