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Un nouveau poisson venimeux arrivé en Méditerranée menace les espèces locales

Sans prédateur naturel en Méditerranée, ce poisson élégant, mais vorace, menace l'écosystème et se reproduit à grande vitesse

Un Pterois observé dans un corail de Shaab Angosh en Mer Rouge. (Alexander Vasenin / Wikipedia / CC BY-SA 3.0)
Un Pterois observé dans un corail de Shaab Angosh en Mer Rouge. (Alexander Vasenin / Wikipedia / CC BY-SA 3.0)

Poussez-vous les méduses, il y a un nouveau venu : un poisson venimeux entré dans la Méditerranée à travers le Canal de Suez, et de toute beauté.

Avec ses bandes de couleur rouge, crème ou noire qui attirent le regard et ses ailerons tape-à-l’œil fourmillant d’épines venimeuses, le poisson-lion est contenu dans son habitat d’origine, la mer Rouge et l’océan Indien, par des prédateurs naturels.

Pourtant, l’arrivée du poisson-lion en mer Méditerranée, et son expansion rapide, inquiète les scientifiques qui craignent que ce nouveau venu ne s’en prenne aux poissons de la mer Méditerranée, privant ainsi d’autres prédateurs de leur nourriture. Ils pourraient également nuire à l’industrie de la pêche, principalement parce qu’ils n’ont pas de prédateurs en Méditerranée.

Les poissons-lions sont des prédateurs voraces qui consomment de nombreuses espèces de poissons. Ils vivent pendant plus de 15 ans et se reproduisent rapidement. Ils pondent des œufs tous les quatre jours et cela tout au long de l’année. Chaque année, ils en produisent environ 2 millions, qui sont transportés au gré des courants. Ce sont probablement des œufs qui ont été transportés dans le Canal de Suez, n’allant pas directement en Israël, mais finissant par coloniser les côtes chypriotes et turques.

On a pu les observer pour la première fois au large des côtes israéliennes dans les années 1990, dans le nord du pays. L’espèce s’est ensuite répandue vers le sud, le long de la côte. On l’a aperçu à de nombreuses reprises ces deux dernières années, avec une croissance rapide de la population ces six derniers mois, aussi bien à proximité des côtes qu’en haute mer. Cet été, des poissons-lions ont été repérés à seulement un mètre en dessous du niveau de la mer, juste à côté de la plage de Neve Yam, dans le nord du pays.

L’Autorité israélienne de la nature et des parcs a récemment décidé de donner des permis pour que les plongeurs puissent les tuer afin d’en réduire leur population.

La Dr Ruth Yahel, océanologue à l’Autorité israélienne de la nature et des parcs. (Capture d’écran : Amir Weizman Aquazoom)

Le Dr. Ruth Yahel, océanologue de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, a précisé que les plongeurs accrédités pourraient tuer (et non pas vendre) des poissons-lions et que la chasse était interdite en mer Rouge, mais aussi dans les réserves marines de la Méditerranée, dont les inspecteurs de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs sont responsables.

Il comptait parmi les 100 espèces de poissons étrangers à se trouver en Méditerranée au large d’Israël. Les piqûres sont douloureuses et ont même entraîné des décès de personnes.

Le poisson-lion est entré dans l’océan Atlantique autour de la Floride dans les années 1980, probablement après avoir été rejeté d’aquariums familiaux, peut-être parce que devenus trop gros.

Le poisson est aujourd’hui visible partout dans le nord du Golfe de Mexique jusqu’en Caroline du Nord. Il s’est depuis répandu vers le sud, le long de la côte Atlantique, vers l’Amérique centrale et du Sud et les Caraïbes.

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