Tsahal prépare une nouvelle opération à Gaza pour désarmer le Hamas par la force
Des plans sont en cours d'élaboration pour une opération à grande échelle, le groupe terroriste étant peu susceptible de rendre les armes autrement ; la destruction des tunnels se poursuit

Shejaiya, bande de Gaza — Quatre mois après le cessez-le-feu conclu avec le Hamas, l’armée israélienne se prépare à lancer une nouvelle campagne militaire dans la bande de Gaza afin de désarmer le groupe terroriste palestinien par la force, d’après les informations recueillies par le Times of Israel.
Le plan de cessez-le-feu négocié par les États-Unis en octobre prévoit la démilitarisation de la bande de Gaza, y compris le désarmement du Hamas, ainsi que le retrait progressif des troupes israéliennes. Cependant, la mise en œuvre de ce plan reste floue, les responsables israéliens étant de plus en plus convaincus qu’il sera impossible de désarmer le groupe terroriste sans l’intervention de Tsahal.
Si les hostilités reprennent, les combats risquent d’être plus intenses et plus étendus que lors des précédentes vagues, car les troupes israéliennes ne seront plus freinées par la présence d’otages sur le sol gazaoui.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump ont tous deux insisté pour que le groupe terroriste rende ses armes rapidement. Trump a affirmé de manière répétée que le Hamas avait « promis » de déposer les armes et l’a menacé si ce n’était pas le cas.
Cependant, du moins publiquement, le Hamas n’a jamais accepté de déposer les armes.
Israël estime également que si rien n’est fait, le groupe terroriste restera au pouvoir dans la bande de Gaza et tentera de reconstruire son arsenal tout en renforçant son emprise sur les zones sous son contrôle. Au début du mois, l’armée a déclaré que, depuis le début du cessez-le-feu, le Hamas « violait l’accord et concentrait ses efforts sur le rétablissement de ses capacités armées ».
déployées à Gaza-City, le 11 octobre 2025. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)
Le mois dernier, un haut responsable de l’establishment de la sécurité israélien a déclaré qu’il devient de plus en plus probable que Tsahal se voit contraint d’intervenir militairement pour désarmer le Hamas, car l’armée estime que le groupe terroriste palestinien ne le fera pas de son propre chef.
Selon ce responsable, l’objectif serait réalisable par la force, mais nécessiterait probablement de nombreuses années.
Ces dernières semaines, le Commandement du Sud a élaboré des plans pour une série d’opérations potentielles dans la bande de Gaza au cas où les dirigeants politiques ordonneraient à Tsahal de désarmer le Hamas par la force, a appris le Times of Israel.
Faisant allusion aux plans offensifs de l’armée, le ministre de la Défense, Israel Katz, a assuré ce mois-ci qu’Israël était « déterminé » à désarmer le Hamas, menaçant de « détruire » le groupe terroriste s’il n’acceptait pas de déposer les armes.
« Après avoir atteint notre objectif de ramener tous nos otages, nous sommes déterminés à achever le désarmement du Hamas et la démilitarisation complète de Gaza », a déclaré Katz.
« Si le Hamas ne désarme pas conformément au cadre convenu, nous le démantèlerons et détruirons toutes ses capacités. »
Une telle opération visant à désarmer le Hamas, si elle devait avoir lieu, pourrait être bien plus intense que les opérations menées par l’armée israélienne dans la bande de Gaza au cours des deux années de guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Tout au long du conflit, Tsahal a souligné avoir planifié ses opérations dans l’enclave en tenant compte de la présence d’otages, même si certains d’entre eux ont tout de même été victimes d’actions israéliennes.
L’armée israélienne devrait également intervenir dans des zones de l’enclave où les troupes au sol n’ont pas encore pénétré depuis le début de la guerre, notamment à Deir al-Balah, au centre de la bande de Gaza, et dans la région de Mawasi, sur la côte sud.
Tsahal n’a pas mené d’opérations dans ces zones, principalement en raison du risque potentiel pour les otages, mais aussi en raison de la forte concentration de Gazaouis qui s’y trouvaient après les ordres d’évacuation israéliens dans d’autres zones de l’enclave.
Cependant, Israël pourrait encore être contraint par l’administration Trump, qui a fait du cessez-le-feu à Gaza un élément central de son initiative « Conseil de Paix ». Toute reprise des combats à grande échelle pourrait en effet bouleverser le plan de Trump pour Gaza et menacer le soutien de ses partisans internationaux.
En octobre, Trump a indiqué qu’il autoriserait Israël à reprendre les combats à Gaza si le Hamas ne respectait pas les termes de l’accord concernant les otages.
Cependant, avec le retour de tous les otages, on ignore si le président américain maintient cette position et s’il autoriserait une offensive à grande échelle contre le groupe terroriste.
Tenir la Ligne jaune
Tant que le Hamas ne déposera pas les armes, Israël ne prévoit pas de retirer ses troupes de la bande de Gaza ni d’approuver les efforts de reconstruction de ce territoire ravagé par la guerre, ce qui laisse l’accord de cessez-le-feu dans l’incertitude.
Tsahal contrôle actuellement 53 % de la bande de Gaza, tandis que la plupart des quelque 2 millions de Gazaouis se trouvent dans les 47 % restants de l’enclave, sous le contrôle du Hamas.
Lors d’une visite lundi dans un avant-poste militaire situé dans le quartier de Shejaiya, à Gaza-City, des commandants ont expliqué au Times of Israel que le Hamas continuait de tester Tsahal en envoyant des terroristes de l’autre côté de la ligne de cessez-le-feu pour attaquer ses troupes.
Depuis le début du cessez-le-feu en octobre, l’armée a déclaré avoir éliminé des dizaines de terroristes et autres suspects qui avaient franchi la « Ligne jaune » – délimitant la zone où les troupes se sont retirées dans la bande de Gaza – et s’étaient approchés des soldats. De tels faits se produisent presque quotidiennement.
La semaine dernière, un officier réserviste a été grièvement blessé par des tirs de terroristes visant des soldats opérant près de la Ligne jaune à Shejaiya. En réponse, l’armée a lancé une série de frappes aériennes contre le Hamas.
« Personne n’est autorisé à franchir la Ligne jaune. Quiconque la franchit est détruit ou éliminé sur-le-champ », a déclaré lundi un commandant de bataillon de la brigade du Corps d’Infanterie de réserve Alexandroni lors d’une visite.
Les forces de réserve stationnées à l’avant-poste semblaient relativement détendues, malgré l’attaque perpétrée récemment par des terroristes qui a blessé l’un de leurs commandants de compagnie. Cependant, ces attaques, y compris celle de la semaine dernière, ont eu lieu lors d’opérations menées par des troupes plus proches de la Ligne jaune, et non à l’avant-poste situé à plusieurs centaines de mètres à l’est de la ligne de cessez-le-feu.
Un vaste paysage de décombres s’étendait jusqu’à Gaza-City, et plus loin dans la bande de Gaza, on pouvait voir des structures partiellement effondrées mais toujours debout.
La Ligne jaune, marquée par des blocs de béton jaune vif disposés dans le paysage urbain dévasté, n’était pas visible à l’œil nu en raison du temps couvert.
Selon le commandant, le groupe terroriste du Hamas avait forcé des civils à franchir la ligne afin de tester la réaction israélienne.
« Maintenant, le Hamas sait que nous ne tirons pas sur les femmes et les enfants, et que même les personnes non armées, si elles ne représentent aucune menace, ne mourront pas. Il essaie donc d’en profiter. », a-t-il déclaré.
« Tout terroriste qui franchit la Ligne jaune mourra. Allons-nous tuer des enfants ? Bien sûr que non. Mais personne ne franchit la Ligne jaune sans raison. »
Dans la partie de la bande de Gaza contrôlée par Tsahal, les militaires poursuivaient la destruction des tunnels du Hamas, une tâche que certains soldats qualifiaient « d’interminable ».
L’armée estime qu’au moins 60 % des tunnels du Hamas sont encore intacts, mais ce chiffre pourrait être plus élevé, car l’armée ignore combien de passages souterrains il lui reste à découvrir.
« Nous avons des lignes de défense le long desquelles nous sommes déployés », a déclaré le commandant du bataillon, ajoutant qu’il n’était « pas inquiet » du fait que « la plupart » des tunnels du Hamas subsistent.
« Nous sommes ici, sur les lignes de défense, pour surveiller toute personne qui avance au sol ou sous terre », a-t-il ajouté.
« Nous avons plusieurs lignes de défense destinées à empêcher tout franchissement de la barrière [de sécurité], tout franchissement de cette ligne d’avant-postes. »
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