Un gilet jaune assume avoir publié des messages antisémites
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Un gilet jaune assume avoir publié des messages antisémites

"Je suis un nationaliste français. Ce sont de vraies captures d'écran. Le pire de moi, je ne le cache pas," a affirmé l'émeutier

Des émeutiers jettent des cartouches de gaz lacrymogènes lors d'affrontements avec la police lors d'une manifestation antigouvernementale organisée par le mouvement des "Gilets jaunes" à Strasbourg, dans l'est de la France, le 2 février 2019. (Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP)
Des émeutiers jettent des cartouches de gaz lacrymogènes lors d'affrontements avec la police lors d'une manifestation antigouvernementale organisée par le mouvement des "Gilets jaunes" à Strasbourg, dans l'est de la France, le 2 février 2019. (Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP)

Un gilet jaune apparemment blessé au menton par un tir de LBD le 2 février dernier a avoué à l’AFP être le détenteur de comptes sur différents réseaux sociaux publiant des messages antisémites.

Sur Twitter, de nombreux utilisateurs ont affirmé que « Christophe » était le propriétaire de différents comptes portant le nom de « Raul Kenel » sur Twitter, Facebook ou sur le réseau russe Vkontakte, l’équivalent russe de Facebook. Sur ces comptes figurent plusieurs publications antisémites.

Contacté par l’AFP, « Christophe » a confirmé être le propriétaire de ces comptes. « Je suis un nationaliste français. Ce sont de vraies captures d’écran. Le pire de moi, je ne le cache pas », a affirmé « Christophe », qui se définit aussi toutefois « à l’heure d’aujourd’hui » comme « apolitique : je suis pour qu’il n’y ait plus de vote ».

« J’ai supprimé le compte Vkontakte car je vais avoir des ennuis », a-t-il expliqué.

Le radiologue de Toulouse explique comment il a reçu des projectiles et s’est fait insulter de « bourgeois » et de « sale juif » (Crédit: capture d’écran: J-Philippe Hidalgo/Twitter)

L’histoire de « Christophe » vient s’ajouter à une longue liste d’actes ou de paroles antisémites issus des protestations des gilets jaunes.

Lors d’une manifestation à Toulouse le samedi 26 janvier, un homme âgé de 73 ans qui demandait à des casseurs d’arrêter de dégrader la vitrine du magasin situé au rez-de-chaussée de son immeuble a été blessé par des projectiles, puis insulté.

« La victime, un cardiologue, rentre tout juste chez lui après une consultation lorsqu’il entend des bruits au pied de son immeuble », rapporte France Soir. « Il constate que des hommes sont en train de dégrader la vitrine. Tentant de les raisonner il se fait insulter de ‘juif’ et de ‘bourgeois’. »

Lors de diverses protestations, certains manifestants ont été filmés portant des pancartes et scandant des slogans décrivant le président français Emmanuel Macron comme une « pute des Juifs » et leur « marionnette ».

Ce genre de propos « était présent dès le tout début des manifestations et persiste », a expliqué M. Ghozlan du BNVCA, tout en ajoutant que cela se retrouvait « en marge » de ces manifestations.

Pourtant, à deux autres occasions au moins, des gilets jaunes ont été filmés excluant de leurs rangs des militants d’extrême droite et adeptes de Dieudonné qui tenaient des propos antisémites.

L’agence Premières Lignes a capté et mis en ligne – le 15 janvier dernier – les images d’un échange tendu entre des gilets jaunes et une poignée de « partisans antisémites de Dieudonné ».

Après l’apparition de pancartes antisémites, de slogans et de personnalités d’extrême droite dans les rangs des gilets jaunes, ces derniers ont été accusés de nombreuses fois de favoriser une expression accrue de l’antisémitisme.

La France a connu une augmentation de 69 % des incidents antisémites en 2018 par rapport à l’année précédente. Des données qui ne sont pas encore définitives et qui n’incluent pas une partie du mois de novembre et le mois de décembre lors desquels la parole antisémite s’est libérée lors de ces protestations.

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