Un chef hassidique évoque « une autre Shoah » pour dénoncer les politiciens laïcs
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Un chef hassidique évoque « une autre Shoah » pour dénoncer les politiciens laïcs

"Les destructeurs de notre religion, ceux qui détruisent la religion, veulent, malheureusement, causer une autre Shoah," a dit Yisroel Hager en référence à Lapid et Liberman

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Capture d'écran d'une vidéo du rabbin Yisroel Hager, chef de la branche hassidique Vizhnitz au centre, au premier rang, pendant un meeting électoral de Yahadout HaTorah, à Jérusalem, le 15 septembre 2019. (Crédit ::YouTube)
Capture d'écran d'une vidéo du rabbin Yisroel Hager, chef de la branche hassidique Vizhnitz au centre, au premier rang, pendant un meeting électoral de Yahadout HaTorah, à Jérusalem, le 15 septembre 2019. (Crédit ::YouTube)

Le dirigeant de l’un des plus grands courants hassidiques en Israël s’est exprimé lors d’un meeting électoral ultra-orthodoxe dimanche soir, et a semblé comparé les politiciens laïcs au dictateur nazi Adolf Hitler, en appelant les électeurs haredi à se rendre aux urnes lors des élections de mardi.

Le rabbin Yisroel Hager, chef du courant hassidique Vizhnitz, s’est adressé à une foule composée de quelque 50 000 personnes lors d’un rassemblement à Jérusalem pour le parti Yahadout HaTorah, l’un des deux partis ultra-orthodoxes principaux.

Durant l’évènement, les intervenants ont exhorté le public à aller voter aux élections nationales de mardi et mis en garde contre la menace de la formation d’un gouvernement laïc, auquel se sont montrés favorables le numéro 2 de Kakhol lavan Yair Lapid et le chef d’Yisrael Beytenu Avigdor Liberman.

Hager, qui s’est exprimé en yiddish, a souligné que les élections israéliennes se déroulaient le 17 Eloul, selon le calendrier hébraïque, jour où Hitler a envahi la Pologne en 1939. Les forces nazies ont ensuite assassiné 3 millions de Juifs polonais.

Hager a également mis la foule en garde que « les gens ne voulaient pas croire » ce que l’avenir prévoyait pour eux. « A notre regret, les destructeurs de notre religion, ceux qui détruisent la religion, veulent, malheureusement, causer une autre Shoah, à Dieu ne plaise. »

Bien que Hager n’ait pas nommément mentionné Lapid ni Liberman, ses propos ont été compris comme une référence aux deux élus.

Yair Lapid, alors chef du parti Yesh Atid, avec Avigdor Liberman, alors ministre de la Défense, à la Knesset, le 12 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lapid, dont le grand-père est mort pendant la Shoah, et dont le père, Josef « Tommy » Lapid », a survécu, a réagi sur Twitter en demandant au Premier ministre Benjamin Netanyahu de condamner les propos tenus au rassemblement du parti allié du Likud.

« Ils sont des partenaires de coalition [naturels] », a écrit Lapid en partageant un lien vers un article en hébreu sur les propos tenus par Hager. « J’exige que Bibi [Netanyahu] condamne les propos du grand rabbin. Hitler a tué mon grand-père dans les chambres à gaz. Il y a une limite à l’incitation. »

Lors d’un autre rassemblement dimanche soir, le vice-ministre de la Santé et chef de Yahadout HaTorah a déclaré à son auditoire que les élections sont une lutte « pour notre droit à être ultra-orthodoxe, à garder les commandements [religieux], à mener une vie de Torah et de croyance ».

Le député de Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, a comparé le numéro 2 de Kakhol lavan et le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, à l’ennemi biblique Amalek. Lapid et Liberman mènent « une guerre culturelle » contre la communauté ultra-orthodoxe, a dénoncé Gafni selon Ynet.

Les campagnes respectives des deux députés ont suscité la colère de la communauté ultra-orthodoxe.

Lapid s’est montré très dur à l’égard des partis ultra-orthodoxes, qu’il a accusés « d’extorquer » le gouvernement et dont il a fustigé le refus de servir dans l’armée.

Le mois dernier, la communauté ultra-orthodoxe a qualifié Lapid d’antisémite, après qu’il a tweeté une vidéo de campagne dans laquelle il décrivait les membres ultra-orthodoxes du gouvernement comme des responsables politiques avides d’argent, qui exigent d’importants montants en échange de leur loyauté à Netanyahu.

Sous Liberman, le parti laïc Yisrael Beytenu a fait campagne contre l’influence religieuse sur les institutions publiques et promis de former un gouvernement sans partis ultra-orthodoxes.

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