Trois raids de l’armée à Gaza après douze tirs de roquettes pendant la nuit
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Trois raids de l’armée à Gaza après douze tirs de roquettes pendant la nuit

Douze roquettes ont été tirées sur Israël depuis Gaza depuis jeudi soir, entraînant des dégâts sur une maison de Sderot, alors que la violence monte d'un cran à la frontière

De la fumée monte au loin dans le ciel après que des avions de combat israéliens ont mené des frappes aériennes sur Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza tôt le matin du 21 août 2020. (Photo par SAID KHATIB / AFP)
De la fumée monte au loin dans le ciel après que des avions de combat israéliens ont mené des frappes aériennes sur Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza tôt le matin du 21 août 2020. (Photo par SAID KHATIB / AFP)

Tôt vendredi matin, des avions israéliens ont mené une troisième série de frappes aériennes à Gaza en riposte à des tirs de roquettes survenus quelques heures plus tôt. L’opération venait conclure une nuit avec de nombreux tirs de roquettes et déjà deux raids de représailles, alors que les tensions couvent et pourraient conduire à une escalade.

L’armée israélienne a indiqué que, vers 6 heures du matin, des avions de combat et d’autres aéronefs avaient mené des frappes sur « des infrastructures souterraines appartenant au groupe terroriste du Hamas » en réaction à une attaque survenue plus tôt dans la soirée. Sept roquettes ont été tirées à 2h30 du matin vers le sud d’Israël depuis la bande de Gaza.

Selon Tsahal, six des roquettes ont été interceptées par le système de défense du Dôme de Fer. Une maison dans la ville israélienne du sud de Sderot a subi d’importants dégâts.

« Nous tenons le Hamas pour responsable de toutes les activités terroristes émanant de Gaza », a déclaré l’armée.

Le raid était le troisième de la nuit après deux autres sorties qui ont ciblé une usine de ciment utilisée pour approvisionner en matériaux les tunnels des groupes terroristes gazaouis et un site de production des roquettes.

L’agence de presse Shebab, liée au groupe terroriste du Hamas qui contrôle l’enclave, a rapporté qu’au moins une personne avait été blessée dans les frappes à l’est de Khan Younis, dans le sud de Gaza. Le ministère de la Santé n’a fait état d’aucun blessé.

Le système anti-missile du Dôme de Fer tire des missiles tôt le 21 août 2020, alors que des roquettes ont été tirées depuis Gaza. (MAHMUD HAMS / AFP)

Les sept roquettes faisaient suite à cinq autres, tirées sur Israël tard jeudi soir. Deux n’ont pas réussi à pénétrer dans le territoire israélien et les trois autres ont été abattus par le système du Dôme de Fer, selon l’armée.

Ces douze roquettes marquent une escalade majeure des violences, alors même que les tensions ont monté d’un cran ces dernières semaines. Des tirs sporadiques de roquettes et des centaines de ballons incendiaires lancés vers Israël ont été constatés, ce qui a poussé Israël à riposter presque chaque jour.

Les photos et les vidéos partagées sur les réseaux sociaux de la maison qui a été touchée à Sderot montrent une cuisine détruite, ses fenêtres fracassées et des trous béants dans les murs et le toit.

« Nous n’avons pas entendu la sirène et, tout d’un coup, il y a eu une puissante explosion », a déclaré Shlomo Malka, le propriétaire de la maison, à Ynet. « Nous sommes sortis du lit et avons couru à l’abri anti-bombe. Quand nous sommes sortis, nous avons vu que tout était détruit. Toute la cuisine était en miettes, la nourriture pour shabbat est bonne à jeter. »

Des médias ont indiqué que les dégâts avaient probablement été causés par l’éclat d’un missile d’interception.

D’autres vidéos et photos montraient plusieurs missiles intercepteurs du Dôme de Fer être tirés au-dessus de la ville et des dégâts légers sur l’extérieur d’une maison.

Le service d’urgence du Magen David Adom a déclaré que trois personnes avaient été soignées pour des crises d’angoisse et qu’une autre femme a subi des blessures légères alors qu’elle courait vers un abri anti-bombe.

De la fumée et des flammes au loin après que des avions de combat israéliens ont mené des frappes aériennes au-dessus de Khan Younis dans la bande de Gaza, le 20 août 2020. (SAID KHATIB / AFP)

La nuit de combat a conclu une journée lors de laquelle au moins 42 incendies ont été déclenchés par des engins incendiaires lancés depuis Gaza, selon les pompiers. Un communiqué du service des pompiers précisait que la plupart des incendies étaient mineurs et qu’ils n’avaient posé aucun danger aux gens ou à leurs propriétés.

Un ballon incendiaire est lancé par des Palestiniens vers Israël à proximité du camp de réfugiés al-Bureij le long de la frontière entre Israël et Gaza, le 12 août 2020. (MOHAMMED ABED / AFP)

Ces dernières semaines, des terroristes dans l’enclave côtière ont recommencé à lancer des ballons incendiaires et des engins explosifs vers le sud d’Israël. Ils ont provoqué des dizaines d’incendies qui ont entraîné des dégâts graves sur l’environnement et les propriétés dans la région.

Ces attaques ont entraîné en guise de représailles des frappes israéliennes quotidiennes sur des installations du Hamas.

L’apparente recrudescence des combats tard jeudi et tôt vendredi intervient alors que des efforts de paix sont menés par l’Egypte.

Un cessez-le-feu en place depuis des années, qui a déjà été renouvelé plusieurs fois. Le Qatar a apporté des millions de dollars d’aide financière vers Gaza afin de soutenir la trêve. Pourtant, le Hamas estime qu’Israël n’a pas rempli sa part de l’accord.

Celui-ci a permis la distribution de permis pour que des Gazaouis travaillent en Israël et le financement de projets de développement pour Gaza, deux éléments qui soulagent économiquement ce territoire pauvre où le taux de chômage dépasse les 50 %.

Des sources ont déclaré à l’AFP que ces questions étaient au cœur des derniers affrontements.

Une source proche du Hamas a rapporté que le gouvernement israélien avait dit à la délégation égyptienne qu’il attendait un « retour au calme » avant d’appliquer les mesures de la trêve comme « l’extension de la zone industrielle de l’est de Gaza » et la construction d’une nouvelle ligne d’électricité vers le territoire.

Des soldats israéliens éteignent un incendie à proximité du kibboutz Kissufim, situé à proximité de la bande de Gaza, causé par un ballon incendiaire lancé depuis Gaza, le 19 août 2020. (MENAHEM KAHANA / AFP)

Jeudi, des responsables de Gaza ont annoncé que la seule centrale électrique de la bande n’avait plus de combustible et allait cesser de fonctionner. Israël a interrompu les transferts de fioul à travers le point de passage de Kerem Shalom il y a une semaine, en mesure punitive à la suite d’attaques de roquettes et de ballons incendiaires.

Mardi également, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël riposterait aux attaques de ballons de la même manière que pour les attaques de roquettes. Il a prévenu que cela pourrait conduire à une autre flambée majeure des violences à Gaza.

« Je regrette que nous ayons aussi à nous préparer à la possibilité d’une ou plusieurs séries [d’affrontements]. J’espère que nous n’aurons pas à en arriver là », a-t-il déclaré aux responsables de communautés locales situées à proximité de Gaza.

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