Un Palestinien en grève de la faim refuse un accord de libération
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Un Palestinien en grève de la faim refuse un accord de libération

Mohammed al-Qiq déclare qu’il n’arrêtera sa grève de la faim qu’en cas de libération immédiate, des officiels du Hamas avertissent de violences s’il venait à mourir

Une affiche de campagne pour la libération du gréviste de la faim palestinien Mohammed al-Qiq, qui a été arrêté le 21 novembre 2015. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Une affiche de campagne pour la libération du gréviste de la faim palestinien Mohammed al-Qiq, qui a été arrêté le 21 novembre 2015. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le journaliste palestinien, Mohammed al-Qiq, continuera sa grève de la faim de 75 jours, après avoir refusé l’offre israélienne de libération pour le 1er mai, a déclaré dimanche la Commission palestinienne des Affaires de Détenus et Ex Détenus.

Selon des articles des médias locaux, l’offre a été proposée par des autorités israéliennes non identifiées au membre arabe de la Knesset Osama Saadi (Liste Arabe Unie) et à un avocat de la commission palestinienne, lors d’un appel téléphonique samedi soir.

L’offre a pourtant été refusée par Qiq qui, au lieu de cela, demandait d’être libéré immédiatement et d’obtenir un arrêt complet de sa détention administrative.

« La position de Qiq est claire, il refusera tout offre qui ne met pas immédiatement un terme à sa détention administrative. Il a aussi l’intention de recevoir de l’aide médicale dans des hôpitaux palestiniens », a déclaré l’avocat de la commission à l’agence de presse Maan.

Qiq serait proche de la mort et souffre déjà de séquelles irréparables à cause de la durée de sa grève de la faim.

Jeudi, la Cour suprême d’Israël a levé l’ordre de le détenir selon la loi de détention administrative controversée, qui autorise l’état à détenir indéfiniment des suspects sans procès.

Le journaliste de TV de 33 ans ne peut pourtant pas quitter l’hôpital sans permission, et il est « déterminé à continuer son jeûne jusqu’à ce qu’il soit libéré », a déclaré son avocat Jawad Boulos à l’AFP. Il reste menotté dans son lit au Centre médical HaEmek à Afula.

Ses proches peuvent maintenant lui rendre visite, mais sa femme Fayha Shalach a déclaré, lors d’une conférence de presse tard jeudi, qu’elle ne le ferait pas avant qu’il ne soit totalement libre.

« Les forces de sécurité ont simplement transféré la responsabilité du destin de mon mari sur l’administration de l’hôpital », a-t-elle déclaré.

Des Palestiniens détenus sous détention administrative, qui permet à Israël de détenir des suspects de manière indéfinie sans accusations, ont dans le passé utilisé les grèves de la faim pour protester contre leur condition et ont reçu le soutien de la rue palestinienne autour de leur cause, obtenant parfois une libération.

Un haut responsable du Hamas à l’étranger a déclaré au Times of Israel que même si Qiq n’est pas membre du groupe, « si quelque chose lui arrive, ou s’il venait à mourir, cela entraînerait une escalade [de la violence] que personne ne souhaite ».

A la fin du mois de janvier, la Haute Commission pour les Prisonniers du Hamas a menacé que leurs hommes dans les prisons israéliennes tueraient un gardien de prison au cas où Qiq deviendrait un « martyr », a annoncé un média palestinien.

Père de deux enfants et correspondant pour le réseau Almajd Tv d’Arabie Saudite, Qiq a été arrêté le 21 novembre dans sa maison en Cisjordanie dans la ville de Ramallah.

Le Shin Bet, service intérieur de sécurité israélien, a déclaré que Qiq avait été arrêté pour « activité terroriste » en relation avec le groupe islamiste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

Qiq est allé en prison pendant un mois en 2003 et ensuite pendant 13 mois en 2004 pour des activités liées au Hamas.

En 2008, il a été condamné à 16 mois pour des accusations liées à ses activités au conseil étudiant de l’Université Birzeit de Cisjordanie.

L’AFP et Avi Issacharoff ont contribué à cet article.

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