Chants nazis : un cadre du FPÖ autrichien sur la sellette ?
Rechercher

Chants nazis : un cadre du FPÖ autrichien sur la sellette ?

La corporation pangermaniste que Udo Landbauer dirige utilise un corpus de chants nazis qui date de 1997

Udo Landbauer (Crédit photo : page Facebook officielle de Udo Landbauer)
Udo Landbauer (Crédit photo : page Facebook officielle de Udo Landbauer)

Une candidat d’extrême droite du parti autrichien FPÖ à une élection régionale autrichienne dimanche prochain se trouvait dans la tourmente après la révélation mardi de l’existence d’un corpus de chants nazis au sein de la corporation pangermaniste dont il est un dirigeant.

Figure montante du FPÖ, formation entrée en décembre au gouvernement du chancelier conservateur (ÖVP) Sebastian Kurz, Udo Landbauer, 31 ans, est tête de liste pour les élections provinciales de Basse-Autriche, le land le plus peuplé d’Autriche après Vienne.

Il est également vice-président d’une section locale de la corporation « Germania » qui, selon l’hebdomadaire Falter mardi, utilise un livre de chants avec tout un répertoire de chants faisant l’apologie du nazisme.

L’un de ces chants comporte notamment la strophe « mettez les gaz, vieux Germains, on peut arriver au septième million », une référence aux six millions de juifs assassinés par le Troisième Reich, notamment dans les chambres à gaz.

D’autres chants rendent hommage à la légion Condor, unité nazie responsable du massacre de Guernica durant la Guerre civile espagnole, ou encore aux parachutistes SS coupables d’atrocités sur l’île grecque de Crète, selon Falter.

Ces textes sont « racistes, antisémites et absolument répugnants. Ils n’ont pas leur place dans notre pays. Toute la lumière doit être faite et les responsables doivent rendre des comptes », a réagi M. Kurz dans un tweet.

Sebastian Kurz, nouveau dirigeant élu de l’Autriche et président du Parti populaire autrichien, l’ÖVP, en conférence de presse à Vienne, le 24 octobre 2017. (Crédit : Georg Hochmuth/Austria OUT/APA/AFP)

Un porte-parole du FPÖ a assuré que M. Landbauer n’avait « rien à voir » avec ces textes et que la corporation avait entrepris de préparer une version expurgée de son livre de chants, dont la dernière version, selon Falter, date de 1997.

A la suite de ces révélations, les partis d’opposition social-démocrate (SPÖ) et libéral (Neos) ont appelé à un retrait immédiat de M. Landbauer.

Ce dernier s’est dit dans la soirée « horrifié » et « choqué » par les passages de chanson évoqués, assurant en avoir « connaissance pour la première fois ». Il a annoncé « suspendre » son adhésion à la corporation Germania.

M. Landbauer a signé une campagne électorale tout en agressivité, allant jusqu’à traiter la dirigeante sortante de Basse-Autriche Johanna Mikl-Leitner (ÖVP), ancienne ministre de l’Intérieur qui s’était distinguée par sa fermeté durant la crise des migrants, de « Moslem-Mama » (mère pour les musulmans).

Le parti conservateur, qui règne sur la Basse-Autriche depuis la Seconde Guerre mondiale, est largement favori pour le scrutin de dimanche, avec même, selon les sondeurs, la possibilité de décrocher une majorité absolue.

Fondé par d’anciens nazis, le FPÖ, qui a décroché plusieurs ministères régaliens au gouvernement fédéral de M. Kurz, est régulièrement cité pour des dérapages en lien avec le Troisième Reich.

Malgré l’engagement affiché par le vice-chancelier Heinz-Christian Strache, lui-même proche de cercles néo-nazis dans sa jeunesse, de combattre toute forme d’antisémitisme, la communauté juive a annoncé refuser de rencontrer tout responsable du FPÖ. A ce titre, elle boycottera jeudi une cérémonie en mémoire de l’Holocauste organisée par le Parlement.

Heinz-Christian Strache, leader du parti de la Liberté, parti d’extrême-droite autrichien, s’exprime lors de la première session de l’assemblée nationale depuis les élections, le 9 novembre 2017, à Vienne (Photo AFP / APA / Georg Hochmuth)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...