Un chef d’Al-Qaïda, prônant la mort de Juifs, sur la liste noire des terroristes
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Un chef d’Al-Qaïda, prônant la mort de Juifs, sur la liste noire des terroristes

Khalid Batarfi, basé au Yémen, a publié une vidéo dans laquelle il disait aux musulmans "en terre occupée" de tuer Juifs et Américains avec toutes les armes à disposition

Capture d'écran d'une vidéo de Khalid Batarfi, haute personnalité d'al-Qaida dans la péninsule arabique (Capture d'écran :  YouTube)
Capture d'écran d'une vidéo de Khalid Batarfi, haute personnalité d'al-Qaida dans la péninsule arabique (Capture d'écran : YouTube)

Un chef d’al-Qaida a été placé sur la liste noire des terroristes mondiaux du département d’Etat vingt-quatre heures après avoir appelé les musulmans à « attaquer les Juifs et les Américains partout où ils se trouvent » en réponse à la décision prise par le président Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale israélienne.

Dans une vidéo diffusée lundi, Khalid Batarfi a déclaré que la décision de Trump était une « déclaration de guerre de la part des Juifs et des croisés », disant que les musulmans ont le devoir de « libérer » la ville sainte, a fait savoir l’observatoire des renseignements SITE.

Selon l’annonce faite mardi par le département d’Etat, « cette désignation cherche à empêcher Batarfi d’accéder aux ressources dont il a besoin pour programmer et accomplir d’autres attentats terroristes ».

Parmi les conséquences de cette inscription sur la liste noire, « tous les biens et les intérêts en propriété soumis à la juridiction américaine sont bloqués et les citoyens américains ont généralement l’interdiction de s’engager dans des transactions avec lui ».

Dans la vidéo de 18 minutes, Batarfi, un haut-commandant de la puissante branche d’Al-Qaïda au Yémen, dit : « Aucun musulman n’a le droit de céder Jérusalem, quoi qu’il arrive. Seul un traître abandonnerait ou livrerait la ville ».

« Que les musulmans se dressent et attaquent les Juifs et les Américains partout », ajoute-t-il, appelant de ses voeux des attaques au couteau et à la voiture-bélier contre les Juifs en Israël.

« Les musulmans au sein des territoires occupés doivent tuer tous les Juifs, en les écrasant, et les poignardant ou en utilisant n’imparte quelle arme contre eux, ou en incendiant leurs foyers », poursuit Batarfi.

Une gerbe déposée pour commémorer les victimes de l’attentat djihadiste contre le magazine satirique français Charlie Hebdo photographié près des bureaux du journal à Paris, le 7 janvier 2018, au troisième anniversaire de la tuerie (Crédit : AFP PHOTO / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT)

Batarfi est un haut-commandant d’al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA) dans le gouvernorat d’Abyan, au Yémen, qualifié par les Etats-Unis comme étant la branche la plus dangereuse du groupe terroriste dans le monde entier. Au mois d’avril 2015, Batarfi avait été libéré d’une prison yéménite lors d’une attaque menée par des militants de l’AQPA.

Le groupe a enlevé des étrangers et revendiqué la responsabilité de l’attentat terroriste meurtrier commis en 2015 contre le journal satirique français Charlie Hebdo, pris pour cible en raison de ses dessins du prophète Mahomet.

Les Etats-Unis ont renforcé leurs attaques aériennes contre l’AQPA depuis l’arrivée au pouvoir de Trump au mois de janvier dernier.

Rompant avec des décennies de politique américaine, Trump a déclaré le 6 décembre que son administration reconnaissait Jérusalem en tant que capitale d’Israël et relocaliserait son ambassade depuis Tel Aviv dans la ville. Il a insisté sur le fait que, après des échecs répétés pour parvenir à la paix, une nouvelle approche s’imposait, expliquant que sa décision de reconnaître Jérusalem comme le siège du gouvernement d’Israël était simplement le reflet de la réalité.

La décision a été saluée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et par une grande partie des dirigeants politiques israéliens. Elle a également provoqué la fureur des Palestiniens, qui ont fait savoir que les Etats-Unis ne pouvaient plus jouer leur rôle d’intermédiaire dans les négociations de paix, et elle a suscité les condamnations d’une grande partie de la communauté internationale.

Le président américain Donald Trump signe la déclaration de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, à la Maison Blanche, le 6 décembre 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)

Trump a souligné lors de son discours qu’il ne spécifiait pas les limites de la souveraineté israélienne dans la ville et appelé à ne pas changer le statu quo sur les Lieux saints de la ville.

Lundi, lors d’un discours de la Knesset au cours duquel les députés arabes ont été expulsés de la salle après qu’ils ont crié en signe de protestation, le vice-président américain Mike Pence a promis de relocaliser l’ambassade à Jérusalem à la fin de l’année 2019.

Jérusalem est une ville sainte pour les juifs et les musulmans.

La décision américaine de reconnaître Jérusalem a entraîné des manifestations dans tout le monde arabe et a été également critiquée par plusieurs alliés des Etats-Unis.

Dans la vidéo, Batarfi a déclaré que les protestations émises par les pays alliés des Américains n’étaient pas sincères et qu’elles n’étaient rien d’autre « que de la poudre aux yeux ».

L’AFP a contribué à cet article.

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