Un an après, la Belgique se souvient des pires attentats de son histoire
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Un an après, la Belgique se souvient des pires attentats de son histoire

Le roi Philippe, en habits civils noirs, a déposé une couronne de fleurs "au nom de la nation toute entière" au pied d'un monument érigé devant l'entrée de l'aéroport

Les employés de l'aéroport international de Bruxelles pendant la cérémonie de commémoration du premier anniversaire des attentats, le 22 mars 2017. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)
Les employés de l'aéroport international de Bruxelles pendant la cérémonie de commémoration du premier anniversaire des attentats, le 22 mars 2017. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)

La Belgique a débuté par une minute de silence à l’aéroport de Bruxelles, en présence du roi Philippe et de la reine Mathilde, une émouvante journée de commémoration des pires attentats de son histoire, qui ont fait 32 morts et plus de 320 blessés le 22 mars 2016.

C’est à 07h58 ce jour-là, qu’Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui, terroristes affiliés au groupe Etat islamique (EI), avaient déclenché leur charge de TATP dans le hall des départs, tuant 16 personnes.

Un an plus tard, à la même minute, plusieurs centaines de personnes, victimes, secouristes, employés de l’aéroport et représentants des plus hautes autorités du royaume, se sont recueillies sur le terre-plein situé juste devant l’entrée du hall des départs.

La courte cérémonie, sous un froid soleil printanier, a été ponctuée par une ballade rock, interprétée par Eddy Van Calster, le mari d’une employée de l’aéroport, Fabienne, 51 ans, décédée lors de l’attentat.

Des pompiers devant un message de commémoration dans le terminal des départs de l'aéroport de Bruxelles, avant le début de la cérémonie de commémoration du 1er anniversaire des attentats, le 22 mars 2017. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)
Des pompiers devant un message de commémoration dans le terminal des départs de l’aéroport de Bruxelles, avant le début de la cérémonie de commémoration du 1er anniversaire des attentats, le 22 mars 2017. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)

Une responsable de l’aéroport a solennellement égrené les noms des 16 personnes, de sept nationalités, qui ont perdu la vie ce jour-là à l’aéroport, au son grave d’un violoncelle : Alexander, Sacha, Justine, Adelma, Rosario, Jennifer, Evita…

Le roi Philippe, en habits civils noirs, a déposé une couronne de fleurs « au nom de la nation toute entière » au pied d’un monument érigé devant l’entrée du hall des départs où s’étaient produites les deux explosions.

Le Premier ministre, Charles Michel, ne s’est pas exprimé au cours de la cérémonie qui a duré à peine une demi-heure, mais il a envoyé un tweet : « aujourd’hui, nous nous souvenons des victimes des attentats. Nous restons tous unis. #BrusselsRemembers ».

‘Une minute de bruit’

Les commémorations devaient se poursuivre à 09h00 à la station de métro Maelbeek, où s’était produite la seconde attaque suicide, qui avait également fait 16 morts.

Puis le couple royal inaugurera une sculpture monumentale à deux pas du siège de la Commission européenne.

Mais c’est l’ensemble des Belges qui sont appelés à rendre hommage aux victimes et aux services de secours.

Le « plus célèbre des Bruxellois », Manneken Pis, la statue fontaine d’un petit garçon faisant pipi, recevra une nouvelle tenue de pompier.

C’est en observant une « minute de bruit » que les conducteurs et contrôleurs des métros, trams et bus de la société des transports en commun bruxellois (Stib) marqueront le moment de l’explosion à Maelbeek, alors que l’ensemble du réseau s’arrêtera quelques instants et que les voyageurs sont invités à applaudir.

Les enfants des écoles de Molenbeek, la commune bruxelloise qui fut la base arrière des terroristes, rencontreront des victimes en début d’après-midi.

Puis trois cortèges de citoyens, dont l’un partira également de Molenbeek, se dirigeront vers la place de la Bourse, que les Belges avaient spontanément transformée en mémorial il y a un an.

Menace terroriste

La Belgique avait déjà été choquée en mai 2014 par l’attentat au Musée juif de Bruxelles (quatre morts). Mais le 22 mars 2016, elle est sidérée par l’ampleur de la tuerie.

Un an plus tard, la menace terroriste reste « possible et vraisemblable ». Il ne se passe guère de semaine sans opérations et descentes de police. Et des militaires continuent de patrouiller en ville et sécuriser les sites sensibles.

Le Premier ministre belge, Charles Michel, , à Bruxelles, le 17 mars 2016. (Crédit : John Thys/AFP)
Le Premier ministre belge, Charles Michel, , à Bruxelles, le 17 mars 2016. (Crédit : John Thys/AFP)

« Il y a la possibilité de maintenir les militaires dans la rue. Je suis absolument incapable de vous dire dans quelle situation nous serons dans un, trois ou six mois », a reconnu dimanche Charles Michel.

Les kamikazes de Bruxelles émanaient de la même cellule terroriste qui avait ensanglanté Paris quatre mois plus tôt sous le commandement présumé du Belgo-Marocain Abdelhamid Abaaoud.

Les membres du réseau vivaient depuis des mois dans la clandestinité en Belgique, passant de planque en planque.

En fait, ils comptaient s’en prendre une nouvelle fois à la France.

Mais tout se précipite quand la police découvre le 15 mars une cache dans la banlieue de Bruxelles où se terrait Salah Abdeslam, seul survivant des commandos de Paris. Il sera arrêté trois jours plus tard, non loin de chez lui, à Molenbeek. Aux abois, ses complices décident de s’en prendre à la capitale belge.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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