Un médecin juif américain soutient Trump et son recours à l’hydroxychloroquine
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Un médecin juif américain soutient Trump et son recours à l’hydroxychloroquine

"C'est une bonne chose pour lui", dit le docteur Zelenko, alors que le président rejette les critiques et les inquiétudes sur les graves effets indésirables du médicament

Le docteur Vladimir “Zev” Zelenko. Crédit : (YouTube)
Le docteur Vladimir “Zev” Zelenko. Crédit : (YouTube)

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump s’est défendu avec emphase, mardi, contre les critiques des experts médicaux qui ont clamé que l’annonce de sa prise d’un médicament généralement utilisé contre la malaria pour combattre le coronavirus pourrait amener les Américains à faire un mauvais usage de ce traitement, dont les effets secondaires peuvent être mortels.

Pour sa part, un médecin juif de New York qui avait été l’un des premiers à promouvoir l’hydroxychloroquine en association avec deux autres médicaments, et qui avait porté ce traitement à la connaissance de la Maison Blanche, a pris la défense de Trump, qualifiant son initiative « d’intelligente ».

La révélation par Trump, lundi, comme quoi il prenait de l’hydroxychloroquine a surpris un grand nombre de membres de son administration, les amenant à tenter de justifier dans l’urgence cet usage du médicament controversé par le président. Mais leurs tentatives de répondre aux inquiétudes des professionnels de la santé ont été court-circuitées par le locataire de la Maison Blanche lui-même.

Le président a donc expliqué, sans apporter de preuve, qu’une étude tirant la sonnette d’alarme face aux dangers posés par le médicament était « mensongère » et qu’elle était l’œuvre d’un « ennemi » – alors même que le gouvernement américain avait averti que l’hydroxychloroquine ne devait être prise qu’à l’hôpital ou dans le cadre de recherches.

Le président américain Donald Trump répond aux questions des journalistes lors d’une conférence sur la protection des personnes âgées, dans la salle Est de la Maison Blanche, le 30 avril 2020, à Washington. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

« Si vous regardez l’étude – la seule étude mauvaise – on a donné le médicament à des gens qui se trouvaient déjà dans un état très grave », a déclaré Trump. Le président faisait apparemment référence à une étude menée sur des centaines de patients soignés par le département des Affaires des vétérans, dans laquelle davantage de personnes auxquelles de l’hydroxychloroquine a été administrée sont mortes que dans le groupe-témoin qui n’a pas été traité avec la molécule.

« Ils étaient très âgés. Presque morts », a commenté le président. « C’était l’étude d’un ennemi de Trump », a-t-il clamé.

Au cours d’une rencontre du cabinet, il a également été défendu par d’autres responsables, notamment par le secrétaire d’État aux Affaires des vétérans, David Wilkie, qui a noté que l’étude en question n’avait pas été menée par son agence.

Mais, également dans une multitude d’autres études, le médicament n’a pas montré d’aptitude à combattre le virus. Deux importantes études observationnelles – chacune ayant impliqué environ 1 400 patients à New York – ont déterminé que l’hydroxychloroquine n’entraînait pas de bénéfice face au Covid-19. Deux nouvelles études, publiées la semaine dernière par le journal médical BMJ, ont abouti à la même conclusion.

Trump a décidé de prendre de l’hydroxychloroquine après la contamination de deux employés de la Maison Blanche testés positifs au coronavirus. Le président faisait la promotion du médicament en prophylaxie ou en traitement de la maladie depuis déjà plusieurs mois, malgré les appels à la prudence de ses hauts responsables à la santé.

« C’est une décision individuelle à prendre », avait déclaré Trump devant les journalistes au cours d’une visite au Capitole pour y rencontrer les Républicains du Sénat. Il avait plus tard affirmé que « le médicament a mauvaise réputation simplement parce que j’en fais la promotion ».

La bonne chose à faire

Le médecin qui avait attiré l’attention de la Maison Blanche sur les vertus de l’hydroxychloroquine a pour sa part expliqué que le président avait raison d’en prendre.

Interrogé par la Douzième chaîne israélienne qui lui demandait ce qu’il avait pensé lorsqu’il avait entendu que Trump utilisait le médicament, le docteur Vladimir « Zev » Zelenko a répondu : « J’ai pensé que c’était une bonne chose pour lui, et je pense que c’est bon pour nous. »

« Je pense que le président est intelligent. C’est un septuagénaire et il est amené à rencontrer un grand nombre de personnes, et il fait partie d’une catégorie à haut risque. Il fait très exactement ce que je fais aussi », a noté le Dr Zelenko.

Trump a fait allusion à Vladimir Zelenko, lundi, expliquant la raison pour laquelle il avait décidé de prendre le médicament.

« J’ai reçu un courrier d’un médecin l’autre jour – de Westchester, à New York, dans ce coin-là, il ne voulait rien de moi… Il a juste écrit : ‘Monsieur, j’ai des centaines de malades et je leur donne de l’hydroxychloroquine, je leur donne aussi de l’azithromycine et je leur donne du zinc, et sur des centaines de patients, un grand nombre de malades, plus de 300, je n’en ai pas perdu un seul' », a relaté le dirigeant américain. « Il a ajouté : ‘Je vous en prie, monsieur, continuez à maintenir la pression.' »

Trump n’a pas nommé le médecin, mais sa description correspond au Dr Zelenko, qui a publié plusieurs vidéos et lettres adressées au public, à Trump, au gouverneur de New York Andrew Cuomo et au Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour vanter l’association de ces trois médicaments dans ses prises en charge de centaines de malades du Covid-19.

Il s’était adressé au président par vidéo à la mi-mars. Le traitement avait été ensuite salué par le présentateur de Fox News Sean Hannity et l’avocat personnel de Trump, Rudy Giuliani.

Dans une lettre récente adressée au Times of Israël, le Dr Zelenko avait expliqué la logique du traitement qui, a-t-il affirmé, a été utilisé pour soigner et guérir plus de 1 000 cas de coronavirus.

« Nous savons que l’hydroxychloroquine aide le zinc à pénétrer dans la cellule. Nous savons que le zinc ralentit la réplication virale à l’intérieur de la cellule. Concernant l’usage de l’azithromycine, je pars du principe que cette molécule prévient les infections bactériennes secondaires. Ces trois médicaments sont bien connus et sont habituellement bien tolérés, le risque pour le patient est donc bas », avait-il écrit, tout en avertissant que le cocktail de médicaments devait uniquement être prescrit par un médecin.

Fin mars, le Dr Zelenko avait clamé avoir soigné 699 malades du Covid-19 avec une réussite de 100 %.

Théories du complot

Ces affirmations ont été néanmoins encore une fois réfutées par d’autres responsables médicaux dans la journée de mardi.

De nombreuses études examinent l’usage de l’hydroxychloroquine dans la prophylaxie ou dans le traitement du coronavirus, mais « aujourd’hui, il n’y a absolument aucune preuve que cette stratégie fonctionne », a expliqué le docteur Carlos del Rio, spécialiste des maladies infectieuses à la prestigieuse université Emory d’Atlanta.

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