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Un cinquième des grues sauvages seraient atteintes par la grippe aviaire

Les autorités s'attendent à devoir ramasser 25 à 30 tonnes de carcasses après que le virus H5N1 s'est propagé depuis un moshav du nord du pays

La carcasse d'une grue infectée par la grippe aviaire dans la réserve naturelle de la vallée de Hula, dans le nord d'Israël, le 23 décembre 2021. (Crédit : Shlomit Shavit, Israel Nature and Parks Authority)
La carcasse d'une grue infectée par la grippe aviaire dans la réserve naturelle de la vallée de Hula, dans le nord d'Israël, le 23 décembre 2021. (Crédit : Shlomit Shavit, Israel Nature and Parks Authority)

Une grue sauvage sur cinq vivant ou traversant Israël dans un cadre de migration est atteinte par la grippe aviaire, une maladie mortelle, et les autorités s’attendent à devoir ramasser 25 à 30 tonnes de carcasses de ces oiseaux, a fait savoir jeudi l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA).

Le virus se serait propagé depuis le Moshav Margaliot, sur la frontière libanaise, où 244 000 poules pondeuses sont hébergées dans 60 poulaillers. Elles fournissent six millions d’œufs par mois sur les 20 millions qui sont consommés mensuellement par les Israéliens.

Selon le ministère de l’Agriculture, les fermiers ont été dans l’incapacité de signaler en temps réel le nombre croissant de morts chez les volailles, ce qui a entraîné une propagation rapide du virus.

Un grand nombre de poules étaient déjà mortes lorsque les inspecteurs du ministère sont arrivés et les autres ont été abattues. Dans un cas, seules 70 poules étaient encore vivantes sur un cheptel initial de 2 000 volatiles.

Les élevages ont été confinés ainsi que les structures qui récupéraient leurs œufs.

Mais le ministère a fait savoir, jeudi, qu’il enquêtait sur un individu qui aurait tenté de vendre clandestinement les mêmes œufs.

Il y a deux jours, le ministère a aussi découvert que le virus circulait dans un élevage du Moshav Neot Golan, sur le plateau du Golan, où 17 000 dindes étaient réparties dans cinq poulaillers. Les volailles qui ne sont pas mortes seront, elles aussi, abattues.

Alors que les vétérinaires continuent à inspecter les élevages de tout le nord du pays, le ministère a averti les consommateurs de n’acheter des œufs qu’auprès de sources fiables et identifiées des inspecteurs, d’examiner les tampons, sur les œufs, et de bien faire attention à la cuisson des œufs et des volailles avant de les déguster.

Cette souche de la grippe aviaire peut être transmise aux humains, même si le risque de maladie grave serait insignifiant.

L’INPA a demandé au public d’éviter les contacts avec les oiseaux sauvages ou avec leurs excréments et de signaler la présence d’oiseaux malades ou morts en appelant sa ligne d’urgence au *3639.

Des grues grises en migration au lac Agmon Hula dans la vallée de la Hula au nord d’Israël, le 16 novembre 2017. (Crédit : AFP Photo/Menahem Kahana)

Environ 100 000 grues se rendent dans la vallée de Hula, dans le nord d’Israël, chaque année et environ 40 000 y restent jusqu’au début du mois de mars, avant de se joindre aux oiseaux d’Afrique qui migrent vers l’Europe et l’Asie pour la période de reproduction.

Après s’être rendue jeudi dans la vallée, la directrice temporaire de l’INPA, Raya Shourky, a annoncé que des inspecteurs contrôlaient toute la vallée de Hula pour trouver des preuves de la présence du virus et qu’ils élargissaient leurs recherches en incluant les cours d’eau des vallées de Jezréel et de Zevulun et la côte du Carmel, entre autres.

Le plus grand nombre d’oiseaux morts de la grippe aviaire se trouverait dans la réserve de la vallée de Hula, a continué Shourky, la concentration de grues y étant particulièrement importante. Les oiseaux sont nourris régulièrement sur place pour les dissuader de partir ailleurs, a-t-elle poursuivi.

La réserve de Hula sera fermée au public jusqu’à mardi prochain au plus tôt et des équipes de l’INPA, du Fonds national juif KKL-JNF et du ministère de la Défense ont été formées pour aller ramasser les carcasses.

Des poules en cage. (Crédit : Animals Now)

Le ministre de l’Agriculture, Oded Forer, avait évoqué l’élevage des volailles en batterie en le comparant à une « bombe à retardement » à faire disparaître au plus tôt en faisant la transition vers des complexes d’élevage isolés répondant à des critères de sécurité biologique stricts.

Un plan dans ce sens avait été approuvé par le gouvernement en 2007 mais il n’avait jamais été mis en œuvre.

Selon les chiffres du ministère de l’Agriculture, 93 % des poulaillers ne répondent pas aux exigences sanitaires ou de bien-être animal des services vétérinaires.

Tandis que plus de 50 % des poules pondeuses de l’Union européenne sont dorénavant élevées dans des structures sans cages, ce pourcentage n’est que de 3,2 % en Israël, selon les chiffres du Conseil de l’industrie des volailles, les autres étant élevées en batterie.

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