Un chroniqueur du Chicago Tribune rétrogradé pour complotisme anti-Soros
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Un chroniqueur du Chicago Tribune rétrogradé pour complotisme anti-Soros

Les groupes juifs ont condamné John Kass qui a relayé "des théories du complot" : "Kass sait très bien que l'antisémitisme augmente, c'est seulement qu'il s'en moque"

George Soros, fondateur et président de Open Society Foundations, avant la cérémonie de remise du prix Joseph A. Schumpeter à Vienne, en Autriche, le 21 juin 2019. (AP Photo/Ronald Zak)
George Soros, fondateur et président de Open Society Foundations, avant la cérémonie de remise du prix Joseph A. Schumpeter à Vienne, en Autriche, le 21 juin 2019. (AP Photo/Ronald Zak)

Le Chicago Tribune a rétrogradé le statut de l’un de ses chroniqueurs de longue date qui avait accusé George Soros d’être à l’origine des violences qui ont touché Chicago et d’autres grandes villes des Etats-Unis.

John Kass, dont la chronique est publiée en Page 2 du journal depuis 23 ans, avait écrit, le 22 juillet, que « les grandes villes dirigées par des maires Démocrates, où les meurtres et les fusillades entre gangs sont désormais hors de contrôle et où les centres-villes étaient autrefois vibrants, deviennent petit à petit des villes fantômes. Mais ces villes Démocrates sont également les localités où le milliardaire de gauche George Soros a dépensé des millions de dollars pour aider à faire élire à des postes de procureurs des défenseurs de la justice sociale d’extrême-gauche. Il reconstruit dans les coulisses le système judiciaire de l’Amérique urbaine ».

« Ce sont ces procureurs financés par Soros, et non pas les maires, qui aident à faire libérer les individus violents – sans caution ou avec une caution dérisoire », avait-il ajouté.

Lundi, le rédacteur en chef du journal, Colum McMahon, a annoncé qu’il allait réorganiser le placement des chroniqueurs et séparer les articles d’information des Opinions. Kass va également perdre son titre de plus important chroniqueur. Une information qui a été annoncée pour la première fois par le blogueur indépendant Robert Feder, qui se consacre aux médias.

Les chroniques de Kass, 64 ans, occupaient la deuxième page du journal depuis la mort de Mike Royko, lauréat du prix Pulitzer pour ses articles d’opinion, en 1997. Il travaille pour la publication depuis 37 ans et il y avait commencé sa carrière en occupant un poste subalterne.

Selon l’ADL (Anti-Defamation League), « La rhétorique agressive contre Soros a explosé sur les réseaux sociaux » depuis le début des manifestations qui ont suivi la mort de George Floyd.

Les posts, indique l’ADL, prétendent dans leur majorité que Soros financerait des émeutes dans tout le pays et qu’il soutiendrait le mouvement antifa – un réseau ample d’activistes anti-fascistes mis en cause par le président Donald Trump pour les violences, là aussi sans preuves.

Le Caucus législatif juif de l’Illinois, qui est constitué de douze représentants de l’état et autres sénateurs, a salué la décision prise par le Chicago Tribune.

Dans un communiqué, le groupe de législateurs a fait savoir que Kass « sait, comme c’est le cas également de la plus grande partie des journalistes, que les théories du complot visant Soros se sont multipliées à grande vitesse parmi les suprématistes blancs, à la marge, et les Twitterazis.

« Kass sait très bien que l’antisémitisme augmente, c’est seulement qu’il s’en moque », ont-ils ajouté.

Kass a répondu au déplacement de sa chronique dans le journal, ainsi qu’à une lettre des administrateurs du Chicago Tribune Guild qui l’accusait de fanatisme religieux et de complotisme, dans une chronique qui a été publiée mercredi.

« La gauche n’apprécie pas ma politique. Je la comprends. Je n’aime pas beaucoup la sienne non plus », a-t-il écrit.

Et d’ajouter : « je ne vais pas m’excuser pour avoir écrit au sujet de Soros. Je ne me prosternerai pas devant des gens qui m’ont calomnié à tort. Je continuerai à écrire ».

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