Un rabbin réformé, un Kahaniste, une provocatrice : Bienvenue à la 24e Knesset
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Un rabbin réformé, un Kahaniste, une provocatrice : Bienvenue à la 24e Knesset

16 nouveaux-venus vont prendre place au Parlement qui vient d'être élu ; la 24e Knesset est plutôt hétéroclite, avec 120 membres issus de 13 partis différents

Les nouveaux venus dans la 24e Knesset, depuis en haut à gauche :   Itamar Ben Gvir, Avi Maoz, Simcha Rothman et Michal Waldiger (parti sioniste religieux) ; Amichai Chikli, Alon Davidi, Nir Orbach et Abir Kara (Yamina); Galit Distal (Likud); Yesh Ron Katz et Nira Shafek (Yesh Atid); Efrat Raitman, Gilad Kariv, Emilie Moatti et Ibtisam Maraana (Parti travailliste); et Renawi Zoabi (Meretz). (Crédit :   Flash90 / Autorisation)
Les nouveaux venus dans la 24e Knesset, depuis en haut à gauche : Itamar Ben Gvir, Avi Maoz, Simcha Rothman et Michal Waldiger (parti sioniste religieux) ; Amichai Chikli, Alon Davidi, Nir Orbach et Abir Kara (Yamina); Galit Distal (Likud); Yesh Ron Katz et Nira Shafek (Yesh Atid); Efrat Raitman, Gilad Kariv, Emilie Moatti et Ibtisam Maraana (Parti travailliste); et Renawi Zoabi (Meretz). (Crédit : Flash90 / Autorisation)

Alors que les résultats complets des élections de mardi ont été annoncés jeudi soir, après deux jours de dépouillement intense, nous savons enfin combien de sièges chaque parti occupera au sein de la 24e Knesset, et l’identité des 120 personnes désignées au parlement.

Selon les résultats, qui seront présentés mercredi au président Reuven Rivlin, le parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est adjugé 30 fauteuils, suivi par Yesh Atid, la formation centriste de Yair Lapid, avec 17. La formation Shas arrive 3e (avec 9 sièges) ; Kakhol lavan de Benny Gantz est 4e (avec 8 sièges) ; Yamina, le Parti travailliste, Yahadout HaTorah et Yisrael Beteynu récoltent tous 7 sièges ; la Liste arabe unie, le Parti sioniste religieux, Tikva Hadasha et le Meretz en gagnent 6 et le parti islamiste conservateur Raam, 4.

Tandis que 37 factions se sont présentées aux élections – c’est le chiffre le plus élevé depuis le scrutin d’avril 2019, où elles avaient été 39 à se lancer dans la course – les résultats définitifs n’accordent des sièges qu’à 13 d’entre elles. Ce qui est 5 de plus que pour la 23e Knesset sortante, qui avait été marquée par le nombre le plus bas de partis représentés de toute l’histoire d’Israël.

Après les élections du mois d’avril 2019, un nombre record de nouveaux-venus – ils étaient 49 – avaient fait leur prestation de serment. Ils avaient battu le record antérieur de 48 nouvelles recrues en 2013, et seul le tout premier scrutin de toute l’histoire du pays avait été l’occasion de saluer l’entrée d’un si grand nombre de novices – avec évidemment l’élection des 120 premiers députés de l’histoire d’Israël. Lors des deux votes qui ont toutefois suivi ces derniers mois, seule une poignée de nouveaux visages ont fait leur apparition, la majorité des partis politiques choisissant de conserver leurs listes presque identiques à ces occasions.

Le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, prend un selfie avec ses collègues lors de la cérémonie de serment qui a eu lieu à la 21e Knesset à la suite des élections du 30 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton / Flash90)

24 nouveaux arrivants vont faire leur entrée dans cette 24e Knesset, venus de tout le spectre politique mais pas de tous les partis : aucun de ces novices n’appartient aux rangs de Yisrael Beytenu, de Yahadout HaTorah, de Tikva Hadasha, de la Liste arabe unie ou de Raam.

4 sont issus des formations Travailliste, Yamina et du Parti sioniste religieux ; 3 viennent de Yesh Atid et le Likud, Kakhol lavan et le Meretz en avancent chacun un. De plus, 5 anciens députés réintègrent le parlement après une pause dans leur carrière.

Au total, 30 femmes sont élues – c’est le même chiffre que le chiffre record qui avait été atteint pendant la 23e Knesset sortante (le nombre total de femmes, dans la 20e Knesset qui avait duré 4 ans, avait finalement grimpé jusqu’à 36, après l’entrée au parlement de 7 députées comme remplaçantes).

Voici ci-dessous la liste complète de tous les députés siégeant à la prochaine Knesset, avec une biographie brève de chaque nouveau-venu.

Likud

1. Benjamin Netanyahu
2. Yuli Edelstein
3. Yisrael Katz
4. Miri Regev
5. Yariv Levin
6. Yoav Gallant
7. Nir Barkat
8. Gila Gamliel
9. Avi Dichter
10. Galit Distal Atbaryan

L’autrice et personnalité des médias israéliens Galit Distal Atbaryan. (Crédit : CC BY-SA 4.0 Galit Distel Atbaryan/Wikimedia)

Netanyahu avait placé la personnalité de droite et romancière provocatrice à la dixième place sur la liste du Likud – la place la plus élevée qu’il était en droit de choisir. Distal Atbaryan, âgée de 50 ans, est devenue célèbre dans le pays pour deux romans très applaudis parus en 2009 et 2014. Depuis, elle s’est faite un nom en tant que commentatrice politique de droite, souvent controversée et provocatrice, avec une tendance à soutenir Netanyahu sans aucun équivoque possible. Dans ce rôle, elle a affirmé que les accusations de corruption lancées à l’encontre de Netanyahu relevaient d’un « coup d’État judiciaire » dont l’objectif est de renverser le gouvernement de droite.

11. Haim Katz
12. Eli Cohen
13. Tzachi Hanegbi
14. Ofir Akunis
15. Yuval Steinitz
16. David Amsalem
17. Gadi Yevarkan
18. Amir Ohana
19. Ofir Katz
20. Etti Atia
21. Yoav Kisch
22. David Bitan
23. Keren Barak
24. Shomo Karai
25. Miki Zohar
26. Orly Levy-Abekasis
27. Kati Shitrit
28. Ofir Sofer
29. Petin Mulla
30. May Golan

Yesh Atid

1. Yair Lapid
2. Orna Barbivai
3. Meir Cohen
4. Karin Elharar
5. Meirav Cohen
6. Yoel Rozbozov
7. Elazar Stern
8. Miki Levy
9. Meirav Ben Ari
10. Ram Ben Barak
11. Yoav Seglovich
12. Boaz Toporovsky
13. Idan Roll
14. Yorai Lahav Herzog
15. Vladimir Bilak
16. Ron Katz

L’adjoint au maire de Petah Tikva, Ron Katz. (Capture d’écran/YouTube)

Katz, 35 ans, est l’ancien adjoint au maire de Petah Tikva. Avocat, Katz a fait son service chez les procureurs militaires de l’armée et a continué sa carrière juridique dans le civil, devenant un expert en droit familial.

17. Nirah Shefak

Nira Shefak, candidate pour Yesh Atid. (Capture d’écran/YouTube)

Shefak, 55 ans, a mené une carrière illustre au sein de l’armée pendant des décennies, devenant la première femme à prendre la tête du département de la formation des forces terrestres. Elle a quitté l’armée au rang de général de brigade et a ensuite travaillé au ministère de la Défense, puis au ministère de la Défense intérieure, aujourd’hui disparu.

Shas

1. Aryeh Deri
2. Yakov Margi
3. Yoav Ben-Tzur
4. Michael Michaeli
5. Haim Bitton
6. Moshe Arbel
7. Ynon Azoulay
8. Moshe Abutbul
9. Uriel Busso

Kakhol lavan

1. Benny Gantz
2. Pnina Tamano-Shata
3. Chili Tropper
4. Michael Biton
5. Orit Farkash-Hacohen
6. Alon Shuster
7. Eitan Ginzburg
8. Yael Ron Ben-Moshe

Yahadout HaTorah

1. Moshe Gafni
2. Yaakov Litzman
3. Uri Maklev
4. Meir Porush
5. Yaakov Asher
6. Yisrael Eichler
7. Yitzhak Pindrus

Yamina

1. Naftali Bennett
2. Ayelet Shaked
3. Alon Davidi

Alon Davidi, maire de la ville de Sdérot, dans le sud d’Israël, lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 27 mars 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Davidi, 47 ans, est maire sortant de la ville de Sdérot, un poste qui lui a apporté la célébrité en raison de son activisme en réponse aux tirs de roquettes émanant de Gaza au cours des deux dernières décennies. Membre de longue date du Likud, Davidi a annoncé quitter le parti avant le scrutin du mois de mars pour se présenter sur la liste de Yamina.

4. Matan Kahana
5. Amichai Chikli

Amichai Chikli, membre du parti Nouvelle droite, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 17 mars 2019. (Crédit : Flash90)

Chikli, 40 ans, est le fondateur de la Tavor Academy pour l’encadrement social à Nazareth Illit. Le projet comprend également un programme de préparation des volontaires étrangers qui veulent faire leur service militaire. Chikli s’était présenté sur la liste Nouvelle droite en 2019 mais la formation n’avait pas franchi le seuil électoral à cette occasion.

6. Nir Orbach

Le directeur-général de HaBayit HaYehudi Nir Orbach s’exprime lors des primaires du parti à Ramat Gan, le 4 février 2019. (Crédit : Flash90)

Orbach, 50 ans, est l’ancien directeur du parti HaBayit HaYehudi. Il s’était présenté à la tête de la faction national-religieuse mais avait perdu face à Hagit Moshe et avait ensuite quitté la formation pour rejoindre son ami de longue date, Naftali Bennett, sur la liste de Yamina. Par le passé, Orbach a été conseiller parlementaire de deux anciens députés du Parti national-religieux, Effie Eitam et Nissan Slomianksy.

7. Abir Kara

Abir Kara. (Crédit : Facebook)

Kara, 37 ans, est à la tête du groupe « Je suis Shulman », regroupant des petits entrepreneurs et des travailleurs indépendants en colère. Le groupe, formé avant la pandémie de coronavirus, a depuis engrangé de nombreux soutiens et de nombreux nouveaux membres avec la hausse des chiffres du chômage. Kara, qui est issu de la communauté druze israélienne, est devenu le visage du ralliement des auto-entrepreneurs en Israël qui déplorent depuis longtemps ce qu’ils considèrent comme un traitement injuste de la part du gouvernement.

Parti travailliste

1. Merav Michaeli
2. Omer Barlev
3. Emilie Moatti

Emilie Moatti lors d’un événement de campagne du Parti travailliste à Tel Aviv, le 23 janvier 2019. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Moatti, 40 ans, est une ancienne réalisatrice et commentatrice politique pour un certain nombre de chaînes de télévision majeures en Israël. C’est une activiste du mouvement de la paix et elle a siégé au bureau de l’Initiative de Genève et à celui de l’Initiative régionale israélienne. Militante féministe, elle siège actuellement au conseil d’administration de WePower, qui cherche à intégrer les femmes sur la scène politique nationale et locale.

4. Gilad Kariv

Le rabbin Gilad Kariv prend part à la prière lors de la Journée israélienne de l’indépendance à Beit Daniel à Tel Aviv, en 2018. (Autorisation : Mouvement israélien pour le Judaïsme progressiste)

Kariv sera le premier rabbin libéral à servir à la Knesset de toute l’histoire d’Israël. Leader du mouvement réformé israélien et activiste de longue date pour la pluralité religieuse, Kariv se présente aux élections israéliennes depuis neuf ans – des tentatives restées vaines jusqu’à aujourd’hui. Même si les députés ultra-orthodoxes ont fait savoir qu’ils refuseraient de travailler avec lui, Kariv a appelé à conclure un « nouveau pacte » avec la communauté haredi dans une interview récente accordée au Times of Israël.

5. Efrat Raitan

La candidate du Parti travailliste Efrat Raitan interviewée par la Douzième chaîne, le 31 janvier 2021. (Capture d’écran/YouTube)

Raitan, 48 ans, est une ancienne actrice et animatrice de télévision qui a quitté le show-business pour faire des études de droit. Elle a représenté les familles des jeunes morts noyés lors des inondations du Nahal Tzafit, en 2018, dans un dossier très médiatisé, représentant les familles des victimes face au programme de l’académie prémilitaire qui avait organisé la randonnée suite à laquelle dix adolescents ne sont jamais revenus.

6. Ram Shefa
7. Ibtisam Mar’ana

Ibtisam Maraana, membre du Parti travailliste, lors d’une première réunion du parti avec les nouveaux élus à Tel Aviv, le 2 février 2021. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Maraana, la seule arabe israélienne de la liste du Parti travailliste, est une réalisatrice de documentaires chevronnée et bien connue, avec plusieurs films et docu-séries à mettre à son crédit. La Commission centrale électorale avait interdit à Maraana de se présenter sous l’étiquette Travailliste en raison de déclarations passées – elle avait dit ignorer délibérément les deux minutes de silence organisées lors de la journée du Souvenir – mais cette interdiction a été renversée par la Cour suprême.

Tikva Hadasha

1. Gideon Saar
2. Yifat Shasha Bitton
3. Ze’ev Elkin
4. Yoaz Hendel
5. Sharron Haskel
6. Benny Begin

Liste arabe unie

1. Ayman Odeh
2. Ahmad Tibi
3. Sami Shahada
4. Aida Touma-Sliman
5. Osama Saadi
6. Ofer Kassif

Yisrael Beytenu

1. Avigdor Liberman
2. Oded Forer
3. Ivgeni Suba
4. Eli Avidar
5. Yulia Milanovsky
6. Hamad Amar

Parti sioniste religieux

1. Bezalel Smotrich
2. Michal Waldiger

La candidate du Parti sioniste religieux Michal Waldiger. (Capture d’écran/YouTube)

Waldiger a été jusqu’à une date récente la directrice de l’organisation Bat Ami, qui place des jeunes adolescentes sionistes religieuses dans des programmes nationaux de tout le pays. Elle a fait la promesse de placer les problèmes liés à la santé mentale à la tête de ses priorités au parlement.

3. Itamar Ben Gvir

Le dirigeant du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, arrive pour une audience à la Cour suprême à Jérusalem, le 24 février 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ben Gvir, 44 ans, est un disciple du rabbin extrémiste Meir Kahane et est à la tête de la formation néo-kahaniste Otzma Yehudit qui a fusionné avec le Parti sioniste religieux avant les élections. Activiste agitateur dans ses jeunes années, il a passé de nombreuses heures devant les tribunaux en tant qu’accusé avant de devenir avocat et de représenter les Juifs ultra-nationalistes accusés d’avoir commis des attaques racistes contre des Arabes et des Palestiniens. Ben-Gvir a juré d’agir, au sein du parlement, au nom des soldats israéliens qui, selon lui, craignent d’ouvrir le feu sur les Palestiniens qui jettent des pierres ou des cocktails Molotov, des militaires qui redoutent, affirme-t-il, d’éventuelles poursuites judiciaires. Il a aussi déclaré qu’il demanderait la création d’un poste de ministre de la Défense dans le Negev et en Galilée pour lui-même, affirmant que les résidents y subissent quotidiennement des violences de la part de gangs arabes.

4. Simcha Rothman

Le membre du Parti sioniste religieux Simcha Rothman au siège de la formation, à Modiin, le soir des élections, le 23 mars 2021. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

Rothman est un activiste conservateur et un conseiller juridique du Mouvement israélien pour la gouvernance et la démocratie. Le candidat, quatrième sur la liste, a été l’un des premiers à se déclarer ouvertement en faveur d’une clause de contournement de la Cour suprême visant à limiter les pouvoirs du système judiciaire. Rothman espère prendre la tête de la campagne de réforme judiciaire du parti et s’est exprimé avec virulence, aux côtés d’autres candidats de la formation, concernant les conduites du procureur-général et du procureur de l’État dans le procès pour corruption de Netanyahu.

5. Orit Struck
6. Avi Maoz

Le président du parti Noam Avi Maoz. (Crédit : Parti Noam)

Maoz, 64 ans, dirige le parti Noam, anti-LGBT, qui a fusionné avec le Parti sioniste religieux avant le scrutin. La formation est apparue sur la scène politique en 2019 avec une série de panneaux placés sur les autoroutes et des vidéos de campagne portant le slogan : « Israël choisit la normalité. » La faction affirme que la communauté homosexuelle a « imposé son agenda » au reste de la société israélienne qui, dit-elle, relève d’une structure familiale « normale » (hétéronormée). Maos a été directeur des ministères de l’Intérieur et du Logement sous Natan Sharansky et Effi Eitam, de 1999 à 2001.

Meretz

1. Nitzan Horovitz
2. Tamar Zandberg
3. Yair Golan
4. Jida Renawi Zoabi

Rinawie Zoabi. (Crédit : Meretz)

Zoabi, 48 ans, est une éminente activiste en faveur des droits des Arabes israéliens. Elle est une femme d’affaires qui a été, par le passé, directrice du Centre Injaz pour la gouvernance locale professionnelle arabe. Elle a été nommée en 2018 comme étant l’une des 50 femmes les plus influentes au sein de l’État juif par le magazine Forbes. Zoabi a fait les gros titres, au début du mois, lorsqu’elle a déclaré à la chaîne Kul al-Arab qu’elle s’abstiendrait lors d’un éventuel vote interdisant les thérapies de conversion « par respect » pour le public arabe dont elle est originaire. Le même jour, le parti a diffusé une vidéo d’une Zoabi sombre, assurant les électeurs qu’elle voterait finalement pour une telle législation et qu’elle soutiendrait tous les efforts livrés en appui à la communauté LGBT.

5. Issawi Frij
6. Mossi Raz

Raam

1. Mansour Abbas
2. Walid Taha
3. Maazan Renaim
4. Said Alkharomi

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