Tsahal s’apprête à s’emparer du bastion historique du Hezbollah à Bint Jbeil
L'armée estime avoir éliminé plus de 100 terroristes lors des combats dans la ville du sud-Liban ; selon un responsable, il faudra encore plusieurs jours pour mener à bien l'opération
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’armée israélienne a presque achevé la prise du bastion du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah à Bint Jbeil, dans le sud du Liban, éliminant plus d’une centaine de terroristes au cours de l’opération, a déclaré Tsahal lundi.
Considérée comme un symbole du pouvoir du Hezbollah, Bint Jbeil est encerclée par l’armée israélienne depuis plusieurs semaines. Celle-ci cherche à établir une zone tampon dans le sud du Liban, le groupe terroriste chiite libanais ayant rompu le cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, en soutien à Téhéran.
Lors de la Deuxième Guerre du Liban, en 2006, Tsahal avait affronté le Hezbollah dans cette ville, sans toutefois parvenir à en prendre le contrôle total. En mai 2000, après le retrait de l’armée israélienne du sud du Liban à l’issue d’une présence de 18 ans, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah de l’époque, avait prononcé un discours de victoire à Bint Jbeil, qualifiant Israël de « plus faible qu’une toile d’araignée ».
L’opération à Bint Jbeil est menée par la 98ᵉ division, avec ses brigades de parachutistes et de commandos, ainsi que par la brigade Givati du Corps d’Infanterie.
Tsahal a expliqué avoir d’abord isolé et encerclé la ville afin d’empêcher le Hezbollah d’acheminer des renforts ou de prendre la fuite.
Selon les estimations de l’armée, au moins 150 terroristes du Hezbollah, dont des membres de la force d’élite Radwan, se trouvaient dans la région de Bint Jbeil avant le début de l’opération.
La 98ᵉ division a également mené plusieurs opérations commandos pour sécuriser la ville, a indiqué un responsable militaire.
« La semaine dernière, les troupes ont achevé l’encerclement et lancé une offensive dans la ville de Bint Jbeil », a déclaré Tsahal dans un communiqué publié lundi.
« Les troupes ont éliminé plus de 100 terroristes de l’organisation terroriste du Hezbollah lors de combats rapprochés et depuis les airs, détruit des dizaines d’infrastructures terroristes et localisé des centaines d’armes dans la région », ajoute le communiqué.
Au cours de l’opération, l’armée s’est emparée du stade de Bint Jbeil, où Nasrallah avait prononcé son tristement célèbre discours de victoire après le retrait de Tsahal du sud du Liban.
« Bint Jbeil 2000 : Il y avait ici quelqu’un qui parlait et se vantait de toiles et d’araignées. Aujourd’hui, cet individu n’existe plus, le stade a disparu et ses paroles ne valent plus rien », a écrit lundi le commandant de la 98ᵉ division, le général de brigade Guy Levy, dans une missive adressée aux troupes.
« Bint Jbeil 2026 : Nos troupes contrôlent la zone, détruisant les infrastructures terroristes et éliminant des dizaines de terroristes », a-t-il ajouté.
Depuis le début de ses opérations à Bint Jbeil, l’armée n’a détecté aucun tir de roquette en provenance de la ville vers Israël. Les troupes de Tsahal ont toutefois essuyé des tirs du Hezbollah en provenance de Bint Jbeil, même si le responsable militaire a indiqué que la fréquence de ces attaques était en baisse.
Selon l’armée, plusieurs soldats ont été blessés au cours des combats à Bint Jbeil. Dimanche, deux parachutistes ont été légèrement blessés lors d’une attaque à la roquette du Hezbollah dans la région.
Le responsable a estimé qu’il faudrait probablement encore quelques jours pour mener à bien les opérations à Bint Jbeil, au cours desquelles la division vise à neutraliser les quelques dizaines de terroristes encore présents et à localiser les infrastructures du Hezbollah.
Dimanche, l’agence de presse officielle libanaise a fait état « d’affrontements violents » entre Tsahal et le Hezbollah à Bint Jbeil, et a indiqué que les troupes israéliennes « tentaient toujours de s’infiltrer et de prendre le contrôle des quartiers restants ».
De son côté, le Hezbollah a déclaré dimanche avoir tiré des roquettes sur des soldats israéliens aux abords de la ville. La semaine dernière, le groupe terroriste avait indiqué avoir utilisé des armes légères et des RPG (lance-roquettes individuels) contre des soldats israéliens qui avançaient dans la ville.
Au cours des opérations à Bint Jbeil, l’armée a annoncé dimanche avoir mené un raid contre un hôpital de la ville où des terroristes du Hezbollah s’étaient retranchés, éliminant une vingtaine d’entre eux et saisissant des armes.
Le ministère libanais de la Santé affirme que les attaques israéliennes ont fait plus de 1 800 morts depuis le début de l’escalade des hostilités, le 2 mars, un bilan qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils. Selon les chiffres publiés vendredi par Tsahal, plus de 1 400 terroristes du Hezbollah ont été éliminés au cours de la même période.
Douze soldats de l’armée israélienne ont été tués dans le sud du Liban lors de la reprise des combats contre le Hezbollah ; deux civils ont été tués par des roquettes du groupe terroriste ; et un civil israélien a été tué par erreur dans le nord, lors d’un bombardement d’artillerie israélien.
L’opération visant à prendre le contrôle de Bint Jbeil intervient alors que la première rencontre directe entre Israël et le Liban, dans le cadre des négociations attendues, doit avoir lieu mardi à Washington.
Ces pourparlers, qui se tiendront au département d’État américain, interviennent alors que la Maison Blanche s’alarme de l’ampleur des frappes israéliennes massives au Liban, qui ont suivi l’annonce du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, mercredi.
L’Iran exige que le Liban soit inclus dans le cessez-le-feu, ce que refuse catégoriquement Israël et le ministre des Affaires étrangères libanais, Youssef Raggi.
Dans une critique à l’encontre du régime iranien et de son proxy libanais, le Hezbollah, Raggi a déclaré avoir souligné que « l’État libanais est le seul habilité à négocier au nom du Liban », un message clair qui réaffirme le principe de souveraineté nationale au cœur de la diplomatie libanaise.
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