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Un accord de trêve possible ? Netanyahu dit que les demandes du Hamas restent « grotesques »

Le groupe terroriste a finalement dressé une liste de prisonniers qu'il souhaite voir libérés ; selon Netanyahu les pressions sur le Qatar commencent à porter leurs fruits

Des personnes visitent une installation de tunnel sur la place des Otages à Tel Aviv, le 14 mars 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des personnes visitent une installation de tunnel sur la place des Otages à Tel Aviv, le 14 mars 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a minimisé jeudi soir les espoirs de parvenir à un accord élusif avec le groupe terroriste palestinien du Hamas pour suspendre les combats à Gaza et libérer les otages, alors que la presse israélienne annonçait que les parties étaient sur le point de conclure un accord.

Une source anonyme a déclaré jeudi soir à la chaîne publique Kan que la réponse du Hamas à la position israélienne dans les négociations comprenait des demandes « raisonnables » et indiquait « qu’un accord pourrait être conclu ».

Quelques heures plus tard, un communiqué du bureau du Premier ministre a démenti ces informations, affirmant que l’organisation terroriste n’avait fait preuve d’aucune souplesse et qualifiant ses exigences de « grotesques ».

Les médiateurs du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis se démènent pour tenter de négocier un accord entre les parties belligérantes en vue d’une interruption de plusieurs semaines des combats à Gaza et de la libération d’une centaine d’otages et de dizaines de dépouilles d’otages retenus par le groupe dans l’enclave.

Les négociations semblaient être dans une impasse à la fin de la semaine dernière, lorsque le Hamas a exigé la fin de la guerre et le retrait de toutes les troupes israéliennes de Gaza, au lieu de la pause de six semaines et du retrait partiel déjà acceptés par Jérusalem.

Un diplomate arabe de haut rang a déclaré au Times of Israel en début de semaine que les pourparlers avaient progressé grâce à la forte pression exercée par la Qatar sur le Hamas pour qu’il assouplisse ses exigences, avertissant que ses dirigeants résidant à Doha seraient expulsés s’ils ne changeaient pas leur approche des négociations.

Selon les informations diffusées par Kan, les médiateurs qataris auraient transmis jeudi soir à l’équipe de négociation israélienne la réponse officielle du Hamas, qui, d’après une source au fait de la question, indiquerait une « évolution positive des pourparlers ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours par vidéo lors d’une conférence de l’AIPAC, le 12 mars 2024 (Crédit : Capture d’écran/GPO)

Un haut responsable israélien, cité par le site d’information Walla, a affirmé que la réponse du Hamas incluait pour la première fois le nombre de prisonniers de sécurité palestiniens qu’il souhaitait voir libérés en échange de la libération d’otages dans le cadre de la première étape de l’accord. Selon le diplomate arabe qui s’est adressé au ToI, la première étape, qui durerait six semaines, prévoit la libération d’une quarantaine d’otages féminins, âgés et blessés. Les soldats et tous les autres otages masculins seraient libérés au cours d’une deuxième phase, et une troisième phase verrait la restitution des dépouilles des otages morts.

Le responsable a précisé à Walla que les exigences du Hamas étaient encore trop élevées, mais qu’il y avait « matière à travailler ».

Le groupe avait initialement demandé la libération de toutes les femmes et de tous les mineurs palestiniens incarcérés par Israël pour des délits terroristes, ainsi qu’une liste de chefs terroristes de grande valeur responsables d’attentats à la bombe et d’autres attaques qui ont coûté la vie à des dizaines d’Israéliens.

Israël, qui a déjà accepté des accords disproportionnés pour obtenir la libération de prisonniers par le passé, se serait montré disposé à faire des compromis sur le nombre et l’identité des prisonniers qu’il pourrait accepter de libérer, tout en restant ferme sur sa demande que toute trêve resterait temporaire, et insistant sur le fait que la guerre se poursuivra jusqu’à ce que le Hamas soit anéanti.

Cette photo polycopiée fournie par le ministère iranien des Affaires étrangères le 13 février 2024 montre le ministre des Affaires étrangères iranien Hossein Amir Abdollahian (R) rencontrant le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, à Doha. (Crédit : ministère des Affaires étrangères iranien / AFP)

La guerre a éclaté le 7 octobre lorsque le Hamas a lancé des milliers de terroristes de Gaza sur le sud d’Israël, où ils se sont livrés à un carnage sans précédent, assassinant près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et en kidnappant 253 autres.

On estime qu’il reste une centaine d’otages à Gaza, ainsi que les corps de 32 personnes, après la libération de 105 d’entre eux lors d’une trêve à la fin du mois de novembre.

Les médiateurs internationaux tentent désespérément de parvenir à une pause dans les combats qui durent déjà depuis six mois et qui ont laissé la bande de Gaza en ruines, avec plus d’un million d’habitants déplacés, une faim endémique et une aide humanitaire vitale qui peine à parvenir aux civils pour diverses raisons. Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, affirme que plus de 31 000 personnes ont été tuées, mais il ne distingue pas les civils des terroristes. Il est, en outre, impossible de vérifier ces chiffres de manière indépendante.

Des personnes vérifient les dégâts après une frappe israélienne à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 13 mars 2024 (Photo : AFP)

Le Hamas a confirmé qu’il avait présenté aux médiateurs la position du groupe quant à un accord d’échange contre des otages, sans fournir d’autres détails.

Dans un communiqué, le Hamas a déclaré qu’il avait proposé une vision globale d’un accord de trêve fondé sur la cessation de « l’agression » israélienne contre les Palestiniens dans la bande de Gaza, la fourniture de secours et d’aide, le retour des habitants de Gaza déplacés dans leurs foyers et le retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza.

Jeudi, le bureau de Netanyahu a publié un communiqué accusant le groupe terroriste de continuer à se retrancher derrière des « exigences grotesques ».

Le cabinet du Premier ministre a déclaré que le cabinet de sécurité recevrait une mise à jour sur la réponse du Hamas vendredi.

Des manifestants brandissent des pancartes lors d’une manifestation demandant la libération des otages israéliens à Tel Aviv, le 14 mars 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Plus tôt jeudi, Netanyahu a déclaré aux représentants des familles d’otages détenus par le Hamas à Gaza que « la pression exercée sur le Qatar commence à porter ses fruits ».

Lors de cette rencontre à Tel Aviv, il a déclaré que les pressions israéliennes sur le Qatar avaient incité le pays du Golfe, pour la « première fois », à pousser le Hamas à accepter un accord sur les otages.

 » Le Qatar a commencé à dire […au Hamas] : ‘Nous vous chasserons. Nous vous refuserons de l’argent’. Ces choses ont été dites, et nous nous sommes assurés qu’elles ont bien été dites. C’est un changement, c’est une chose positive », a déclaré Netanyahu lors de la réunion de Tel Aviv, selon son bureau.

Dans le même temps, Netanyahu a déploré « qu’aucune réponse réelle n’ait été apportée par le Hamas ».

« Ils ont toujours des exigences inacceptables », a-t-il poursuivi. « Ils sont réticents à aller de l’avant, et veulent également mettre le feu à la région pendant le ramadan. »

Un homme regarde des photographies d’Israéliens toujours retenus en otage à Gaza, sur la « place des otages » à Tel Aviv. 14 mars 2024. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Un proche d’otage a déclaré aux caméras, après la réunion, qu’ils avaient posé des « questions précises » et « qu’il y avait eu une véritable tentative de répondre à leurs questions ».

Un communiqué du Forum des familles d’otages et de personnes disparues a déclaré plus tard jeudi que les représentants avaient exhorté Netanyahu à conclure un accord.

« Nous l’avons pressé et lui avons dit que le moment était critique pour la libération des otages et qu’il ne devait pas laisser passer l’occasion », a déclaré le communiqué.

Des familles d’otages israéliens enlevés et détenus par le Hamas à Gaza s’adressent aux médias après une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv le 14 mars 2024 (Crédit : Flash90)

Le groupe a également critiqué le Premier ministre pour le temps écoulé depuis la dernière réunion.

La pression intérieure en faveur d’un accord s’est intensifiée ces dernières semaines, tant de la part des partisans des familles des otages que des militants antigouvernementaux. Jeudi, des dizaines de milliers de manifestants ont participé à des rassemblements distincts en faveur d’un accord sur les otages et contre le gouvernement de Netanyahu à Tel Aviv, certains manifestants ont brièvement bloqué une autoroute principale.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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