Un magnat juif canadien met fin à son soutien à cause d’une fresque ‘antisémite’
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Un magnat juif canadien met fin à son soutien à cause d’une fresque ‘antisémite’

Paul Bronfman a mis un terme à sa coopération avec l'Université York en raison d'un désaccord sur une oeuvre politique

La peinture « Palestinian Roots » d'Ahmad Al Abid, qui  est accrochée au Centre étudiant de l'université York (Crédit : http://yusc.ca/mural/palestinian-roots/)
La peinture « Palestinian Roots » d'Ahmad Al Abid, qui est accrochée au Centre étudiant de l'université York (Crédit : http://yusc.ca/mural/palestinian-roots/)

Un leader de l’industrie cinématographique canadienne et le descendant d’une des familles les plus riches du pays a retiré son soutien financier à l’université York de Toronto après que celle-ci ait refusé de retirer une peinture murale qui est antisémite selon ses dires.

Paul Bronfman, le fondateur de Comweb, un groupe d’entreprises de divertissement intégrées qui fournissent des services liés à la production, des équipements de studio, et d’équipement pour le cinéma et la télévision, n’a été mis au courant de cette fresque que la semaine dernière, malgré le fait qu’elle a été exposée pendant presque trois ans.

Cependant, il a déclaré au Times of Israel mardi qu’il est depuis longtemps au courant de la réputation de l’Université York comme étant un haut lieu du militantisme pro-palestinien et anti-Israël.

Bien que les opinions divergent quant à la mesure sur laquelle cette réputation anti-Israël, et même antisémite, est méritée, Bronfman a déclaré que la direction de York a donné le ton sur la tolérance du discours et des activités anti-Israël et antisémites.

Paul Bronfman (Crédit : Photo de Tom Sandler)
Paul Bronfman (Crédit : Photo de Tom Sandler)

L’œuvre d’art, qui est accrochée bien en vue dans le Centre étudiant de l’université York a été peinte par un étudiant nommé Ahmad Al Abid, qui a été diplômé en 2013.

Intitulée, « Palestinian Roots », le grand tableau montre un jeune homme (représenté de derrière) portant un keffieh imprimé avec le drapeau palestinien et d’une carte d’Israël, de la Cisjordanie et Gaza, sans démarcations.

L’homme regarde vers une scène avec des collines, un bulldozer en face d’un bâtiment, et un arbre. Dans ses mains, qui sont derrière son dos, il tient des pierres. En bas du tableau, il y a les mots « paix et « justice » écrits en différentes langues, dont l’hébreu et l’arabe.

« Mon inspiration pour cette œuvre est le conflit actuel en Palestine, où l’expansion des colonies illégales sont devenues monnaies courantes. Ces expansions se font au prix du déracinement d’oliviers vieux de plusieurs siècles, des arbres entrelacés avec les racines du peuple palestinien », a déclaré l’artiste dans un communiqué publié sur le site Web du Centre étudiant.

Bronfman a dit qu’il a contacté le président de l’université Mamdouh Shoukri le 19 janvier pour exprimer son inquiétude à propos de la peinture murale.

« C’est une pièce poubelle antisémite et cela me choque en tant que Juif et en tant que Canadien. Elle devrait offenser tous les Canadiens », a déclaré Bronfman.

Les étudiants juifs désapprouvent également la peinture, certains affirmant que l’image crée un sentiment d’insécurité.

« Si une fresque qui cautionne la violence contre une autre nation était accrochée dans le campus, elle serait légitimement condamnée. Seulement, quand il s’agit des Juifs, nous voyons ce double standard inquiétant », a dénoncé Danielle Shachar, une étudiante en psychologie de l’université York qui défend Israël au Canadian Jewish News en décembre de l’année dernière.

Bronfman a mis en garde l’université que si l’oeuvre n’était pas enlevée le 22 janvier, il retirerait l’équivalent de dizaines de milliers de dollars de dons matériels et de services éducatifs que l’une de ses sociétés, William F. White International, avait accordés au département du cinéma et d’arts médiatiques de l’université.

L’université a pris le risque de perdre les équipements de production de télévision utilisé par les cinéastes étudiants, l’accès à des experts, la formation des étudiants et des séminaires, des ateliers et des journées portes ouvertes.

« L’administration m’a juste donné une réponse avec un tas de jargon bureaucratique. On m’a dit qu’ils avaient apprécié mon inquiétude, bla, bla, bla », a rapporté Bronfman au sujet de sa conversation avec l’administration.

Le Vari Hall de l'université de York (Crédit : CC, Andrei Sedoff, Wikimedia Commons)
Le Vari Hall de l’université de York (Crédit : CC, Andrei Sedoff, Wikimedia Commons)

Comme la peinture murale était encore accrochée vendredi dernier, Bronfman a écrit à Shoukri pour confirmer qu’il retirait son soutien à l’université.

Le Centre pour les relations juives et israéliennes (CIJA) a publié une déclaration sur la question.

« Il est scandaleux que le Centre des étudiants de York continue à exposer une peinture qui glorifie les jets de pierres des Palestiniens et qui utilise les thèmes de la ‘paix’ et de la ‘justice’ pour justifier la violence ».

« Ceci est particulièrement offensant pour les étudiants juifs et israéliens étant donné que les terroristes palestiniens ont tué des dizaines d’Israéliens au cours des derniers mois seulement, y compris les conducteurs israéliens qui sont morts après que des pierres ont été lancées sur leurs véhicules », a-t-il dit.

« Il ne devrait y avoir aucune place pour ce genre de message dans une société civilisée, sans parler d’une université », a-t-il ajouté.

Une porte-parole de l’université York a déclaré au Times of Israel que l’université a regretté la décision de Bronfman de retirer son soutien.

Elle a également souligné que l’administration de l’université n’a pas le pouvoir de prendre des décisions concernant les œuvres d’art accrochées au Centre étudiant, qui est une entité juridique distincte.

« Nous savons que le sujet de l’œuvre d’art est offensant pour certains individus et groupes. Nous comprenons et respectons leurs préoccupations. En conséquence, l’administration de York continue à explorer toutes les options disponibles pour répondre à ces préoccupations d’une manière qui nous permettra de continuer à favoriser un environnement reflétant nos valeurs fondamentales pour la diversité, le respect et l’intégration », a déclaré la porte-parole.

« Nous ne tolérons pas les comportements discriminatoires, le harcèlement ou les actions haineuses quelques soient leurs formes », a-t-elle ajouté

Bronfman ne croit pas qu’il y ait quoi que ce soit à explorer davantage ou à aborder à l’égard de la peinture. Pour lui, le message de la peinture est clair, comme ce qu’il croit qu’il devrait être fait à ce sujet.

« C’est vraiment simple de voir qu’elle est antisémite. Vous ne devez pas être un génie pour le savoir. York devrait avoir honte de lui du fait qu’elle soit toujours accrochée là-bas », a-t-il conclu.

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