Un Arabe israélien harcelé par ses voisins dans un quartier juif orthodoxe de Netanya
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Un Arabe israélien harcelé par ses voisins dans un quartier juif orthodoxe de Netanya

Quatre voitures appartenant à la famille ont été incendiées l'année passée. Elle a fait l'objet de menaces de mort, des lettres accompagnées de balles

Yoram Israeli à côté de sa voiture incendiée à Netanya le 3 novembre 2017 (Capture d'écran : Deuxième chaîne)
Yoram Israeli à côté de sa voiture incendiée à Netanya le 3 novembre 2017 (Capture d'écran : Deuxième chaîne)

Un Arabe israélien qui avait adopté un nom hébraïque pour tenter de s’intégrer au sein de la société israélienne a été la victime d’une série d’attaques abusives de la part de ses voisins juifs ces derniers mois.

L’homme, qui se présente sous le nom fortement israélien de Yoram Israeli, a déménagé dans un quartier religieux de Netanya l’année dernière et, selon la Deuxième chaîne, il est devenu depuis la victime d’un harcèlement continu. Sa voiture a été incendiée à quatre occasions l’année passée.

De plus, des courriels de haine et des lettres de menaces ont été envoyés à sa maison.

« Cette voiture était utilisée pour conduire mes enfants à l’école… L’agresseur est venu à l’université [où elle était stationnée] et a incendié le véhicule, ici, à l’intérieur de la faculté », a raconté Israeli, désignant à la Deuxième chaîne la carcasse de la voiture brûlée.

Israeli est né dans la ville. Il a grandi dans un mobil-homme et est récemment devenu éligible à un logement. L’état l’a placé dans un appartement situé dans l’immeuble même où sa famille est dorénavant harcelée.

« Je n’arrive pas à y croire. Qu’est-ce que c’est ce que ça ? Ces gens sont des terroristes », s’est-il exclamé, se tenant aux côtés du tas de métal rouillé, de verre et de plastique fondu qui reste de sa Peugeot, encore sur le parking de l’université.

Yoram Israeli s’exprime sur la Deuxième chaîne à proximité de son domicile de Netanya. (Capture d’écran : Deuxième chaîne)

« Que je sois Juif ou Arabe ne fait aucune différence : Je ne suis pas raciste. J’aime tout le monde, je pensais que je vivrais avec eux et parmi eux et que mes enfants pourraient vivre ici et s’intégrer auprès des autres de leur âge. Mais non, cela ne se produira pas », a-t-il continué.

Selon la Deuxième chaîne, Israeli a échappé de justesse à un jet de cocktail Molotov à une occasion.

« Ils veulent que je quitte l’immeuble parce que je suis arabe », a dit Israeli. « Nous servons dans l’armée : Mon père, mes frères, tous ont fait leur service militaire ».

Une lettre qui lui avait été envoyée contenait une menace de mort explicite : « Trois voiture brûlées n’ont pas été suffisantes… Tu as reçu un appel téléphonique il y a deux mois, je t’ai gentiment demandé de disparaître et de quitter Netanya. Pour résumer… Tu as 24 heures sinon ces balles seront pour toi », disait le courrier, qui comportait deux balles de revolver.

Israeli a expliqué avoir porté plainte à plusieurs occasions mais la police a fermé les dossiers pour « manque de preuves » – et ce malgré celles qu’il avait fournies aux forces de l’ordre, a ajouté Israeli.

Une enquête menée par la Deuxième chaîne concernant Israeli auprès de la police a confirmé qu’Israeli n’a jamais été impliqué dans des querelles criminelles. Un agent de la police, qui a conservé l’anonymat, a fait savoir que le mobile de l’incendie des véhicules était « inconnu » et qu’il ne reconnaissait pas leur caractère raciste.

Le rabbin du secteur, Eliezer Shlush, a écrit une lettre à Amidar, l’entreprise en charge des logements publics, demandant le relogement de la famille Israeli.

Le rabbin a défendu sa position dans un appel téléphonique accordé à la Deuxième chaîne.

« Je pense qu’il ne correspond pas au quartier en raison de heu… son tempérament. C’est un quartier religieux… Il ne peut pas être religieux et devrait donc se mettre en quête d’un endroit adapté pour lui », a dit Shlush.

Interrogé au sujet des incendies de voiture et d’un autre incident – la porte de logement de la famille Israeli a été brûlée – le rabbin a estimé que « cela ne relève pas de ma responsabilité. Je n’ai pas la charge de cela ».

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