Trump nomme Nikki Haley, ambassadrice à l’ONU
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Trump nomme Nikki Haley, ambassadrice à l’ONU

Il s'agit d'une une jeune gouverneure d'origine indienne de Caroline du Sud connue pour ses talents de négociatrice - la première femme de son équipe

Nikki Haley en 2014 (Crédit : Official South Carolina Governor's Office par Sam Holland)
Nikki Haley en 2014 (Crédit : Official South Carolina Governor's Office par Sam Holland)

Le président élu des Etats-Unis Donald Trump a nommé mercredi Nikki Haley, une jeune gouverneure d’origine indienne, au poste stratégique d’ambassadrice aux Nations unies, insufflant une dose de diversité à son équipe en cours de formation.

Nikki Haley, gouverneure républicaine de Caroline du Sud (sud-est), est la première femme à rejoindre l’équipe du nouveau président, qui prendra ses fonctions le 20 janvier. Signe politique fort, elle avait critiqué avec virulence le candidat Trump et avait pris position lors de la primaire du parti républicain pour l’un de ses rivaux, Marco Rubio.

La future représentante des Etats-Unis à l’ONU, dont la nomination devra être approuvée par le Sénat, n’a pas d’expérience des questions internationales. Mais elle est « une négociatrice reconnue et nous avons l’intention de négocier plein d’accords », a assuré le président élu dans un communiqué diffusé par ses services.

« En tant que gouverneure elle a mené sept missions commerciales à l’étranger et a réussi à attirer des emplois et des investissements grâce à des négociations avec des entreprises étrangères », affirme l’équipe Trump.

Nikki Haley, 44 ans, est issue d’une famille sikh. Elle est la plus jeune gouverneure du pays. Son nom avait aussi été cité comme possible secrétaire d’Etat.

« Notre pays doit faire face à d’énormes défis, au niveau intérieur et international, et je suis honorée que le président élu m’ait demandé de rejoindre son équipe et de servir le pays que nous aimons en tant que prochaine ambassadrice aux Nations unies », a réagi Mme Haley, qui succédera à Samantha Power, ambassadrice américaine à l’ONU depuis 2013.

Samantha Power (Crédit : domaine public)
Samantha Power (Crédit : domaine public)

Drapeau confédéré

Donald Trump n’avait nommé jusqu’à présent dans son équipe que des hommes blancs d’un certain âge. La plupart d’entre eux sont des responsables très marqués à droite, adeptes d’une ligne dure sur des questions telles que l’immigration ou la lutte contre le fondamentalisme islamiste.

Parmi eux, Jeff Sessions, ministre de la Justice, l’ex-général Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale, et le très controversé Steve Bannon, conseiller en stratégie et personnalité classée à l’extrême droite.

« Je ne vais pas prétendre que j’ai toujours été la première supportrice du président élu, mais j’ai voté pour lui et j’ai été absolument ravie de le voir gagner », avouait récemment Nikki Haley.

Dans le sens des aiguilles d'une montre, en partant du coin supérieur gauche : Mike Pompeo, Michael Flynn, Donald Trump et Jeff Sessions. (Crédit : Pompeo - Win McNamee/Getty Images ; Flynn - Alex Wong/Getty Images ; Trump - Chip Somodevilla/Getty Images ; Sessions - Jeff Swensen/Getty Images)
Dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant du coin supérieur gauche : Mike Pompeo, Michael Flynn, Donald Trump et Jeff Sessions. (Crédit : Pompeo – Win McNamee/Getty Images ; Flynn – Alex Wong/Getty Images ; Trump – Chip Somodevilla/Getty Images ; Sessions – Jeff Swensen/Getty Images)

Aux Etats-Unis, l’ambassadeur à l’ONU est membre de l’administration et donc l’un des principaux collaborateurs du président.

Nikki Haley avait accédé à une certaine notoriété quand, en tant que gouverneure de Caroline du Sud (sud-est), elle avait fait décrocher en juillet 2015 le drapeau confédéré, symbole ségrégationniste au yeux de beaucoup, qui flottait depuis des années devant le bâtiment du Parlement à Columbia, capitale de l’Etat.

A l’ONU, où les Etats-Unis disposent d’un droit de veto en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, elle devra suivre le développement des crises en Syrie et en Ukraine notamment, des dossiers sur lesquels Donald Trump a affirmé vouloir davantage de coopération avec la Russie.

Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, a salué mercredi la nomination de Nikki Haley, déclarant qu’elle était une amie « véritable et de longue date d’Israël », et qu’elle avait ouvertement combattu le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre l’Etat juif, à la fois dans son état et dans le reste du pays.

« Je sais que, à la mission israélienne, nous continuerons à travailler en coopération totale avec nos amis de la mission américaine, alors que nous renforcerons encore la relation spéciale et les valeurs partagées entre Israël et les Etats-Unis », a déclaré Dannon.

Le président élu a quitté New York mardi après-midi pour aller passer le long week-end de la fête de Thanksgiving dans son golf de Mar-a-Lago, à Palm Beach (Floride).

‘Une perspective différente’

C’est dans cette luxueuse villégiature qu’il doit peaufiner la constitution de son équipe et pourvoir trois postes-clés: le secrétaire d’Etat (chef de la diplomatie), le secrétaire à la Défense et le secrétaire au Trésor.

Selon les médias américains, Mitt Romney, ancien candidat à la présidentielle en 2012 et violent contempteur de Donald Trump, reste en course pour se voir confier les affaires étrangères. La nomination de ce modéré, qui a rencontré longuement le président élu samedi dernier, serait un signal d’apaisement en direction du parti républicain et des partenaires de l’Amérique.

Le général James Mattis, qui a récemment déclaré que les implantations israéliennes créent un apartheid, est toujours le favori pour la Défense tandis de Steve Mnuchin, ancien banquier chez Goldman Sachs, pourrait prendre en charge le Trésor.

Le président élu Donald Trump (à gauche) et James Mattis, général retraité du Corps des Marines et favori pour le poste de secrétaire à la Défense, à Bedminster, dans le New Jersey, le 19 novembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)
Le président élu Donald Trump (à gauche) et James Mattis, général retraité du Corps des Marines et favori pour le poste de secrétaire à la Défense, à Bedminster, dans le New Jersey, le 19 novembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Avant de gagner la Floride, Donald Trump a accordé mardi un long entretien au New York Times au cours duquel il a notamment adouci sa position sur le réchauffement climatique, entrouvrant la porte à un maintien des engagements des Etats-Unis sur ce sujet.

Le président élu a aussi changé d’avis sur ses projets de rétablir la torture ou de faire poursuivre en justice sa rivale Hillary Clinton.

Donald Trump a survolé la question du conflit syrien et assuré avoir « une perspective différente de tout le monde », sans dire en quoi elle consistait.

Il s’est montré passionné sur le conflit israélo-palestinien, rêvant d’être « celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens », après avoir provoqué la colère des Palestiniens en proposant pendant sa campagne de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

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