Un journal de l’AP qualifie la proposition de paix de Trump de « projet de Shoah »
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Un journal de l’AP qualifie la proposition de paix de Trump de « projet de Shoah »

Pour Abu al-Haija, ce n'est pas une coïncidence si la conférence sur le Moyen Orient se tient à Varsovie, les Etats-Unis voulant que la ville redevienne "le théâtre d'une Shoah"

Mahmoud Abu al-Haija, rédacteur en chef d'Al-Hayat Al-Jadida, le quotidien de l'Autorité palestinienne. (Capture d'écran : Hibr)
Mahmoud Abu al-Haija, rédacteur en chef d'Al-Hayat Al-Jadida, le quotidien de l'Autorité palestinienne. (Capture d'écran : Hibr)

Le rédacteur en chef d’Al-Hayat Al-Jadida, le quotidien officiel de l’Autorité palestinienne (AP), a critiqué la proposition de paix du président américain Donald Trump, qui devrait être publiée prochainement, affirmant qu’il s’agit d’un projet « Shoah ».

Mahmoud Abu al-Haija a fait cette remarque dans un récent éditorial qu’il a écrit au sujet d’une conférence sur le Moyen Orient organisée par les États-Unis et la Pologne à Varsovie, que les Palestiniens ont boycottée.

« [L’administration américaine] veut […] établir de nouvelles alliances à partir de la réunion de « Varsovie » au nom de guerres imaginaires et de la création d’un règlement pour la question palestinienne, en obtenant l’approbation officielle du plan Sioniste/Trump comme base de ce règlement, qui n’est rien d’autre qu’un projet de ‘Shoah’ pour le problème la plus légitime de notre époque », a écrit Abu Haija.

« Ce n’est peut-être pas un hasard si Varsovie sert de cadre à la convocation de cette conférence [sur] l’accord corrompu de l’administration américaine… Elle souhaite faire de Varsovie – comme les Nazis l’ont fait – le théâtre d’un génocide, d’une Shoah contre un petit peuple opprimé et torturé, le peuple palestinien », a-t-il ajouté.

Le ministre polonais des Affaires étrangères Jacek Czaputowicz, le vice-président américain Mike Pence, le président polonais Andrzej Duda, le premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo posent pour une photo de famille à la conférence sur la paix et la sécurité au Moyen Orient à Varsovie, le 13 février 2019. (Janek SKARZYNSKI/AFP)

L’article d’Abu Haija a été publié dimanche, quelques jours avant le début du sommet dans la capitale polonaise mercredi, auquel assistaient le Premier ministre Benjamin Netanyahu, des représentants de Washington, des ministres arabes des Affaires étrangères et des diplomates européens.

Palestinian Media Watch, un organisme israélien indépendant qui fait une veille des médias palestiniens officiels, a traduit et publié un rapport sur l’éditorial d’Abu Haija mercredi.

Les responsables palestiniens ont critiqué la conférence dans la capitale polonaise ; le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne l’a décrite la semaine dernière comme « une conspiration américaine visant à amener les participants à adopter les vues des Etats-Unis sur les questions de la région, en particulier la question palestinienne ».

Les Palestiniens ont également déclaré qu’ils espèrent qu’aucune rencontre entre Arabes et Israéliens n’aura lieu dans le cadre de cette conférence.

« Al-Hayat Al-Jadida », le quotidien de l’Autorité palestinienne. (Capture d’écran : Al-Hayat Al-Jadida)

Le ministre omanais des Affaires étrangères Yusuf bin Alawi et Netanyahu se sont néanmoins rencontrés mercredi à l’hôtel à Varsovie, le Premier ministre lui indiquant que le rapprochement récent entre les deux pays « est en train de changer le monde ».

« Je dois vous dire que la décision courageuse du Sultan Qaboos de m’inviter à Oman est en train de changer le monde », a déclaré M. Netanyahu, faisant référence à sa visite à Mascate en octobre 2018.

Il a déclaré que de nombreux pays arabes suivaient l’exemple d’Oman en s’orientant vers une interaction plus ouverte avec Israël, « y compris à cette conférence ».

Les déclarations d’Abu Haija sont également arrivées quelques jours après que Jason Greenblatt, l’un des envoyés de paix du président américain au Moyen Orient, a déclaré que le plan de paix Trump était « presque achevé ».

Peu de temps après que Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et a initié le déménagement de l’ambassade des États-Unis dans l’État juif dans la ville, le président de l’AP Mahmoud Abbas a déclaré que les Palestiniens rejetteraient tout plan de paix américain et ne participeraient plus à un processus de paix sous la coupe des Etats-Unis.

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