Tsahal enquête sur des réservistes qui auraient violemment frappé un Palestinien
L'armée affirme qu'Owais Hamam, 18 ans, s'était approché de civils israéliens en "criant des slogans sur les martyrs", après avoir accusé des résidents d'implantations de l'avoir kidnappé
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L’armée israélienne enquête sur le comportement de réservistes qui auraient passé à tabac un Palestinien en Cisjordanie cette semaine, lui causant des blessures jugées « inquiétantes », a confirmé samedi Tsahal.
La victime de cette agression présumée, Owais Hamam, 18 ans, se promenait dans les environs de son village de Khirbet Bani Hairth, près de l’implantation agricole de Sde Ephraïm récemment légalisée par Israël, lorsque des civils israéliens ont signalé sa présence à l’armée.
Selon Hamam, il se serait rendu dans les collines voisines pour accomplir la prière du Maghrib, la quatrième des cinq prières quotidiennes de l’islam, lorsqu’il aurait été abordé par des résidents d’implantations qui l’auraient encerclé, auraient tiré des coups de semonce et l’auraient roué de coups de poing et de coups de fusil. Il a déclaré avoir ensuite été arrêté par des soldats qui l’ont emmené pour l’interroger ; au cours de l’interrogatoire, il aurait de nouveau été roué de coups.
Dans un communiqué, l’armée a donné sa version des faits, affirmant avoir reçu des signalements selon lesquels un suspect palestinien s’était approché de civils israéliens « en criant des slogans sur les martyrs et en exprimant son intention de commettre un attentat ».
Selon une source militaire, Hamam souffrirait de troubles mentaux.
Des soldats des forces de « défense locale » de Tsahal, connues sous leur acronyme hébreu Hagmar (composées de résidents d’implantations locales en service de réserve), qui se trouvaient déjà dans la région, ainsi que le coordinateur de la sécurité de Sde Ephraïm, lui ont demandé de partir, a indiqué l’armée.
"أجلسوني على الشوك وانهالوا عليّ ضرباً".. الشاب الفلسطيني أويس همام يروي لـ"الشرق" تفاصيل اعتداء مستوطنين عليه قرب رام الله بالضفة الغربية pic.twitter.com/O3QnTgX7rs
— Asharq News الشرق للأخبار (@AsharqNews) December 5, 2025
Selon Tsahal, des réservistes ont tiré des coups de semonce, mais le suspect a continué à s’approcher. « Les soldats réservistes se sont battus physiquement avec le suspect jusqu’à ce qu’ils parviennent à l’arrêter », a déclaré l’armée.
Lorsque les renforts de Tsahal sont arrivés, Hamam a été remis à l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet pour être interrogé.
« Le comportement des forces de réserve pendant l’incident fait actuellement l’objet d’une enquête, et des mesures seront prises en fonction des conclusions », a indiqué l’armée.
Une source militaire a expliqué que les « nombreuses blessures » de Hamam étaient « inquiétantes et feraient l’objet d’un examen approfondi ».
La source a toutefois précisé que les réservistes avaient affirmé que Hamam était tombé sur des rochers en s’approchant, ce qui expliquerait certaines de ses blessures.
Le visage et le corps couverts d’ecchymoses, Hamam s’est confié vendredi à la chaîne saoudienne Asharq News depuis son lit d’hôpital à l’hôpital public de Ramallah.
Il a raconté que quatre résidents d’implantations l’avaient enlevé, frappé à coups de poing et à coups de fusil M-16, tout en le menaçant de mort.
Selon lui, des résidents d’implantations se sont approchés de lui et ont tiré des coups de semonce pour l’empêcher de s’échapper. « Ils m’ont assis sur des ronces et ont commencé à me frapper au visage et à la tête à coups de poing et avec un M-16 », a raconté Hamam.
Ils l’auraient ensuite emmené vers l’ouest, dans la région de Bab a-Taqa, où l’armée serait arrivée et l’aurait arrêté, a-t-il ajouté.
On ignore comment Hamam a été emmené à Bab a-Taqa. On ignore également si les résidents d’implantations étaient toujours présents lorsque l’armée est arrivée.
Les soldats qui l’ont trouvé l’auraient arrêté pour l’interroger et l’auraient également frappé pendant l’interrogatoire, toujours selon Hamam.
« Ils m’ont demandé : ‘Pourquoi es-tu venu ici ?’ Et j’ai répondu que j’allais prier le Maghrib », a-t-il raconté.
« Ils m’ont dit : ‘Tu es un menteur, tu veux être un moudjahidin et un chahid’ », a-t-il poursuivi, faisant référence respectivement aux combattants religieux et aux martyrs de l’islam.
Hamam est dans un état grave à la suite de cette agression présumée, a rapporté jeudi l’agence de presse officielle de l’Autorité palestinienne (AP), WAFA.
Les attaques perpétrées par des Israéliens radicaux se sont intensifiées ces derniers mois, poussant les agences de sécurité à investir davantage dans la lutte contre ce phénomène. Cependant, les poursuites judiciaires sont rares, et les condamnations encore plus. Les critiques accusent le gouvernement, le plus à droite de l’Histoire d’Israël, de fermer les yeux sur ces attaques.
Début novembre, Tsahal avait enregistré plus de 752 incidents liés à des crimes nationalistes juifs et à des violences commises par des résidents d’implantations depuis le début de l’année 2025, contre 675 pour toute l’année 2024.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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