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« Nous n’avons jamais accepté de rendre les armes », dit un officiel du Hamas

"Personne ne nous en a parlé directement", a affirmé Mousa Abu Marzouk lors d'un entretien avec Al-Jazeera ; Le plan de Trump pour Gaza stipule que l'arsenal du groupe terroriste doit être démantelé

Moussa Abu Marzouk, membre du bureau politique du Hamas, au premier plan, assiste aux funérailles de Saleh Arouri, à Beyrouth, au Liban, le 4 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)
Moussa Abu Marzouk, membre du bureau politique du Hamas, au premier plan, assiste aux funérailles de Saleh Arouri, à Beyrouth, au Liban, le 4 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Le Hamas n’a jamais accepté de désarmer, a affirmé jeudi Mousa Abu Marzouk, un haut responsable du Hamas, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump insistent pour que le groupe terroriste rende ses armements dans un avenir proche. Il sème ainsi le doute sur la volonté du groupe terroriste de satisfaire à une exigence clé des États-Unis et d’Israël inscrite dans le plan américain pour l’après-guerre à Gaza.

Lors d’un entretien accordé à Al Jazeera, Abu Marzouk a dit que « nous n’avons pas encore discuté de la question des armes, personne ne nous en a parlé directement. Nous n’avons pas discuté de cette question avec la partie américaine, ni avec les médiateurs et nous ne pouvons donc pas évoquer maintenant ce que cela signifie ou l’objectif qui est recherché ».

Il a ajouté que le Hamas n’a « jamais accepté de remettre ses armes ; nous n’avons pas discuté de la remise des armes ne serait-ce qu’un seul instant et nous n’avons discuté d’aucune formule concernant leur destruction, leur remise ou leur désarmement ».

Si Israël, les États-Unis et l’Occident n’ont pas réussi à désarmer le Hamas après deux ans de guerre, « comment pourraient-ils y parvenir par la négociation ? », a-t-il continué.

Des hommes armés du Hamas gardent une zone où ils recherchent les corps d’otages avec l’aide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Gaza, le 3 novembre 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

Son récit contredit celui de Steve Witkoff, envoyé spécial de Donald Trump, qui a déclaré que des hauts responsables du Hamas lui avaient fait part, ainsi qu’à Jared Kushner, autre conseiller de Donald Trump, quelques heures avant la signature du cessez-le-feu en octobre, du souhait du groupe terroriste de déposer les armes.

Le Hamas n’a jamais publiquement accepté de déposer les armes

Le Hamas n’a en effet jamais accepté ouvertement de désarmer.

Le plan en 20 points de Trump pour Gaza stipule explicitement que le Hamas doit rendre toutes ses armes – mais la déclaration dans laquelle le Hamas approuvait le plan, une déclaration qui avait été rendue publique le 3 octobre, ne mentionnait pas directement le désarmement, même si elle contenait des conditions importantes. Elle indiquait que « les autres sujets mentionnés dans la proposition du président Trump » – un euphémisme pour désigner ce désarmement – seraient « discutés dans un cadre national palestinien global ».

Le Hamas, Israël et les pays médiateurs avaient signé un autre document d’une page à Charm el-Cheik, à la veille du début du cessez-le-feu, mais ce dernier était uniquement consacré à la mise en place de la première phase du programme de Trump, se focalisant avant tout sur les échanges otages contre prisonniers. Le désarmement du groupe terroriste est quant à lui envisagé dans le cadre de la deuxième phase.

A LIRE : L’avenir de Gaza repose sur 3 documents contradictoires et des promesses fragiles

Abu Marzouk a noté qu’à la table des négociations, « nous discuterons des armes qui seront retirées, de ce qui sera rendu et de la manière dont elles seront déposées ».

La deuxième phase, qui a officiellement débuté après la récupération cette semaine du corps de Ran Gvili, le dernier Israélien tué pris en otage dans la bande de Gaza, prévoit le transfert de la gouvernance quotidienne de Gaza du Hamas au nouveau Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG).

Ce comité technocratique composé de 12 membres est présidé par l’ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne, Ali Shaath. Plusieurs autres instances superviseront Gaza sous l’égide du Conseil de paix, un groupe de dirigeants mondiaux inauguré par Trump la semaine dernière.

Le Hamas reste la force dirigeante à Gaza, souligne Abu Marzouk

Selon les responsables de la défense israéliens, le Hamas, qui contrôle actuellement un peu moins de la moitié de la bande de Gaza, cédera bientôt officiellement le pouvoir au NCAG. Un responsable israélien de la sécurité a toutefois déclaré jeudi que, dans les faits, le groupe terroriste continuera à être aux commandes de cette partie de l’enclave, du moins à court terme.

Abu Marzouk a aussi souligné que c’était le Hamas qui est à la tête de Gaza.

« Le mouvement (Hamas) a rétabli l’ordre dans la bande de Gaza afin de servir le peuple palestinien et de préserver sa sécurité », a-t-il ainsi affirmé à la chaîne qatarie.

Il a laissé entendre que le Hamas disposait d’un droit de veto sur le NCAG, le nouveau comité technocratique qui a été établi pour administrer Gaza, soulignant que personne ne pouvait entrer à Gaza sans le consentement du Hamas. Dans le même temps, il a affirmé que le Hamas facilitera le travail du comité et qu’il « assurera la sécurité ».

Des Palestiniens assis au milieu de bâtiments fortement endommagés à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 27 janvier 2026. (Crédit : Bashar Taleb / AFP)

Ces commentaires font suite aux propos tenus mardi par Netanyahu lors d’une conférence de presse, selon lesquels le désarmement du Hamas doit précéder la reconstruction de la bande de Gaza ravagée par la guerre.

« Comme je l’ai convenu avec le président Trump… il n’y a que deux possibilités : cela se fera de la manière facile ou de la manière difficile. Mais cela se fera, dans tous les cas », a affirmé Netanyahu à propos du désarmement, utilisant une formulation qu’il avait déjà employée auparavant et rappelant la nécessité de démilitariser Gaza avant que la reconstruction ne puisse commencer.

Lundi, après que les forces israéliennes ont ramené le corps sans vie de Gvili, Trump a déclaré : « Nous devons maintenant désarmer le Hamas, ainsi qu’ils l’ont promis. »

Cette semaine, un responsable américain, s’adressant aux journalistes, a réaffirmé la position de l’administration Trump aux termes de laquelle les agents gazaouis qui accepteront de rendre leurs armes bénéficieront d’une amnistie.

« Ils ont signé un accord… Mais s’ils décident de jouer au chat et à la souris, alors il est évident que le président Trump prendra d’autres mesures », a-t-il ajouté.

Le président américain Donald Trump (à droite) serrant la main du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse conjointe, à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP)

La guerre à Gaza a débuté le 7 octobre 2023, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont envahi le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes, principalement des civils, et prenant 251 otages. Le 10 octobre 2025, un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur, mettant un terme à la plupart des combats et mettant en oeuvre un échange d’otages contre des prisonniers.

La crise des otages a pris fin le 26 janvier 2026, avec la récupération du corps de Gvili. Son retour marque la première fois, depuis le 20 juillet 2014, qu’aucun Israélien, vivant ou mort, n’est retenu en otage dans la bande de Gaza.

Emanuel Fabian et Jacob Magid ont contribué à cet article.

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