Un membre du Congrès juif refuse de serrer la main de Trump à une réunion au Capitole
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Un membre du Congrès juif refuse de serrer la main de Trump à une réunion au Capitole

Eliot Engel met fin à une tradition vieille de 30 ans, et évoque le temps qu'a pris le président pour condamner les menaces antisémites

Le représentant démocrate de New York, Eliot Engel, lors d'une réunion d'anciens combattant le 25 novembre 2015 (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Le représentant démocrate de New York, Eliot Engel, lors d'une réunion d'anciens combattant le 25 novembre 2015 (Crédit : Capture d'écran YouTube)

WASHINGTON – Pour la première fois en 30 ans, le représentant du Congrès Eliot Engel n’a pas souhaité serrer la main du président à l’issue de son discours au Congrès. Il a évoqué, entre autres, le temps qu’a pris Donald Trump pour s’exprimer sur les menaces dont fait l’objet la communauté juive.

« J’ai décidé de ne pas me placer sur l’aile de la Chambre pour échanger une poignée de main avec le président durant ce discours où les deux chambres sont réunies en Congrès, comme je l’ai fait par le passé, avec des administrations démocrates comme républicaines », a déclaré le démocrate juif new-yorkais mardi, à la Chambre des représentants. « Ce sera la première fois en 29 ans de carrière que je prends cette décision ».

Engel, démocrate à la Commission de Affaires étrangères de la Chambre des représentants, a déclaré qu’il respectait la présidence mais ressentait que ce respect n’était pas mutuel.

« Le président a attaqué la liberté de presse en la qualifiant d’ « ennemi du peuple », a déclaré Engel, qui est connu comme pour être le démocrate qui cherche un soutien bipartite dans ses initiatives.

« Il a rejeté le rôle historique de l’Amérique dans l’accueil des réfugiés, qui a contribué à la grandeur de notre pays. Il se rapproche [du président russe] Vladimir Poutine, l’homme qui attaque notre démocratie. Il veut éliminer l’Affordable Care Act et a fermé les yeux quand les menaces contre la communauté juive s’est intensifiée au cours de cette année. »

La semaine dernière, la Maison Blanche a fermement condamné les alertes à la bombe contre les institutions juives, mais seulement après que Trump a balayé d’un revers de mains les questions sur la recrudescence d’incidents antisémites.

Lundi, le porte-parole de la Maison Blanche a condamné la nouvelle vague d’alertes à la bombe et le vandalisme commis dans deux cimetières juifs.

La poignée de main d’Engel, et son court échange avec le président, durant sa première année au Congrès, en 1989, sont devenus caractéristiques de ceux qui regardent les discours de l’état de l’Union.

Pendant plusieurs années, il a été accompagné par l’ancien représentant de l’Ohio Jean Schmidt, un républicain conservateur. Ils affirment tous deux qu’il s’agissait de montrer le visage d’un bipartisme civil et courtois.

Le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 16 février 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Le président américain Donald Trump lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le 16 février 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Le discours de Trump de mardi soir n’était pas réellement un discours sur l’état de l’Union. Le discours sur l’état de l’Union est un évènement annuel où le président des États-Unis présente son programme pour l’année en cours. 

Ces allocutions ne sont en général pas délivrées juste après l’élection. La plupart des président ont estimé qu’un second discours si près de l’élection serait redondant. Cependant, tout comme son prédécesseur, Barack Obama, Trump a choisi de donner ce discours après l’élection pour souligner en détails leurs priorités devant le Congrès.

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