Un partenariat israélo-américain pour un somnifère au cannabis
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Un partenariat israélo-américain pour un somnifère au cannabis

Le produit, le premier du genre, a été récemment présenté à la conférence CannaTech de Tel Aviv

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

La conférence CannaTech rassemble des équipes de chercheurs, des médecins et des entreprises proposant des systèmes de culture, à Tel Aviv, le 20 mars 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La conférence CannaTech rassemble des équipes de chercheurs, des médecins et des entreprises proposant des systèmes de culture, à Tel Aviv, le 20 mars 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’entreprise pharmaceutique américaine CannRx et le développeur iCAN : Israël-Cannabis se sont associés pour lancer un médicament d’aide au sommeil, appelé ican.sleep, conçu à base d’extraits de cannabis. Le produit sera la première préparation pharmaceutique sur le marché à base de cannabis pour aider à dormir, et pourrait constituer une chance pour l’industrie pharmaceutique en Israël, a déclaré Bill Levine, le directeur exécutif de CannRx Technologies.

Le produit se compose d’une préparation précise de cannabis qui sera inhalée par les utilisateurs pour une efficacité rapide. La préparation influera aussi sur la durée du sommeil de l’utilisateur.

« Vous prenez une ou deux bouffées, en fonction du dosage, et en dix minutes, vous somnolerez assez pour dormir, a déclaré Levine. Nous pouvons vous donner une dose précise avec un résultat équivalent à chaque fois. »

Les entreprises ont annoncé le nouveau produit lors de la CannaTech, la conférence pour le cannabis médical qui se déroule cette semaine à Tel Aviv. CannRx et iCan prévoient de lancer le médicament pour le sommeil dans le monde après les essais, qui ont lieu cette année.

Les produits similaires déjà disponibles doivent être avalés et leurs résultats sont imprévisibles, puisque les produits médicaux à base de cannabis ont tendance à être difficiles à contrôler, a déclaré Levine.

Bill Levine, à droite, de CannRx, et Saul Kaye, à gauche, d'iCan, à la conférence CannaTech de Tel Aviv, le 20 mars 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)
Bill Levine, à droite, de CannRx, et Saul Kaye, à gauche, d’iCan, à la conférence CannaTech de Tel Aviv, le 20 mars 2017. (Crédit : Luke Tress/Times of Israël)

Ce produit d’aide au sommeil pourrait constituer une voie d’accès au marché américain, a déclaré Saul Kaye, fondateur et PDG d’iCan.

Le progrès d’Israël pour le contrôle du cannabis  et son utilisation à des fins médicales constituait un des thèmes majeurs de la conférence CannaTech, qui vise à mettre en avant l’innovation et la normalisation concernant le cannabis médical en Israël, a déclaré Kaye.

« Nous faisons plus de recherches en Israël que n’importe où ailleurs. Nous avons mieux lutté contre les préjugés liés au cannabis que dans d’autres pays, et nous avons une vision sur la médicalisation du cannabis plutôt que vers sa légalisation », a déclaré Kaye.

La focalisation sur l’usage médical est très différente de l’industrie du cannabis aux Etats-Unis, a déclaré Kaye.

« Il n’y a pas réellement de cannabis médical aux Etats-Unis. Il y a du cannabis récréatif utilisé à des fins médicales », a déclaré Kaye.

Le petit marché intérieur d’Israël implique que les entreprises locales doivent se développer au-delà des frontières du pays, et cette question a constitué un autre sujet central de la conférence. Le développement aux Etats-Unis est tout particulièrement problématique car des lois décentralisées et spécifiques à chaque état créent des problèmes juridiques.

Kaye a mis en avant l’implication de Netafim, l’entreprise israélienne pionnière dans le domaine de l’irrigation et de l’agriculture, comme la preuve de la normalisation croissante du cannabis en Israël. Netafim développe depuis plusieurs années des systèmes de serres pour faire pousser le cannabis, explique Avishay Lulav, le directeur commercial de l’entreprise.

L’entreprise adapte la technologie à d’autres types de récoltes et d’autres domaines du cannabis, a déclaré Omry Eiger, un ingénieur pour Netafim. La culture de cannabis doit être très strictement contrôlée afin que les produits soient uniformisés et réguliers, contrairement à d’autres récoltes, a déclaré Eiger.

« Avec la plupart des récoltes, vous cherchez une grande qualité et une bonne quantité, comme pour les légumes. Vous n’avez pas besoin que vos tomates aient les mêmes dimensions, a déclaré Eiger. La logique de culture n’est pas différente, c’est la précision et l’uniformité qui sont différents ».

La conférence CannaTech rassemble des équipes de chercheurs, des médecins et des entreprises proposant des systèmes de culture, à Tel Aviv, le 20 mars 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La conférence CannaTech rassemble des équipes de chercheurs, des médecins et des entreprises proposant des systèmes de culture, à Tel Aviv, le 20 mars 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’entreprise se développe maintenant pleinement d’un point de vue commercial, a déclaré Arnon Rosenbaum, chef du département des projets internationaux chez Netafim, et regarde vers l’étranger pour des opportunités d’affaires pharmaceutiques et récréatives.

Le ministère de la Santé, les hôpitaux et les universités d’Israël soutiennent la recherche sur le cannabis médical, contrairement aux institutions similaires dans d’autres pays.

« Il y a un environnement fantastique ici et je crois qu’Israël, même si c’est un petit pays, a pris une place spécifique sur le marché en étant l’épicentre de la recherche de qualité », a déclaré Andrew Salzman, le PDG de Kalytera Therapeutics, Inc, une entreprise américaine présente sur le marché du cannabis médical en Israël.

La conférence CannaTech se concentre sur la partie technologique de l’industrie parce c’est là que l’on progresse, a déclaré Kaye, et parce qu’Israël est le centre de la recherche scientifique liée au cannabis.

« Vous pouvez faire de la science en Israël, et c’est accepté par la FDA. C’est ainsi que les croisements de pollinisation auront lieu, a déclaré Kaye. Des vraies entreprises avec une vraie technologie, une vraie science et de vraies données. Ce sont les éléments qui permettront à cette industrie d’aller de l’avant. »

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