Rechercher

Un Palestinien de 7 ans mort lors d’un raid de Tsahal dans des circonstances floues

L'armée nie tout lien entre ses activités et la mort du petit Rayan ; la famille dit qu'il a fait une crise cardiaque après l’arrivée de l’armée pour interroger des proches

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Rayan Suleiman, 7 ans, sur une photo non datée. (Crédit : Autorisation)
Rayan Suleiman, 7 ans, sur une photo non datée. (Crédit : Autorisation)

Un garçon palestinien de 7 ans est mort jeudi dans des circonstances contestées lors d’une perquisition de l’armée israélienne dans une ville de Cisjordanie près de Bethléem.

Le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne (AP) a déclaré que Rayan Suleiman était tombé d’une hauteur non spécifiée après avoir été poursuivi par des soldats près de la ville palestinienne de Tuqu’, au sud de Bethléem.

L’oncle du garçon, Muhammed Suleiman, a déclaré au quotidien Haaretz que Rayan avait « fait une crise cardiaque » après l’arrivée des troupes israéliennes au domicile de la famille.

L’armée israélienne a nié toute implication dans la mort de l’enfant, invoquant une enquête préliminaire sur l’incident.

Les voitures israéliennes roulant sur la route qui traverse Tuqu, reliant deux blocs d’implantation au sud de Jérusalem, sont occasionnellement ciblées par des jets de pierres. Tsahal a déclaré que plusieurs suspects avaient jeté des pierres sur des voitures israéliennes dans la zone plus tôt dans la journée, et les troupes étaient entrées dans la ville à la recherche de suspects.

Une source militaire a déclaré au Times of Israel qu’un officier de Tsahal avait interrogé le père du jeune garçon à son domicile. Les troupes ont également interrogé plusieurs autres parents palestiniens sur la participation présumée de leurs enfants aux jets de pierres.

Tsahal a déclaré qu’il n’y avait pas eu d’affrontements au cours des perquisitions et que les troupes n’avaient pas déployé de mesures anti-émeutes, telles que des gaz lacrymogènes.

Tsahal a déclaré qu’elle était au courant de la mort de l’enfant de 7 ans, mais qu’il n’y avait « aucun lien entre sa mort et les activités de Tsahal dans la région ».

L’armée a déclaré qu’elle continuerait à enquêter sur les circonstances de l’incident.

Muhammed Suleiman a déclaré au journal Haaretz « le père a ouvert la porte, les soldats sont entrés et il y a eu une agitation dans la maison et des cris. »

« [Rayan] craignait apparemment d’être arrêté et s’est mis à crier. Il s’est effondré de peur et est tombé dans la maison et a fait une crise cardiaque », a déclaré Suleiman, ajoutant que Rayan ne souffrait d’aucun problème d’ordre médical.

Des soldats israéliens lors d’affrontements avec des Palestiniens dans le village cisjordanien de Tuqu’, au sud de Bethléem, le 25 janvier 2019. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

Selon le ministère de la Santé de l’AP, le garçon a été transporté dans un hôpital où son décès a été déclaré par les secouristes.

L’incident est survenu alors que les tensions s’intensifient en Cisjordanie en raison d’une recrudescence des violences.

Mercredi matin, au moins quatre Palestiniens ont été tués lors d’un raid militaire dans la ville de Jénine, au nord de la Cisjordanie. Deux des personnes tuées étaient des hommes armés responsables d’une série de fusillades en Cisjordanie et qui préparaient « des attaques plus importantes dans un avenir proche », selon des responsables.

Ces derniers mois, des hommes armés palestiniens ont pris pour cible des postes militaires, des troupes opérant le long de la barrière de sécurité en Cisjordanie, des implantations israéliennes et des civils sur les routes.

Plusieurs Israéliens traversant la Cisjordanie en voiture ont également été blessés lors d’attaques au jet de pierre perpétrées par des adolescents palestiniens ces dernières semaines.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...