Un journaliste espagnol condamné à 7 ans de prison pour un délit de fuite mortel
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Un journaliste espagnol condamné à 7 ans de prison pour un délit de fuite mortel

Julio de la Guardia avait trois fois le niveau limite d'alcool autorisé dans le sang quand son véhicule a heurté et tué le pianiste Chaim Tukachinsky à Jérusalem l'année dernière

Le journaliste espagnol Julio de la Guardia au tribunal de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le journaliste espagnol Julio de la Guardia au tribunal de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le tribunal de Jérusalem a condamné, dimanche, un journaliste espagnol à sept ans de prison pour un délit de fuite mortel à Jérusalem qui avait coûté la vie à un piéton en septembre l’année dernière.

Julio de la Guardia avait été mis en examen en octobre pour homicide involontaire et conduite en état d’ébriété après que sa voiture a heurté et tué Chaim Tukachinsky, 31 ans, pianiste, compositeur et chef d’orchestre, sur la place de Paris dans le centre de Jérusalem, qui revenait du mur Occidental où il avait prié pour la première nuit de la fête juive de Souccot.

De la Guardia a été également été inculpé pour délit de fuite, non-respect d’un feu rouge et excès de vitesse.

Dans le cadre d’un accord de peine conclu en juin, la charge d’homicide involontaire avait été rétrogradée en homicide involontaire par négligence, qui implique une peine moins lourde. Les procureurs avaient réclamé la peine maximum associée : 9 ans et demi de prison.

En plus de la peine de prison, la juge Rivka Friedman-Feldman lui a infligé une période de probation de 12 mois et des dommages et intérêts d’un montant de 50 000 shekels (13 000 euros) à verser à la mère de la victime et 100 000 shekels (26 000 euros) à l’attention de ses sœurs.

Avant d’entamer sa peine, de la Guardia restera assigné à résidence, surveillé par un bracelet électronique et interdit de quitter le territoire, a rapporté la Douzième chaîne.

Chaim Tukachinsky (Capture d’écran : YouTube)

Après le jugement, de la Guardia a fait savoir qu’il avait exprimé ses regrets à la famille et qu’il leur avait dit « aucune peine de prison ou compensation financière ne pourront effacer cette perte », d’après le site Ynet. « Toute ma vie, je n’ai commis un crime et la question est de savoir si quelqu’un doit être jugé pour cinq minutes de sa vie ou pour toute sa vie ».

Son avocat a fait savoir que son client trouvait la peine sévère et qu’ils réfléchissaient à leurs options.

Le journaliste avait été arrêté une heure plus tard par la police et présentait une alcoolémie trois fois supérieure à la limite autorisée.

De la Guardia travaillait comme correspondant étranger en Israël depuis de nombreuses années pour plusieurs journaux espagnols. Il avait été expulsé de l’Etat juif en 2011 après une dispute conjugale, a fait savoir la Dixième chaîne, citant des responsables du ministère des Affaires étrangères.

Durant l’enquête, on avait découvert que le journaliste avait également travaillé sous un nom d’emprunt pour une société de télévision iranienne de langue espagnole. Une mission de quelques mois seulement, avait appris le Times of Israel.

La raison pour laquelle de la Guardia, 51 ans, a pu obtenir un nouveau visa de travail et a pu revenir en Israël reste indéterminée.

La famille et des amis lors des funérailles de Chaim Tukachinsky, qui a été tué dans un délit de fuite à Jérusalem, le 25 septembre 2018 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Après l’accident, le journaliste avait expliqué à la police qu’il avait été harcelé par trois Palestiniens à moto qui suivaient sa voiture et qu’il tentait de leur échapper lorsque l’accident s’est produit.

Il a également dit qu’il avait arrêté son véhicule non loin de l’accident, ne sachant pas exactement ce qui était arrivé, mais qu’il était rapidement parti lorsque des locaux l’avaient approché, craignant une agression. Il était ultérieurement allé voir un véhicule de patrouille de police qui avait allumé ses gyrophares, disant aux agents que c’était probablement lui qu’ils recherchaient.

Chaim Tukachinsky, ancien résident de Kiryat Motzkin, avait quitté sa yeshiva à l’âge de 18 ans pour entrer dans une école de musique de Jérusalem, où il avait excellé et obtenu ses différents diplômes avec brio.

« Je n’ai jamais compris pourquoi les gens sourcillent lorsqu’ils me voient, un haredi jouant du piano », avait-il dit au site Ynet en 2015.

« J’ai toujours été un haredi et j’ai toujours joué du piano. J’ai dévié du chemin [qui avait été établi pour moi] et j’ai quitté les études que j’effectuais dans des institutions supérieures de yeshiva pour devenir un pianiste professionnel ».

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