Un projet de loi pour relier le gouvernement et la communauté juive mondiale
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Un projet de loi pour relier le gouvernement et la communauté juive mondiale

Ce texte, proposé par le ministère des affaires de la Diaspora, exigerait des ministères qu'ils interagissent avec les Juifs du monde entier sur les questions qui les touchent

La membre du parti Kakhol lavan Omer Yankelevich à la Knesset à Jérusalem, le 14 mai 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La membre du parti Kakhol lavan Omer Yankelevich à la Knesset à Jérusalem, le 14 mai 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le ministère des Affaires de la Diaspora a annoncé, jeudi, qu’il présentera un projet de loi qui exigera des ministères israéliens de se lier aux communautés juives au monde entier pour évoquer les questions qui les affectent, une initiative visant à apaiser les relations tendues entre le gouvernement et les Juifs vivant hors des frontières d’Israël.

La ministre des Affaires de la Diaspora, Omer Yankelevich, a indiqué que le projet de loi avait pour objectif de renforcer les liens entre les communautés juives de l’étranger et le gouvernement et de renforcer l’idée qu’Israël est, en effet, le foyer des Juifs du monde entier.

« Il est temps aujourd’hui d’officialiser le dialogue entre le gouvernement d’Israël et la communauté juive mondiale. Le monde juif mérite d’avoir une voix au sein de l’Etat juif », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Israël et une partie de la communauté juive mondiale ont semblé s’éloigner au cours des dernières années, en partie parce qu’une frange de la diaspora, plus progressiste, est entrée en conflit avec les politiques israéliennes adoptées sous l’influence des autorités religieuses, actuellement dominées par les orthodoxes.

Les divisions se sont accrues sur des questions telles que le projet d’officialiser le droit à la prière, au mur Occidental, en l’ouvrant formellement à une pluralité plus importante de courants, ainsi que sur les règles de conversion au judaïsme et sur les politiques d’implantation. De l’autre côté, certains, en Israël, ont critiqué l’engagement déclinant des Juifs non-orthodoxes de la Diaspora envers le pays et les taux élevés de mariage mixtes – ce qui a entraîné une déconnexion croissante entre les deux parties.

(Le mur Occidental est supervisé par une instance gouvernementale appelée Fondation du patrimoine du mur Occidental, qui exploite le site conformément à une interprétation orthodoxe de la loi juive. Il y a des sections distinctes pour les hommes et les femmes, mais il n’existe aucun secteur qui soit officiellement réservé à la prière pluraliste – et qui serait contrôlé conjointement par des responsables religieux non-orthodoxes).

L’identité juive authentique est un autre point de tension majeur, avec des querelles sans fin portant sur la question de savoir qui est juif. Ces dernières années, Israël a été très critiqué pour avoir « mis sur liste noire » des rabbins orthodoxes qui, selon les autorités du pays, ne seraient pas capables de reconnaître l’identité juive des immigrants américains faisant leur Alyah en Israël.

De plus, certains Juifs européens ont exprimé leurs regrets de voir Israël tenter de renforcer les liens avec des pays de l’ancien Union soviétique, avec des responsables des communautés juives d’Ukraine ou de Hongrie qui ont déploré que Jérusalem ait détourné les yeux de l’antisémitisme et du révisionnisme de la Shoah affichés par ces gouvernements pour améliorer les relations diplomatiques avec ces nations.

Le communiqué émis jeudi par Yankelevich a indiqué que la mise en exergue de ce problème des tensions dans les relations entre Israël et les communautés juives mondiales était « une déclaration, par le gouvernement, de l’attachement d’Israël à réparer et à renforcer ces relations ».

Diaspora youth participate in Birthright Israel event in Jerusalem (photo credit: Marc Israel Sellem/Flash90
Des jeunes de la Diaspora participent à un événement Birthright Israel à Jérusalem. (Crédit : Marc Israel Sellem/Flash90

« Ce projet de loi est une avancée visionnaire, qui permettra de fortement renforcer la relation entre l’Etat d’Israël et les communautés juives mondiales », a continué Yankelevitch qui est membre du parti Kakhol lavan de Benny Gantz.

Ce projet de loi vient dans le sillage de la décision prise, au mois de juillet, de mettre au point un plan visant à sécuriser l’avenir des communautés de la Diaspora, a-t-elle continué.

« En tant que ministre des Affaires de la diaspora, je considère qu’il est de mon rôle d’être le porte-voix de la communauté juive mondiale en Israël. Quand le gouvernement d’Israël prend des décisions qui vont toucher la communauté juive mondiale, il doit avoir aussi la décence d’écouter les Juifs du monde entier », a déclaré Yankelevitch.

Yankelevitch s’est coordonnée avec des responsables du gouvernement et des ministres pour tenter de construire une large coalition de soutien dans le but de renforcer les relations entre les deux parties, et elle a appelé les Juifs du monde entier à « comprendre qu’ensemble, ils ne forment qu’un seul peuple avec une destinée commune ».

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