Un Autrichien interpellé après avoir proféré des propos nazis devant un rabbin
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Un Autrichien interpellé après avoir proféré des propos nazis devant un rabbin

Le rabbin s'était rendu à Ebensee pour visiter avec son neveu une annexe du camp de Mauthausen où son père avait été déporté

Un mirador à Mauthausen. Illustration. (Crédit : AFP)
Un mirador à Mauthausen. Illustration. (Crédit : AFP)

Un homme de 49 ans a été interpellé en Autriche après avoir proféré des propos nazis face à un rabbin venu visiter un ancien camp de concentration dans un contexte de recrudescence des incidents antisémites, a-t-on appris vendredi auprès de la police.

Le suspect avait crié « Heil Hitler » et effectué le salut nazi devant le rabbin, à Ebensee (centre), où ce dernier s’était rendu pour visiter avec son neveu une annexe du camp de Mauthausen où son père avait été déporté.

L’homme avait également hurlé « Mein Volk, mein Reich, mein Führer », une allusion à la devise du régime nazi, lors de cette altercation qui s’était déroulée le 18 janvier dans la gare de la localité.

Il a pu être interpellé et a reconnu les faits, a indiqué la police de Haute-Autriche, confirmant une information du quotidien Die Presse vendredi.

L’Autriche, où s’est formé en décembre un gouvernement alliant les conservateurs et le parti d’extrême droite FPÖ, est fréquemment le cadre de dérapages en relation avec le nazisme, malgré une des législations les plus strictes du monde en la matière.

Le parquet de Wiener Neustadt a ainsi ouvert cette semaine une enquête après la révélation par l’hebdomadaire Falter de l’existence d’un corpus de chants nazis au sein de la cellule locale d’une corporation pangermaniste.

L’un de ces chants comporte notamment la strophe « mettez les gaz, vieux Germains, on peut arriver au septième million », une allusion aux six millions de juifs assassinés sous le Troisième Reich, notamment dans les chambres à gaz.

La révélation de l’existence de ce livre de chant a provoqué une vague d’indignation dans le pays, d’autant plus vive que la cellule concernée compte parmi ses dirigeants la tête de liste du FPÖ à des élections régionales prévues en Basse-Autriche dimanche, Udo Landbauer.

Le président autrichien Alexander Van der Bellen rencontre le ministre autrichien des Affaires étrangères et leader du parti du peuple conservateur du pays (OeVP) Sebastian Kurz suite aux élections parlementaires du 17 octobre 2017 à Vienne, en Autriche (Crédit : Thomas Kronsteiner/Getty Images)

Le chancelier conservateur Sebastian Kurz et le président de la République Alexander Van der Bellen, ainsi que le FPÖ, ont formellement désavoué ce livre et réclamé des sanctions alors que quatre personnes sont poursuivies. M. Landbauer affirme avoir ignoré le contenu du livre.

Le vice-chancelier Heinz-Christian Strache, patron du FPÖ, a assuré vendredi qu’il désavouerait « toute forme d’antisémitisme » dans son discours d’ouverture du Bal des corporations, auquel son parti convie dans la soirée.

Cette manifestation controversée, organisée chaque année sous les ors de l’ancien palais impérial de la Hofburg à Vienne, est un rendez-vous prisé des figures d’extrême droite européennes.

Un important dispositif de sécurité était prévu vendredi dans la capitale autrichienne pour contenir plusieurs manifestations annoncées en opposition à ce bal.

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