Un gradé de Tsahal déplore un pouvoir « stalinien » sur les « Jeunes des Collines »
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Un gradé de Tsahal déplore un pouvoir « stalinien » sur les « Jeunes des Collines »

Le chef du Commandement central aurait été enregistré disant qu'Israël "n'est pas un pays normal", citant des ordres administratifs à des adolescents ; l'armée regrette ces propos

Le commandant de la division Judée et Samarie de l'époque, Tamir Yadai, lors d'une interview, le 6 janvier 2014. (Yossi Zeliger/Flash90)
Le commandant de la division Judée et Samarie de l'époque, Tamir Yadai, lors d'une interview, le 6 janvier 2014. (Yossi Zeliger/Flash90)

Un général de l’armée israélienne a été enregistré en train de se lamenter, lors d’une réunion à huis clos, sur le fait que son pouvoir de donner des ordres de restriction administratifs à des jeunes extrémistes des implantations rivalise avec celui de l’ancien dictateur soviétique Joseph Staline.

Dans l’enregistrement, diffusé par le radiodiffuseur public Kan mardi, le major général Tamir Yadai, chef du Commandement central de Tsahal, a également déclaré qu’Israël « n’est pas un pays normal ».

L’armée a déclaré que les citations ont été prises hors contexte, mais a exprimé ses regrets quant à la comparaison avec Staline.

Les ordonnances administratives et les détentions sont des mesures controversées qu’Israël utilise pour garder des suspects – généralement des Palestiniens mais aussi, à l’occasion, des Israéliens – sans les inculper ou les tenir à l’écart de certaines zones, dans les cas où les autorités de sécurité disent que la révélation des preuves au tribunal porterait atteinte à la sécurité nationale.

La réunion au cours de laquelle Yadai parlait semblait se concentrer sur la mort récente de l’adolescent Ahuvia Sandak au cours d’une poursuite policière, après que des pierres auraient été jetées sur des Palestiniens depuis la voiture dans laquelle Sandak se trouvait.

Des personnes protestent contre la mort d’Ahuvia Sandak dans un accident de voiture lors d’une poursuite policière, près du Bureau des enquêtes internes de la police à Jérusalem, le 2 janvier 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

« Des cas comme celui d’Ahuvia Sandak sont un échec pour nous tous », dit Yadai, qui devrait bientôt devenir le commandant des forces terrestres de l’armée israélienne, dans l’enregistrement. « Maintenant, regardez, dans le cadre de mon travail, je signe périodiquement, de semaine en semaine, ces ordres [administratifs]. Je signe en quelque sorte un certificat qui marque l’échec de tout le système. Si nous avions réussi notre mission, l’affaire ne serait pas arrivée jusqu’à moi.

Le reportage de Kan indique que 31 ordonnances de ce type ont été émises en 2020.

« Les autorités et les pouvoirs qui me sont conférés relèvent du règne de Staline », a déclaré M. Yadai. « Ce n’est pas un pays normal. »

L’unité du porte-parole de Tsahal a déclaré que « les remarques, qui ont été faites lors d’une réunion à huis clos des fonctionnaires chargés de s’occuper des Jeunes des Collines, ont été présentées de manière sélective et prises hors contexte. La réunion a porté sur l’importance du travail de collaboration entre tous les organismes [de sécurité] au profit de tous les habitants de la région ».

L’armée israélienne a déclaré que M. Yadai avait noté qu’à côté des activités d’application de la loi, d’autres mesures telles que l’éducation devraient être employées pour contrer l’extrémisme parmi les Jeunes des Collines.

« Le choix des mots concernant la métaphore aurait pu être plus approprié et nous le regrettons », peut-on lire dans le communiqué de Tsahal.

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