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Trump : les détenteurs d’otages américains payeront « cher » s’ils ne les libèrent pas

Dans son discours à la RNC, l'ex-président assure que le 7 octobre n'aurait pas eu lieu sous son mandat, que le scrutin de 2020 lui a été volée et que Biden a hérité d'un "monde de paix"

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le candidat républicain à la présidence et ancien président, Donald Trump, s'exprime lors de la dernière journée de la Convention nationale républicaine, le jeudi 18 juillet 2024, à Milwaukee. (Crédit : AP Photo/Jae C. Hong)
Le candidat républicain à la présidence et ancien président, Donald Trump, s'exprime lors de la dernière journée de la Convention nationale républicaine, le jeudi 18 juillet 2024, à Milwaukee. (Crédit : AP Photo/Jae C. Hong)

MILWAUKEE – Le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump a averti les pays détenant des otages américains qu’ils devraient payer « très cher » si ces derniers n’étaient pas libérés, lors de son discours d’acceptation de son investiture à la présidence du Parti républicain, jeudi à la Convention nationale républicaine (RNC).

« Je le dis au monde entier : nous voulons récupérer nos otages, et ils ont intérêt à être de retour avant que je ne prenne mes fonctions, sinon vous en payerez le prix fort », a averti Trump dans son discours.

Trump n’a pas précisé de quels otages il s’agissait.

Plus de 60 Américains sont actuellement retenus en otage ou détenus abusivement à travers le monde, dont huit qui sont aux mains du groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza. Ils figurent parmi les 251 otages enlevés lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste le 7 octobre, au cours duquel près de 1 200 personnes ont été tuées dans le sud d’Israël.

Les parents d’un otage à la double nationalité israélienne et américaine capturé lors de l’assaut meurtrier se sont adressés à la RNC mercredi soir.

Le discours de jeudi, le premier de Trump depuis la tentative d’assassinat dont il a fait l’objet le week-end dernier lors d’un rassemblement en Pennsylvanie, était l’un des plus longs discours de convention de l’histoire moderne, durant un peu moins de 93 minutes.

(De gauche à droite) L’ancien président des États-Unis et candidat républicain à la présidence en 2024 Donald Trump, l’ancienne Première dame Melania Trump, le sénateur américain de l’Ohio et candidat républicain à la vice-présidence en 2024 J.D. Vance et son épouse Usha Vance montent sur scène lors du dernier jour de la Convention nationale républicaine de 2024 au Fiserv Forum à Milwaukee, Wisconsin, le 18 juillet 2024. – Quelques jours après avoir survécu à une tentative d’assassinat, Donald Trump a obtenu l’investiture officielle en tant que candidat républicain à la présidence et a choisi le sénateur américain de l’Ohio J.D. Vance comme colistier. (Crédit : Patrick T. Fallon / AFP)

Trump a réitéré plusieurs informations mensongères, dont celle selon laquelle le scrutin de 2020 avait été faussé, et que son adversaire avait « hérité d’un monde de paix » et que les taux de criminalité étaient en hausse, alors qu’ils sont plus bas qu’à sa sortie de fonction.

Fin des crises mondiales

Trump a réaffirmé que s’il avait été président, le pogrom du Hamas du 7 octobre n’aurait pas eu lieu.

Il a promis de « mettre fin à toutes les crises internationales que l’administration actuelle a créées, y compris l’horrible guerre avec la Russie et l’Ukraine – qui n’aurait jamais eu lieu si j’avais été Président – et la guerre déclenchée par l’attaque contre Israël, qui n’aurait jamais eu lieu si j’avais été président ».

« L’Iran était en faillite. L’Iran n’avait pas d’argent. Aujourd’hui, l’Iran a 250 milliards de dollars. Ils ont réussi à les gagner ces deux dernières années et demie », a-t-il ajouté, précisant que l’administration Biden avait allégé les sanctions contre Téhéran.

Des ballons tombent alors que l’ancien président des États-Unis et candidat républicain à l’élection présidentielle de 2024, Donald Trump, l’ancienne Première dame Melania Trump et sa famille se tiennent sur la scène après qu’il a accepté l’investiture de son parti le dernier jour de la Convention nationale républicaine de 2024 au Fiserv Forum à Milwaukee, Wisconsin, le 18 juillet 2024. – Donald Trump sera accueilli en héros jeudi lorsqu’il acceptera l’investiture du Parti républicain pour se présenter à l’élection présidentielle américaine, dans un discours qui clôturera une convention dominée par la récente tentative d’assassinat dont il a fait l’objet. (Crédit : Jim WATSON / AFP)

« J’ai dit à la Chine et à d’autres pays : si vous achetez à l’Iran, nous ne vous laisserons pas faire des affaires ici [aux États-Unis]. »

Il a réitéré sa version des faits selon laquelle l’Iran était sur le point d’accepter de négocier un nouvel accord visant à limiter plus strictement son programme nucléaire quand Trump a perdu les élections de 2020.

Le candidat républicain à la présidence et ancien président, Donald Trump, s’exprime lors de la dernière journée de la Convention nationale républicaine, le jeudi 18 juillet 2024, à Milwaukee. (Crédit : Paul Sancya/AP)

« L’Iran était sur le point de conclure un accord avec nous, puis nous avons eu ce résultat horrible, horrible, que nous ne laisserons plus jamais se reproduire », a affirmé l’ancien Président.

« Aujourd’hui, l’Iran est très proche de posséder l’arme nucléaire, ce qui ne serait jamais arrivé. »

Depuis l’effondrement de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec les puissances mondiales, à la suite du retrait unilatéral de Trump de l’accord en 2018, Téhéran a poursuivi l’enrichissement nucléaire à un niveau juste inférieur à celui de l’armement.

Les puissances occidentales soulignent que cet enrichissement n’est pas justifié par des considérations civiles crédibles. L’Iran insiste sur le fait que ses objectifs sont entièrement pacifiques, mais ses responsables ont récemment annoncé que le pays pourrait modifier sa « doctrine nucléaire » s’il était attaqué ou si son existence était considérée comme menacée par Israël. Cette annonce a suscité l’inquiétude de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et des capitales occidentales.

Le candidat républicain à la présidence et ancien président, Donald Trump, et le candidat républicain à la vice-présidence, le sénateur JD Vance, observent avec leurs familles la chute des ballons lors de la dernière journée de la Convention nationale républicaine, le 18 juillet 2024, à Milwaukee. (Crédit : AP Photo/Nam Y. Huh)

Trump s’est réengagé à construire un système de défense antimissile de type « Dôme de fer » pour les États-Unis, similaire à celui dont dispose Israël.

« Israël a un Dôme de fer. Ils ont un système de défense antimissile. Trois cent quarante-deux missiles ont été tirés sur Israël, et un seul a réussi à passer légèrement au travers », a affirmé Trump en référence à l’attaque sans précédent de drones et de missiles menée par l’Iran contre Israël en avril.

« Pourquoi les autres pays auraient-ils ces capacités et pas nous ? Non, nous allons construire un Dôme de fer au-dessus de notre pays et nous allons faire en sorte que rien ne puisse atteindre notre peuple », a-t-il ajouté.

La menace que Trump tente de contrer n’est toutefois pas très claire, car le Dôme de fer n’est capable d’intercepter que des roquettes à courte portée, une menace qui n’existe pas aux frontières des États-Unis.

Un garçon montant un âne près d’une batterie du système de défense anti-missile « Dôme de fer », dans un village bédouin non reconnu dans le sud du Néguev, le 14 avril 2024. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Comment il a survécu à un assassinat

Trump a également raconté comment il avait survécu de justesse à la tentative d’assassinat, expliquant à un public enthousiaste, lors de son premier discours depuis l’attentat, qu’il n’était là que « par la grâce de Dieu tout-puissant ».

« J’ai entendu un bruit de sifflement et j’ai senti que quelque chose me frappait très, très fort à l’oreille droite », a-t-il expliqué à Milwaukee, un épais bandage recouvrant encore son oreille. Je me suis dit : « Wow, qu’est-ce que c’était ? Ça ne peut être qu’une balle ».

L’ancien président a adopté un ton inhabituellement conciliant pendant les premiers instants du discours, lorsqu’il a accepté officiellement la candidature du parti à l’élection présidentielle.

« Je suis candidat pour être le président de toute l’Amérique, pas de la moitié de l’Amérique, parce qu’il n’y a pas de victoire en remportant seulement la moitié de l’Amérique », a-t-il déclaré, dans un changement de ton marqué de la part de l’ancien président, habituellement belliqueux.

Il a rendu hommage à Corey Comperatore, le pompier qui a été tué lors de la tentative d’assassinat, en embrassant le casque de son uniforme placé sur la scène.

L’ancien Président américain et candidat républicain à l’élection présidentielle de 2024 Donald Trump embrasse un casque et une veste de pompier ayant appartenu à Corey Comperatore, tué lors d’un rassemblement où Trump a survécu à une tentative d’assassinat, au Fiserv Forum à Milwaukee, Wisconsin, le 18 juillet 2024. (Crédit : Kamil Krzaczynski / AFP)

Il a toutefois rapidement changé de discours pour s’en prendre à son rival Joe Biden, qui, selon lui, « détruit » le pays. Il a affirmé sans preuve que ses inculpations étaient le résultat d’un complot démocrate, a averti que le président démocrate provoquerait la « Troisième Guerre mondiale » et s’en est pris aux immigrants clandestins à la frontière sud, qu’il a qualifiés « d’envahisseurs ».

Comme il l’a fait tout au long de sa carrière politique, Donald Trump a revendiqué être le seul à pouvoir sauver le pays d’un désastre certain.

Le discours de Donald Trump constituait le point d’orgue et la conclusion du grand rassemblement républicain qui s’est tenu pendant quatre jours et qui a attiré des milliers de militants conservateurs et d’élus dans l’État du Wisconsin, où les électeurs sont confrontés à un choix entre deux candidats particulièrement peu appréciés.

L’équipe de campagne de Biden dénonce Trump pour son rôle le 6 janvier

« Donald Trump a radoté pendant plus d’une heure sans jamais mentionner le projet 2025 », a affirmé l’équipe de campagne Biden-Harris dans un communiqué, faisant référence à un ensemble de propositions politiques avancées par des militants conservateurs visant à consolider le pouvoir entre les mains de Trump s’il remportait l’élection.

Ils ont reproché à ce dernier de ne pas avoir mentionné son rôle ni dans l’annulation par la Cour suprême des États-Unis du droit à l’avortement protégé par la Constitution, ni dans les émeutes du Capitole du 6 janvier 2021, pas plus que dans les politiques qui ont « détruit notre économie ».

« Le président [Joe] Biden se présente avec une vision différente. Il se présente pour une Amérique où nous défendons la démocratie, pas une Amérique où nous la détruisons », a souligné l’équipe Biden.

Le Président américain Joe Biden descend d’Air Force One à son arrivée à la base aérienne de Dover, dans le Delaware, le 17 juillet 2024. (Crédit : Kent Nishimura/AFP)

La liste des intervenants à la RNC reflétait le passé de star de la télé-réalité du candidat : parmi les orateurs des heures de grande écoute figuraient Dana White, responsable des arts martiaux mixtes, Kid Rock, rappeur et chanteur, et Hulk Hogan, lutteur professionnel, qui a enflammé la foule en arrachant son haut pour révéler une chemise rouge sans manches de la campagne Trump.

L’entrée de Trump était digne d’une star de la télévision ou d’un lutteur professionnel : un écran s’est lentement levé pour révéler Trump debout devant de gigantesques spots disposés de manière à former son nom de famille, suivi d’une image de la Maison Blanche projetée derrière lui.

De son côté, le président américain Joe Biden, qui devrait affronter Trump le 5 novembre, « réfléchissait » à la possibilité de se retirer complètement de la course, selon une source, après que des personnalités du parti, des alliés du Congrès et des donateurs importants lui ont signifié qu’il ne pourrait plus remporter la victoire après sa piètre performance au débat du 27 juin.

Biden, 81 ans, s’est isolé dans sa maison du Delaware après avoir contracté le COVID. Selon son médecin, il présentait des symptômes bénins.

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