Un millier de personnes manifestent contre l’accord de coalition à Tel Aviv
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Un millier de personnes manifestent contre l’accord de coalition à Tel Aviv

Environ 1 500 personnes se sont rassemblées sur la place Rabin, dans le centre de Tel-Aviv, en respectant les règles de distanciation sociale

La population respecte la distanciation sociale en pleine crise du coronavirus lors d'une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, Benny Gantz et la corruption du gouvernement sur la place Rabin à Tel Aviv, en Israël, le samedi 2 mai 2020. 
(AP Photo/Ariel Schalit)
La population respecte la distanciation sociale en pleine crise du coronavirus lors d'une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, Benny Gantz et la corruption du gouvernement sur la place Rabin à Tel Aviv, en Israël, le samedi 2 mai 2020. (AP Photo/Ariel Schalit)

Un millier d’Israéliens ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv, contre l’accord de coalition conclu entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz, à la veille du début de l’examen de cet accord par la Cour suprême.

La justice israélienne a été saisie de huit plaintes qui portent sur les clauses de l’accord de coalition et sur la possibilité pour M. Netanyahu de diriger le gouvernement alors qu’il a été inculpé.

La Cour Suprême doit étudier ces plaintes dimanche et lundi avant l’échéance jeudi, pour traduire l’accord en gouvernement validé par le Parlement.

Environ 1 500 personnes se sont rassemblées sur la place Rabin, dans le centre de Tel-Aviv, en respectant les règles de distanciation sociale, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Une femme porte une pancarte du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à droite, et Benny Gantz, à gauche, où l’on peut lire : « Un gouvernement avec 36 ministres? Vous n’avez pas honte? » lors de la manifestation contre le gouvernement et la corruption à la place Rabin à Tel Aviv, en Israël, le samedi 2 mai 2020. (AP Photo / Ariel Schalit)

« 36 ministres, Vous n’avez pas honte », pouvait-on notamment lire sur les pancartes brandies par les manifestants.

Selon l’accord signé le mois dernier entre MM. Netanyahu et Gantz, le nouveau gouvernement sera le plus fourni en portefeuilles – 36 – de l’histoire du pays.

Une inflation vivement critiquée par plusieurs mouvements qui organisent depuis plusieurs semaines des manifestations pour tenter de « sauver la démocratie » israélienne menacée, selon eux, par les manœuvres de Benjamin Netanyahu.

Le 23 avril, Elyakim Rubinstein, un ancien président adjoint de la Cour suprême, a déclaré que « l’accord de coalition est choquant pour un juriste, parce qu’il contient tellement de monstruosités juridiques. Toute personne qui respecte le concept de Lois fondamentales, qui y voit un texte constitutionnel, ne peut pas du tout apprécier » l’accord. Les Lois Fondamentales d’Israël, quasi-constitutionnelles, a-t-il déclaré, « sont piétinées comme s’il s’agissait d’un arrêté municipal sur les égouts de la ville Raanana ».

Si la Cour suprême bloque l’accord de coalition, Israël pourrait plonger dans une quatrième élection consécutive en moins de 12 mois.

Jeudi, la Knesset a approuvé en première lecture un texte qui vise à inscrire dans la loi l’accord de partage du pouvoir en Netanyahu et Gantz, qui verrait les deux hommes occuper le poste de Premier ministre à tour de rôle.

La proposition doit encore être validée par deux votes de l’assemblée plénière. Elle a passé la première étape législative avec 72 élus qui se sont prononcés pour et 31 contre. La loi sera discutée et revue par la commission spéciale de la Knesset, dirigée par le député Eitan Ginzburg de Kakhol lavan, avant de revenir à l’assemblée plénière pour deux votes définitifs.

Benny Gantz (à gauche), le dirigeant de Kakhol lavan, et Benjamin Netanyahu, le Premier ministre, signent leur accord de gouvernement d’union, le 20 avril 2020. (GPO)

Munis de masques de protection, les manifestants ont scrupuleusement respecté les deux mètres de distance imposés par les mesures en vigueur pour lutter contre la pandémie de Covid-19 qui a officiellement contaminé en Israël plus de 16 000 personnes, dont 230 sont décédées.

L’accord prévoit que M. Netanyahu sera Premier ministre pendant les 18 premiers mois, suivi ensuite par M. Gantz pour une période équivalente. Les postes de ministres seront partagés équitablement entre les deux camps.

Détenteur du record de longévité au poste de Premier ministre de toute l’histoire d’Israël, M. Netanyahu, 70 ans, a été mis en examen pour corruption, malversation et abus de confiance dans une série d’affaires et son procès qui devait s’ouvrir à la mi-mars a été repoussé à la mi-mai en raison des mesures anticoronavirus.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset le 20 novembre 2019 (à gauche), le procureur général Avichai Mandelblit s’adresse à la presse à Jérusalem le 21 novembre 2019. (Gali Tibon, Menahem Kahana / AFP)

Le Procureur général Avichai Mandelblit, qui a inculpé Netanyahu, a indiqué à la Cour suprême dans un avis rendu jeudi qu’il n’y avait aucun obstacle juridique pour que Netanyahu forme et dirige le prochain gouvernement, malgré les charges criminelles qui pèsent contre lui.

« Malgré les difficultés importantes qui apparaissent dans ce dossier, elles ne constituent pas une base pour une intervention judiciaire, a écrit Mandelblit concernant les inculpations pour fraude, abus de confiance et prise de pots de vin qu’il a lui-même déposées en janvier contre Netanyahu dans trois affaires.

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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