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Un livre documente 100 mariages juifs aux quatre coins du monde

Des témoignages de femmes témoignent de la grande variété des coutumes en la matière, sans éluder la douleur et parfois la frustration face à certaines pratiques

Le mariage de Malvina Maestro et de son mari israélien Omri en 2012 à Split, en Croatie. (Avec l'aimable autorisation d'Indiana University Press)
Le mariage de Malvina Maestro et de son mari israélien Omri en 2012 à Split, en Croatie. (Avec l'aimable autorisation d'Indiana University Press)

Sorti un peu avant la Saint-Valentin, un récent ouvrage emmène ses lecteurs faire un tour du monde des mariages juifs et remonter le temps.

100 Jewish Brides: Stories from Around the World (100 mariées juives : histoires du monde entier) est un recueil de récits de la main d’une centaine de mariées originaires de 83 pays. Recueillis et édités par Barbara Vinick et Shulamit Reinharz, ces récits attestent de l’unicité des coutumes des communautés juives au fil des siècles.

100 Jewish Brides est un voyage haut en couleurs qui parle des rencontres, fiançailles, préparatifs du mariage, cérémonies et réceptions. Le livre est une introduction fascinante aux diverses coutumes, à commencer par les somptueuses fêtes au henné organisées par les Juifs du Moyen-Orient, la coutume éthiopienne en vertu de laquelle la famille du marié offre des vaches et des chèvres à celle de la mariée ou encore celle en vertu de laquelle les mariés séfarades jettent un verre sur un plateau d’argent à la fin de la cérémonie de mariage à Curaçao.

« Le livre témoigne de la grande variété de traditions et de pratiques. Notre seul critère était que la mariée [ou l’une des épouses dans le cas d’un mariage homosexuel] soit juive », explique Vinick au Times of Israël.

Vinick et Reinharz ont déjà travaillé ensemble sur un livre sur Pourim et la figure biblique d’Esther et un autre sur la façon dont les filles juives célèbrent leur bat mitzvah dans différentes communautés. Les mariages leur semblaient être l’objectif évident de leur troisième projet commun.

Tous deux sociologues de profession, Vinick et Reinharz ont utilisé leurs nombreux contacts personnels et professionnels pour approcher un grand nombre de femmes juives, et ce sur tous les continents, pour les inviter à leur fournir de courts écrits sur leur mariage ou celui de femmes de leur famille.

Ahava Havotramahavalisoa avec son mari Eli lors de leur mariage en 2016 à Antananarivo, à Madagascar. (Avec l’aimable autorisation d’Indiana University Press)

Reinharz est professeure émérite de sociologie à l’université Brandeis. Elle est également la fondatrice du centre de recherche sur les études féminines de l’université et la fondatrice de l’Institut Hadassah-Brandeis, institut de recherche sur les Juifs et les questions de genre.

Spécialisée en gérontologie, Vinick est la secrétaire générale de Kulanu, une organisation « qui soutient les communautés juives isolées, émergentes ou revitalisées dans le monde entier », selon son site Internet.

« Je siège au conseil d’administration de Kulanu depuis longtemps et je suis impliquée dans l’organisation depuis une vingtaine d’années, en fait depuis le début », précise Vinick.

« Je m’intéresse particulièrement au fait qu’il y a des communautés juives partout dans le monde et que les gens tiennent à leur judéité. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu écrire ce livre », ajoute-t-elle.

Vinick, qui s’est rendue dans de nombreuses communautés soutenues par Kulanu, parle avec enthousiasme de son passage à Madagascar, en 2016, pour voir plus de 100 hommes, femmes et enfants convertis au judaïsme par un beit din (un tribunal de trois rabbins) venus de l’étranger. Le lendemain de la conversion, 12 couples se remariaient selon la loi juive.

Veronica Preiss et son mari Kurt signent leur ketubah (contrat de mariage juif) avec le rabbin Gerald Sussman en 2011, au Nicaragua. (Avec l’aimable autorisation d’Indiana University Press)

Vinick et Reinharz ont réparti les récits dans 14 chapitres, suivant leur thématique la plus prégnante.

De brèves indications des auteures, en début de chapitre, et parfois même avant un récit, apportent des éléments de contexte historique ou juridique juif.

Comme on pouvait s’y attendre, il y a des chapitres sur les rencontres, les fiançailles, les invitations, les événements pré-nuptiaux, les lieux de mariage, les contrats de mariage (ketubot), les cérémonies et la vie conjugale, et dans certains cas le veuvage ou le divorce.

Le livre comporte également des chapitres sur la conversion avant le mariage et sur les mariages mixtes et les mariages juifs inter-ethniques.

« Cela a été réellement fascinant d’apprendre que ce n’est finalement qu’assez récemment que les Juifs ashkénazes et séfarades se sont mariés entre eux », explique Vinick.

De même, au sein des communautés juives du Moyen-Orient, les familles étaient souvent réticentes à l’idée que leur fille épouse un homme qui avait grandi dans un autre pays.

Les rédactrices en chef de « 100 Jewish Brides: Stories From Around The World », Barbara Vinick (à gauche) et Shulamit Reinharz. (Crédits : Université Brandeis et Rachel Garrity)

Une partie évoque les mariages par temps de guerre et après la Seconde Guerre mondiale. Une autre, des histoires venues d’Israël qui témoignent des difficultés induites par l’absence de séparation entre la religion et l’État. En pareil cas, les couples prennent sciemment la décision de se retirer du système officiel géré par le Grand Rabbinat.

En plus de toutes ces histoires heureuses de couples qui se sont connus lors de bals, au travail ou encore par l’intermédiaire d’amis, il y a aussi celles, bouleversantes, de mariages forcés. Bien que le judaïsme interdise formellement le mariage des enfants – violation des droits de l’homme reconnue à titre universel –, certaines histoires de ce livre attestent de l’existence de certains cas à l’époque moderne. C’est presque toujours une mariée mineure qui épouse un homme beaucoup plus âgé, parfois un parent ou un proche de la famille.

Josette Capriles Goldish et son mari lors de leur petit dîner de mariage avant la réception qui a suivi leur cérémonie de mariage juif à Curaçao dans les années 1960. Le dîner a été suivi de la récitation traditionnelle des sheva brachot (sept bénédictions). (Avec l’aimable autorisation d’Indiana University Press)

Cette question est abordée dans un chapitre intitulé « Mariages arrangés et forcés ». Les rédactrices font la différence entre les deux tout en soulignant que la frontière est parfois ténue en raison de l’influence qu’une famille a sur sa fille.

« La distinction la plus importante est que la mariée, souvent très jeune, n’a pas son mot à dire dans un mariage forcé… En revanche, les deux partenaires d’un mariage arrangé ont accepté l’aide de leurs parents ou d’une entremetteuse et ont consenti au mariage », écrivent-elles.

‘100 Jewish Brides : Stories from Around the World’ édité par Barbara Vinick et Shulamit Reinharz (Crédit : Indiana University Press)

Les lecteurs connaitront peut-être le sujet des mariages juifs arrangés grâce à ce qu’en donnent à voir certaines séries sur les Juifs ultra-orthodoxe comme « Shtisel », « Unorthodox » ou encore « Shababnikim ».

Une femme écrit qu’elle a quitté l’Iran pour les États-Unis afin d’échapper au sort de sa propre mère, mariée de force à l’âge de 13 ans et mère à 15 ans. Une autre parle de cette jeune fille âgée de 19 ans, à Fès, au Maroc, qui n’a pas eu son mot à dire lorsque son père l’a mariée à un oncle âgé de 38 ans.

Malgré les différences avec le mariage forcé, nombreuses sont les voix qui réprouvent aujourd’hui le fait que les femmes n’aient pas leur mot à dire et soient en quelque sorte « acquises » par le marié dans le cadre d’un mariage juif halakhique.

Parmi les récits de ce livre, il en est qui témoignent du fait que nombre de mariées modernes revendiquent davantage d’égalité et de créativité en ce qui concerne leur contrat de mariage comme dans ce qui est dit et fait sous la houppa (dais nuptial).

L’objectif de 100 Jewish Brides  n’est pas de vanter les mérites des différents mariages juifs. Il s’agit bien plutôt de s’ouvrir de nouvelles perspectives et d’écouter ce que les femmes ont à dire de leur propre vécu. Que leur mariage ait été ce dont elles rêvaient ou non, c’est leur histoire qu’elles nous racontent.

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