Trump soutient le profilage racial en citant les “succès” d’Israël
Pour le candidat républicain, le “bon sens” bat le “politiquement correct” dans la recherche de sécurité ; Katz d'accord avec Trump

Donald Trump a déclaré dimanche être ouvert au profilage racial afin de lutter contre les attaques d’inspiration jihadiste, citant Israël comme exemple de succès de cette pratique controversée.
A l’ère du terrorisme internationale, c’est une question de choisir le « bon sens » sur le « politiquement correct », a déclaré le candidat probable des Républicains à la présidentielle, pendant un entretien diffusé dimanche sur CBS.
Ses remarques s’inséraient dans le cadre d’une discussion sur le massacre du club d’Orlando, par le tireur Omar Mateen, qui était musulman, et sur les remarques passées de Trump disant que s’il était élu président en novembre, il placerait « respectueusement » les mosquées sous surveillance.
Les afro-américains, les latinos, les musulmans et d’autres minorités des Etats-Unis se sont amèrement plaints pendant des décennies de cette pratique, dans laquelle la police utilise la race, la religion, l’origine ou l’ethnicité d’un individu comme bases pour la suspecter de commettre un crime.
Il a été directement demandé à Trump s’il parlait de la hausse du profilage des musulmans aux Etats-Unis.
« Eh bien, je pense que le profilage est quelque chose à laquelle nous allons devoir commencer à penser en tant que pays », a déclaré Trump, qui s’était félicité il y a une semaine d’avoir « eu raison sur le terrorisme islamique » juste après l’attentat sanglant d’Orlando.
« D’autres pays le font, regardez Israël, regardez d’autres, ils le font, et ils le font avec succès. Et je hais le concept de profilage, mais nous devons commencer à faire preuve de bon sens, et nous devons utiliser nos têtes », a-t-il ajouté. « Ce n’est pas la pire des choses à faire. »
Trump faisait probablement référence aux mesures de sécurité israéliennes, notamment à l’aéroport international Ben-Gurion. Lui qui ne rate jamais une occasion de dépeindre la France comme un pays aux autorités impuissantes face à la radicalisation islamique issue des vagues migratoires, a pour une fois cité en exemple la politique française. On l’interrogeait précisément sur comment il envisagerait de « contrôler avec respect les mosquées ».
« Ils le font en France. D’ailleurs, dans certains cas, ils ferment des mosquées. Les gens ne veulent pas en parler, les gens n’en parlent pas, mais dans les faits ils ferment des mosquées », a affirmé Trump.
Dans le cadre de l’état d’urgence décrété après les attentats du 13 novembre 2015, le ministère français de l’Intérieur a pris des arrêtés de fermeture d’un nombre très restreint de mosquées, pour motif de radicalisation. Contrairement à ce qu’affirme Trump, ces fermetures ont été annoncées publiquement par le ministre Bernard Cazeneuve.
Trump s’est déjà aliéné beaucoup de personnes aux Etats-Unis en demandant une interdiction d’entrée sur le territoire pour les musulmans, et en déclarant que le Mexique envoie ses violeurs et ses vendeurs de drogues aux Etats-Unis.
« Il existe parfois un certain type de terrorisme, comme le terrorisme islamiste. Il n’est possible de le déceler que parmi les musulmans », a déclaré le ministre des Transports et des Renseignements Yisraël Katz aux journalistes.
Les services de renseignement « doivent déterminer d’où viennent les dangers et les localiser », a-t-il ajouté.







