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Un biopic sur une avocate israélienne défendant des terroristes remporte un Emmy

Advocate, sur Lea Tsemel, a suscité la controverse en Israël car il suit sa défense judiciaire de deux terroristes palestiniens

Un biopic sur une avocate israélienne qui a défendu des Palestiniens soupçonnés de terrorisme a remporté le prix du meilleur documentaire lors de la cérémonie des News and Documentary Emmy Awards mercredi soir.

« Advocate » suit l’histoire de Lea Tsemel, une avocate qui représente des clients palestiniens, y compris des militants des droits civils et des terroristes présumés – plus récemment Arafat Irfaiya, qui a avoué le viol brutal et le meurtre d’Ori Ansbacher, 19 ans, dans une forêt de Jérusalem en 2019.

Le film controversé – réalisé par Rachel Leah Jones et Philippe Bellaiche – faisait auparavant partie des 15 films présélectionnés pour les Oscars 2019 dans la catégorie des longs métrages documentaires.

Le film suit deux affaires de ces dernières années dans lesquelles Tsemel, 74 ans, a représenté des Palestiniens finalement condamnés pour terrorisme.

Ori Ansbacher. (Crédit : Autorisation)

L’un d’entre eux est Ahmed Manasra, qui a été reconnu coupable de la tentative de meurtre de deux Israéliens lors d’une attaque à l’arme blanche à Jérusalem en octobre 2015, alors qu’il avait 13 ans, et qui purge actuellement une peine de 9 ans et demi de prison.

Manasra a perpétré l’attaque avec son cousin de 15 ans, Hassan Manasra. Les deux adolescents ont poignardé et grièvement blessé un homme de 20 ans et un garçon de 13 ans dans le quartier de Pisgat Zeev à Jérusalem. Hassan Manasra a été abattu par les forces de sécurité, tandis qu’Ahmed Manasra a été renversé par une voiture alors qu’il s’enfuyait.

Le deuxième cas est celui d’Israa Jaabis, une Palestinienne de Jérusalem-Est qui a déclenché des explosifs dans sa voiture près de Jérusalem en 2015, une bonbonne de gaz n’ayant pas explosé.

Alors que « Advocate » a été salué par la critique internationale et a remporté les premiers prix aux festivals de Cracovie, de Hong Kong et de Thessalonique, ainsi qu’au festival de films documentaires Docaviv de Tel Aviv, il a suscité une profonde controverse politique dans son pays d’origine et a été fustigé par des politiciens et des groupes de droite, ainsi que par des organisations représentant les familles des victimes du terrorisme.

Arafat Irfayia, accusé du meurtre d’Ori Ansbacher, à la Cour des magistrats de Jérusalem, le 11 février 219. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

À la suite d’une campagne de pression menée par un groupe de familles endeuillées, la société de loterie d’État israélienne, Mifal HaPayis, a annoncé il y a deux ans qu’elle retirait son financement pour les futures subventions accordées aux lauréats du meilleur film Docaviv après l’attribution du prix à « Advocate ».

Tsemel est elle-même une militante politique de longue date du parti arabe nationaliste Balad, le plus extrême des trois partis qui composent actuellement la Liste arabe unie.

Elle a figuré sur la liste électorale du parti – à des postes symboliques – six fois au cours des vingt dernières années.

Ahmed Manasra, Palestinien de 13 ans (c), au tribunal de district de Jérusalem, le 25 octobre 2015. (Yonatan Sindel/Flash90)

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